The National Times - A son dernier jour en France, Léon XIV rejette toute violence au nom des religions

A son dernier jour en France, Léon XIV rejette toute violence au nom des religions


A son dernier jour en France, Léon XIV rejette toute violence au nom des religions
A son dernier jour en France, Léon XIV rejette toute violence au nom des religions / Photo: © AFP

Le pape Léon XIV a rejeté lundi toute violence commise au nom de la religion, dans son premier discours à Metz - troisième et dernière étape de sa visite en France - , lors d'une journée devant prendre une tonalité européenne en présence d'Emmanuel Macron.

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"Invoquer le nom de Dieu pour légitimer la violence ou l’oppression est une profanation de ce nom", a déclaré le souverain pontife, lors d'une rencontre interreligieuse

"Rien de ce qui défigure la dignité humaine ne peut se réclamer d’une authentique inspiration divine. Le discours religieux doit appeler constamment à désarmer les coeurs et les mots", a poursuivi Léon XIV, depuis le centre de congrès Robert Schuman.

En amont de cette rencontre, Sidi Omar Ben Aicha, vice-président de la grande mosquée de Metz, a considéré comme "un privilège" d'accueillir le pape. "Ici des gens de tous les cultes sont présents, toutes les communautés sont réunies, ça va à contre-courant de cette ambiance qui règne en France avec les extrêmes politiques", a-t-il déclaré à l'AFP.

Emmanuel Macron fait aussi le déplacement en Moselle pour cette journée et, après avoir "réorganisé son agenda", il sera à la messe dans l'après-midi, a indiqué la présidence tôt lundi matin, alors qu'il n'avait pas assisté à la messe géante samedi à Paris contrairement au Premier ministre Sébastien Lecornu et à de nombreuses personnalités politiques, du centre à l'extrême droite.

- "Presque un miracle" -

Sur les terres frontalières et marquées par les guerres, où repose le pieux Robert Schuman (1886-1963), l'un des pères de l'Europe en voie de béatification par l'Eglise catholique, le pape américain devrait, en conclusion de son premier séjour hexagonal, inviter l'Europe à retrouver les fondements de sa création pour ramener la paix sur le continent.

Le prince Albert II de Monaco, le Grand-Duc Guillaume de Luxembourg et Luc Frieden, Premier ministre du Luxembourg, notamment, assisteront à une rencontre sur la paix et les racines de l'Europe, sur invitation de l'Elysée, qui avait convié tous les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE.

Léon XIV fera également un dernier tour en papamobile au milieu de milliers de fidèles attendus et une messe à la cathédrale Saint-Etienne (16H00), joyau de l'art gothique.

"C'est son quatrième jour en France, et on voit qu'il y a quelque chose qui a changé dans l'atmosphère. On nous dit souvent qu'on est des râleurs et là, on voit davantage de bienveillance, de joie", a estimé Florence Prieur, catholique de 45 ans, à l'entrée du centre de congrès Robert Schuman.

Des fidèles ont commencé tôt à investir la ville, se préparant à une longue attente. "Nous sommes arrivés à 7H30 et il y avait déjà du monde. J’espère qu’on pourra voir quelque chose !", raconte Franck Rivoire, électricien suisse de 52 ans. Pour le Messin Sébastien Fontana, 51 ans, "c'est presque un miracle" de recevoir ce "pape de paix, qui veut fédérer".

- 1,3 million de fidèles -

Accueilli dans une immense ferveur sur les trois premiers jours de son voyage, à Paris puis Lourdes, Léon XIV, 71 ans, a voulu faire passer des messages forts sur la fin de vie et la laïcité.

Lors de ce premier séjour en France, pays avec lequel il a rappelé ses liens à son arrivée, il a aussi lancé plusieurs appels à la paix, à défendre la dignité des exilés et à contrôler l'intelligence artificielle en se méfiant de l'avènement d'un "paradis de machines".

Très attendu sur la question des violences sexuelles dans l'Eglise, le pontife américain a clairement appelé, dimanche à Lourdes, les évêques français à "poursuivre" leur action face au "fléau" des violences sexuelles "en maintenant la plus grande vigilance".

Lors d'une rencontre de deux heures à huis clos avec sept victimes, Léon XIV a fait preuve d'une "prise de conscience majeure" et reconnu le caractère "systémique" de ces violences, ont rapporté cinq d'entre elles lors d'une conférence de presse.

Deux mois après l'adoption en France d'une loi instaurant un droit à l'aide à mourir, le pape a également rappelé fortement l'opposition de l'Eglise à l'euthanasie, jugeant "impossible de considérer comme normal de donner la mort".

Bains de foule en papamobile, messes géantes, veillée avec des jeunes au Stade de France: Léon XIV, souriant et chaleureux, a attiré d'immenses foules sur son passage, signe d'une popularité affirmée 16 mois après son élection à la tête de l'Eglise catholique. Au total, selon les chiffres communiqués par le Vatican, plus de 1,3 million de personnes sont déjà venues à sa rencontre entre vendredi et dimanche.

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S.Lee--TNT