Après la liesse populaire et Notre-Dame, accueil de rock star au Stade de France pour Léon XIV
Après la liesse dans les rues parisiennes et la ferveur à Notre-Dame, le pape Léon XIV conclut vendredi soir par une veillée avec les jeunes au Stade de France une première journée marathon de visite en France, marquée par ses propos affirmés sur les sujets sociétaux.
Le pape est arrivé telle une rock star dans l'enceinte sportive, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) au nord de Paris, en papamobile et au milieu d'une foule survoltée de près de 80.000 personnes.
"C'est très important pour moi de participer à cette veillée, j'attends surtout de l'entendre de vive voix", a expliqué à l'AFP Coralie Cece, une infirmière de 33 ans qui a pris sa journée pour être présente au Stade de France.
La veillée de prière doit mêler concert de pop-louange, échanges entre les jeunes et Léon XIV et exposition de la "sainte tunique du Christ", relique conservée à Argenteuil (Val-d'Oise).
Debout dans sa papamobile lors d'une déambulation sous le soleil parisien, Léon XIV a pu mesurer l'attente que sa première visite en France peut susciter. "Regarde c'est le pape, c'est dingue !", a-t-on entendu dans une foule qui a compté 300.000 personnes, selon le Vatican, au long des 2,5 km du parcours jusqu'à Notre-Dame
Après avoir fait les derniers mètres à pied, Léon XIV est devenu le premier pape à entrer dans la cathédrale parisienne depuis sa réouverture en décembre 2024, après l'incendie qui l'avait ravagée en 2019. Son prédécesseur François avait décliné l'invitation pour la réouverture.
- "C'est très émouvant" -
Il y a célébré les vêpres pour un public d'ecclésiastiques, diacres et séminaristes. "C'est très émouvant, après les vicissitudes qu'a connues la cathédrale", a dit à l'AFP le père Jocelyn Petitfils, curé à Bondy (Seine-Saint-Denis).
Lors de sa déambulation, dans des rues pavoisées de jaune et de blanc, les couleurs du Vatican, les téléphones étaient de sortie pour ne pas manquer le passage de la papamobile. "On l'a très bien vu même s'il est passé très vite", a réagi Léa Revel, une infirmière de 25 ans.
Non loin du jardin du Luxembourg, Léon XIV a notamment adressé un long salut à la communauté péruvienne, qui avait décoré les barrières de drapeaux et répété des chants pour attirer l'attention de celui qui fut autrefois évêque dans le diocèse péruvien de Chiclayo, et qui possède depuis la nationalité péruvienne en plus de l'américaine.
"Il a lu ma pancarte. Je me sens super bien, super heureuse !", a assuré à l'AFP Aida Huamán, une Péruvienne de 56 ans, qui vit à Lima et est venue en France il y a un mois pour voir sa fille et le pape.
Terry Spytek, 83 ans, avait elle fait le voyage depuis les États-Unis "et je l'ai vu pendant trois secondes !", s'est-elle exclamée en riant, encore émue.
Avant ce bain de foule, la première matinée du souverain pontife - pour qui les cloches des églises de France ont sonné sept minutes à son arrivée - a été marquée par des prises de paroles offensives lors des séquences officielles.
A l'Elysée, accueilli par le couple Macron, Léon XIV a évoqué sans détour la laïcité, les dangers de l'intelligence artificielle et la fin de vie.
- Sécurité draconienne -
Le pape a notamment dénoncé les "manipulations génétiques", la "gestation pour autrui", l'"achat d'organes" et "l'offre d'une mort programmée", qu'il a présentés comme des "dérives" risquant "de détourner la science et la technologie en entreprises lucratives".
Le Parlement français a adopté il y a deux mois une loi créant un droit à l'"aide à mourir", fortement combattue par l'Église.
A l'Unesco, Léon XIV a exhorté la communauté internationale à protéger "les enfants et les jeunes" face aux nouvelles technologies numériques et à l'intelligence artificielle, dont l'essor "doit soutenir leur développement, leur éducation" et préserver "leur liberté de penser et de discerner".
Cette visite en France mobilise une sécurité draconienne, avec des chiffres éloquents: 17.000 bénévoles, 15.000 policiers et gendarmes, 2.500 journalistes accrédités et un budget de 27 millions d'euros.
Samedi sera marqué par la grande messe organisée sur les Champs-Elysées où 600.000 personnes sont attendues.
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R.Campbell--TNT