The National Times - Les Houthis du Yémen revendiquent une attaque dans la capitale saoudienne

Les Houthis du Yémen revendiquent une attaque dans la capitale saoudienne


Les Houthis du Yémen revendiquent une attaque dans la capitale saoudienne
Les Houthis du Yémen revendiquent une attaque dans la capitale saoudienne / Photo: © AFP

Le mouvement houthi au Yémen a revendiqué samedi une attaque contre des sites "sensibles" dans la capitale saoudienne, où des explosions avaient retenti dans la nuit pour la première fois depuis la reprise des hostilités entre Ryad et ces combattants pro-iraniens.

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Le royaume saoudien, qui n'a pas réagi dans l'immédiat aux explosions, subit ces derniers jours des attaques croissantes des Houthis qui contrôlent une grande partie du Yémen voisin et qui combattent les forces gouvernementales yéménites, soutenues par la coalition menée par Ryad.

De fortes explosions ont retenti dans la capitale saoudienne dans la nuit, après des messages d'alerte envoyés aux habitants par les autorités, selon des journalistes de l'AFP.

Plusieurs heures plus tard, des habitants ont déclaré à l'AFP avoir entendu une nouvelle série d'explosions. "On a vu de la fumée noire et des flammes vers l'aéroport", a déclaré l'un d'eux.

"J'ai entendu l'alerte, puis mes fenêtres ont tremblé", témoigne un autre habitant de 27 ans du nord de la capitale, qui n'a pas souhaité donner son nom. "J'ai eu vraiment peur".

- Colonne de fumée noire -

Des images diffusées en ligne et vérifiées par l'AFP montrent une colonne de fumée noire s'élevant au-dessus de bâtiments de l'aéroport.

Des pompiers ont éteint dans l'après-midi un feu sur un réservoir de carburant portant le logo du géant pétrolier saoudien Aramco près de l'aéroport, selon un journaliste de l'AFP.

Dans un communiqué publié sur Telegram, le porte-parole militaire des Houthis a indiqué qu'ils avaient mené deux attaques avec "un grand nombre de missiles balistiques et de croisière et de drones".

"La première a visé des sites sensibles à Ryad, et la seconde a visé des installations d'Aramco à Yanbu", a ajouté Yahya Saree, en référence à un port sur la mer Rouge depuis lequel Ryad exporte du pétrole.

Les frappes des Houthis contre le royaume avaient jusqu'ici majoritairement ciblé des installations pétrolières et des bases militaires dans le sud ou sur la côte donnant sur la mer Rouge. Et la capitale n'avait pas été menacée depuis la reprise en juillet des hostilités avec les combattants pro-iraniens.

Ryad avait été en revanche frappée au plus fort de la guerre régionale déclenchée fin février par l'attaque américano-israélienne sur l'Iran qui avait riposté en lançant des attaques contre les pays du Golfe, alliés des Etats-Unis.

Les Houthis, qui ont lancé début septembre une vaste offensive au Yémen, contrôlent désormais tout le littoral bordant la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb et provoquant de nouvelles craintes pour le transport maritime international.

Le passage, qui relie l'Asie à l'Europe via le canal de Suez, a gagné en importance après le début de la guerre au Moyen-Orient, quand l'Iran a commencé à perturber fortement le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique, faisant flamber les cours du pétrole.

- 48 morts en 24 heures -

Deux sources au sein du mouvement houthi ont indiqué samedi à l'AFP que les combattants installaient des radars et creusaient des tunnels le long de la côte en mer Rouge, ajoutant que des membres des Gardiens de la Révolution, puissance force armée de l'Iran, s'étaient récemment rendus dans cette région.

Des mesures susceptibles de menacer encore davantage l'Arabie saoudite, premier exportateur de brut mondial, alors qu'en juillet, les Houthis avaient déjà décrété un blocus maritime en mer Rouge pour les navires saoudiens, plusieurs fois ciblés depuis.

En réponse aux frappes régulières contre le royaume, l'Arabie saoudite a quotidiennement et largement bombardé les zones contrôlées par les combattants au Yémen.

Dans le même temps, les forces gouvernementales yéménites cherchent aussi à stopper les avancées des Houthis. Les affrontements ont fait des centaines de morts depuis début septembre, dont 48 décès lors des 24 dernières heures, ont indiqué samedi des sources des deux camps.

Au moins 112.000 personnes ont par ailleurs été déplacées au Yémen depuis début septembre dans ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, selon l'ONU.

Le Yémen a déjà été théâtre d'une guerre entre 2014 et 2022 qui a provoqué l'une des plus graves crises humanitaires du monde.

P.Jones--TNT