The National Times - Hong Kong: premier jour d'audience pour déterminer la peine de Jimmy Lai

Hong Kong: premier jour d'audience pour déterminer la peine de Jimmy Lai


Hong Kong: premier jour d'audience pour déterminer la peine de Jimmy Lai

Un tribunal de Hong Kong a entamé lundi les débats sur la peine à infliger à l'ex-magnat des médias prodémocratie Jimmy Lai, reconnu coupable d'atteinte à la sécurité nationale.

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Les débats, qui doivent durer quatre jours, se déroulent devant trois juges de la Haute Cour de la région semi-autonome de Chine.

Lundi, au moment où des gardiens de prison l'ont conduit au banc des accusés, où il a pris place aux côtés de huit coaccusés, M. Lai a souri et a salué d’un signe de tête ses sympathisants présents dans la salle.

Jimmy Lai risque la prison à perpétuité mais dès le début de l'audience son avocat, Robert Pang, a déclaré au tribunal qu’une peine de prison longue serait le "pire" pour quelqu’un de son âge et de sa condition physique.

"Chaque jour que (Lai) passera en prison le rapprochera d’autant de la fin de sa vie", soutient M. Pang.

Agé de 78 ans et détenteur d'un passeport britannique, Jimmy Lai est le fondateur du journal prodémocratie Apple Daily, aujourd'hui fermé. Il a été reconnu coupable en décembre de sédition et de collusion avec l'étranger.

Cette condamnation se base sur la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin après les manifestations prodémocratie, parfois violentes, qui ont secoué Hong Kong en 2019.

Dans leur verdict de 856 pages, les juges avaient écrit que l'ex-magnat "a nourri sa rancoeur et sa haine envers (la Chine) pendant une grande partie de sa vie d'adulte" et qu'il a cherché à "renverser le Parti communiste chinois".

La loi sur la sécurité nationale en vigueur à Hong Kong prévoit que les cas de collusion d'une gravité particulière sont passibles de peines allant de 10 ans de prison à la réclusion à perpétuité.

- Appel de Trump -

Jimmy Lai est emprisonné depuis 2020 et est maintenu à l'isolement "à sa demande" selon les autorités.

Ces poursuites sont "motivées par des considérations politiques", a affirmé en décembre la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper. Londres a appelé à la libération de Jimmy Lai.

Donald Trump avait lui déclaré qu'il souhaitait que son homologue chinois Xi Jinping libère M. Lai.

- Inquiétudes sur sa santé -

Les juges ont ouvert l'audience de lundi en confirmant les plaidoyers de culpabilité de deux coaccusés, Chan Tsz-wah et Li Yu-hin. Ces deux hommes, ainsi que six responsables du journal Apple Daily, avaient plaidé coupable dans le cadre de la même affaire et attendent également le prononcé de leur peine.

Pendant ce premier jour d'audience, la santé de M. Lai était l'objet de vives controverses.

Le procureur Anthony Chau a cité un rapport médical pénitentiaire indiquant que "l’état de santé général de M. Lai demeure stable" et qu’il ne se plaignait pas après avoir été traité pour des problèmes cardiaques, dentaires et d’ongles.

M. Chau soutient que M.Lai a été placé à l’isolement à sa propre demande pour éviter d'être harcelé, avec un réexamen mensuel de cette disposition.

Le gouvernement de Hong Kong a insisté sur le fait que M. Lai recevait des soins "adéquats et complets" en détention.

Selon M. Chau, le poids de M. Lai n’a diminué que de 0,8 kilogramme entre décembre 2020 et ce mois-ci.

Mais son avocat a soutenu qu’"il y a bien eu une perte de poids significative", en s’appuyant sur des dossiers médicaux montrant que le magnat a perdu plus de 10 kilogrammes en un an.

Les problèmes de santé de M. Lai — notamment l’hypertension, le diabète, ainsi que des problèmes aux yeux et aux membres inférieurs — ne risquent pas de le tuer, mais rendent sa vie en prison plus "pénible", a-t-il poursuivit.

Le mois dernier, l'organisation de défense des droits humains Amnesty International a estimé que la condamnation de Jimmy Lai "sonne comme le glas de la liberté de la presse à Hong Kong".

Au 1er janvier, 385 personnes avaient été arrêtées à Hong Kong pour divers crimes liés à la sécurité nationale et 175 avaient été condamnées, selon des chiffres officiels.

L'an dernier, la police a procédé à près de 70 arrestations liées à la sécurité nationale, soit plus du double de 2024.

R.Campbell--TNT

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