The National Times - Le RN hausse le ton face à la Russie mais est accusé de "double discours"

Le RN hausse le ton face à la Russie mais est accusé de "double discours"


Le RN hausse le ton face à la Russie mais est accusé de "double discours"
Le RN hausse le ton face à la Russie mais est accusé de "double discours" / Photo: © AFP

Marine Le Pen et Jordan Bardella ont voulu samedi donner des gages de fermeté envers la Russie, qui ne peut "espérer dicter la politique" de la France "par l'intimidation", mais ont été accusés de tenir un "double discours" après avoir remis en cause le soutien financier à l'Ukraine.

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Fallait-il redresser la barre, au lendemain d'une réunion à l'Elysée lors de laquelle Emmanuel Macron s'est notamment étendu sur la menace russe et les risques d'ingérences, devant les chefs de parti et plusieurs candidats à la présidentielle ?

Régulièrement accusés par leurs adversaires de complaisance envers Moscou, les deux dirigeants du RN se sont en tous cas fendus samedi midi d'un communiqué au ton très ferme à l'adresse du régime de Vladimir Poutine.

"Nous ne tolérerons jamais qu'une puissance étrangère, en l'occurrence la Russie, puisse espérer dicter directement ou indirectement la politique de notre pays par l'intimidation, la menace, la déstabilisation ou la pression psychologique", écrivent Mme Le Pen et M. Bardella.

"Aucune provocation, aucune opération clandestine et aucune action de déstabilisation ne sauraient conduire la France à faciliter l'obtention par la Russie de ses buts de guerre en Ukraine. La politique étrangère de la France se décide à Paris, souverainement, en fonction des seuls intérêts de la Nation. Elle ne saurait être déterminée à Moscou", insistent-ils.

La candidate à la présidentielle et le patron du parti condamnent en particulier la décision de Moscou de prendre le contrôle d'actifs d'entreprises européennes encore implantées en Russie comme Nestlé et Auchan, un "acte hostile" qui "porte directement atteinte aux intérêts et aux droits de nos entreprises".

Les deux leaders d'extrême droite disent par ailleurs "souten(ir) l'ensemble des mesures nécessaires au renforcement de la sécurité de nos infrastructures stratégiques", après qu'Emmanuel Macron a annoncé avoir demandé au gouvernement de "préparer un plan de protection" des infrastructures critiques face aux attaques "hybrides" russes.

En déplacement dans l'Oise samedi, M. Bardella a enfoncé le clou en dénonçant la "démarche hostile" de la Russie qui "sème la guerre" en Ukraine "dans ce qui est aujourd'hui une véritable boucherie".

- "Couper le robinet" -

"C'est un État qui est dans une attitude de défiance à l'égard des nations européennes et qui teste la solidité de l'Europe. Et donc face à cela, la France comme toutes les nations européennes doivent (...) être capables de protéger leurs intérêts et notamment leurs sites stratégiques", a-t-il exhorté.

Ces déclarations martiales décalent la focale des récentes interventions du RN sur le sujet, bien plus axées sur le bien-fondé du soutien apporté à l'Ukraine.

Le vice-président du RN Louis Aliot avait ainsi ainsi suscité un feu nourri de critiques au début du mois en disant vouloir "couper le robinet" des aides à Kiev.

Des propos que n'a guère atténué Marine Le Pen cette semaine en affirmant que Paris ne pouvait plus appuyer l'Ukraine autant qu'actuellement en raison des finances publiques dégradées.

"On peut continuer à former leurs soldats, leurs armées, on peut continuer à leur apporter du matériel pour pouvoir se défendre. Mais financièrement, nous ne pouvons plus", avait fait valoir sur LCI celle qui avait été reçue au Kremlin en 2017.

Dans leur communiqué samedi, Mme Le Pen et M. Bardella estiment bien que le débat démocratique "doit pouvoir porter" sur "le niveau du soutien financier accordé à l'Ukraine et sur les conditions de ce soutien". Mais si "ces débats sont légitimes", "les pressions étrangères ne le sont pas", ajoutent-ils dans la foulée.

En retour, Gabriel Attal a fustigé un "double discours insupportable et irresponsable" du RN. "+Couper le robinet+ à l'Ukraine comme vous le souhaitez ne ferait qu'empirer la domination, et donc la menace, de la Russie. Y compris sur l'Europe et sur la France. Un communiqué de presse n'effacera rien de ce que vous êtes vraiment", a encore écrit sur X le candidat Renaissance à la présidentielle.

Un conseiller de l'exécutif voit, lui, dans ce communiqué, un moyen pour Marine Le Pen de "se rattraper de son absence" vendredi à la réunion élyséenne, pour laquelle elle avait délégué Jordan Bardella. "C'était une erreur de candidate de pas être venue alors que l'international est son talon d'Achille", analyse le même.

la-siu-fff-jmt/cac

W.Phillips--TNT

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