Espagne: les militants du droit au logement mettent en garde le gouvernement
Les militants du droit au logement qui occupent depuis samedi soir une place de Madrid ont mis en garde mardi le gouvernement, l'appelant à montrer s'il est "du côté des gens ou du côté des spéculateurs", après l'émotion suscitée par l'expulsion de Maricarmen Abascal, une retraitée de 87 ans.
"C’est un jour important, parce qu’aujourd’hui c’est le premier Conseil des ministres après l'expulsion de Maricarmen. C’est la dernière opportunité qu’a ce gouvernement progressiste de montrer clairement qu’il peut vraiment faire quelque chose", a déclaré à des journalistes Valeria Racu, porte-parole du syndicat des locataires.
"Le point de départ de tout cela, c’est que les contrats de location ne peuvent pas être temporaires. (...) Tout le monde sait parfaitement que les contrats de travail doivent être à durée indéterminée pour pouvoir avoir un projet de vie (...). C’est exactement ce dont nous avons besoin: la même chose pour le logement", a poursuivi Valeria Racu.
Le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez doit présenter des mesures en faveur du logement à la mi-journée, via un décret surnommé "décret Maricarmen", à l'issue d'un conseil des ministres.
"Le conseil des ministres va réellement devoir préciser de quel côté il se place : du côté des gens ou du côté des investisseurs et des spéculateurs", a lancé Valeria Racu depuis la Puerta del Sol, une vaste place de l'ultra centre touristique de Madrid, où campent une centaine de militants depuis samedi soir.
"Une étincelle s’est allumée la semaine dernière, et pas seulement à Madrid", a-t-elle ajouté, assurant que d'autres campements allaient être créés dans d'autres villes espagnoles: "Cette étincelle (...) ne s’éteindra pas tant que nous n’en aurons pas fini avec la spéculation et avec le business du logement".
"En Asturies, nous sommes en train de vivre maintenant ce qui s’est passé sur la côte méditerranéenne, avec la hausse des loyers, les appartements touristiques, le logement hors de prix, la gentrification", explique à l'AFP un des "campeurs" de la Puerta del Sol Guillermo Méndez, 40 ans, un guide touristique arrivé lundi de cette région du nord de l'Espagne.
"Ce sont des modifications très structurelles qu'il faut faire pour que ça change. Il faudrait que ce soit déjà à l’échelle de tout le pays, des grèves générales, des manifestations", estime-t-il.
"C'est génial que le cas de Maricarmen ait été réglé, entre guillemets. Mais évidemment, ce n’est qu’un pansement sur une énorme hémorragie que subissent l’économie et la société de ce pays", juge-t-il.
N.Roberts--TNT