The National Times - Bardella accusé d'antisémitisme: Macron enjoint au RN de "clarifier" sa ligne

Bardella accusé d'antisémitisme: Macron enjoint au RN de "clarifier" sa ligne


Bardella accusé d'antisémitisme: Macron enjoint au RN de "clarifier" sa ligne
Bardella accusé d'antisémitisme: Macron enjoint au RN de "clarifier" sa ligne / Photo: © PALACIO DE LA MONCLOA/AFP

Le président Emmanuel Macron s'est invité dans l'affaire Bardella et le débat présidentiel mercredi en enjoignant au Rassemblement national de "clarifier sa ligne" après la publication de messages antisémites attribués à son président, qui a immédiatement répliqué.

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Depuis Madrid, où il a rencontré le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, le chef de l'État a dénoncé des propos "rapportés évidemment gravissimes et inacceptables". Il a intimé aux "responsables politiques" du RN de "clarifier la ligne, les mots et les gens qui, dans leur parti, peuvent prononcer de telles choses".

La réponse n'a pas tardé. "Après le 7 octobre 2023, j'ai marché dans les rues de Paris, et me suis rendu en Israël. Pas lui", a cinglé à peine une heure après Jordan Bardella sur X.

Emmanuel Macron s'était rendu à Jérusalem et en Cisjordanie le 24 octobre 2023, 17 jours après les attaques sans précédent du Hamas contre Israël qui ont fait 1.221 morts selon des chiffres officiels israéliens.

Jordan Bardella s'est de son côté rendu en Israël en mars 2025, à l'invitation du gouvernement israélien, pour participer à une conférence contre l'antisémitisme.

- "Violence langagière" -

Alors que la campagne présidentielle bat déjà son plein sept mois avant le vote, Mediapart a publié lundi des messages antisémites datant de 2013 qu'il attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du parti.

"Les banques sont toutes détenues par des Juifs"; "Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur", aurait notamment écrit le futur président du RN qui conteste "formellement" en être l'auteur.

Revêtant ses habits de garant républicain, Emmanuel Macron a également déploré "la violence langagière" de la candidate d'extrême droite Marine Le Pen à l'encontre de Mediapart.

Une telle violence "conduit toujours après à une escalade et, même quand c'est métaphorique, ce qui doit accompagner un débat démocratique, c'est le respect", a réagi Emmanuel Macron.

La veille Marine Le Pen a conseillé au site d'investigation de revêtir son "costard en Kevlar", la matière utilisée pour les gilets pare-balles. Une référence d'une "violence sidérante", a dénoncé Médiapart.

- "Dans son ADN" -

Il s'agit d'une crise de campagne majeure pour la candidate qui survole les sondages, dans laquelle d'autres candidats se sont également engouffrés mercredi.

"Le RN prétend avoir changé mais, à intervalles réguliers, ses candidats et ses cadres expriment des opinions scandaleuses", a jugé Édouard Philippe (Horizons) dans le Parisien, en référence aux "brebis galeuses" que le RN se félicite d'exclure au premier signalement, lors de chaque séquence électorale.

"C'est gravissime qu'on se dise que quelqu'un (...) qui aspire à être Premier ministre à l'avenir ait pu tenir ou écrire ce type de propos", a également réagi Gabriel Attal (Renaissance) sur Europe 1-Cnews.

Pour le candidat de Place publique, Raphaël Glucksmann, c'est bien une rupture avec la stratégie de dédiabolisation du Front national menée depuis que Marine Le Pen en a repris les rênes en 2011, jusqu'à le rebaptiser Rassemblement national en 2018.

"A la première crise, vous exprimez cette violence, parce que c'est un parti qui a été fondé dans la violence et que c'est dans son ADN", a-t-il estimé, en référence aux propos menaçants tenus la veille par la quadruple candidate à la présidentielle à l'encontre de Mediapart.

Autre figure à s'insurger, la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) qui a assuré mercredi n'avoir "jamais cru" que le RN soit devenu, comme il s'en enorgueillit, "le bouclier de la communauté juive".

Rappelant que le Front national a été fondé par Jean-Marie Le Pen, multi-condamné pour négationnisme, elle a évoqué "les accointances de ce parti pendant des années avec toute la sphère antisémite et complotiste".

Chez Les Républicains en revanche, le candidat à la présidentielle Bruno Retailleau a refusé à ce stade de réagir.

S.Collins--TNT

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