Athlétisme: "profiter" et "aller le plus vite possible", l'été sans pression de Noah Lyles
Sans Jeux olympiques ni Mondiaux au programme de l'été, une première depuis 2020, le champion olympique du 100 mètres Noah Lyles veut en profiter pour "aller le plus vite possible" à chaque sortie, sans se soucier d'être au top pour une échéance en particulier.
"Je n'ai pas besoin de me dire +dans un mois, je dois être en forme+", affirme dans un entretien à l'AFP l'octuple champion du monde de 28 ans, tête d'affiche du meeting de Paris dimanche. "Je n'ai pas à me préoccuper d'un pic de forme, je peux en profiter et aller le plus vite possible à chaque fois que je suis au départ", insiste-t-il.
Arrivé à Paris en milieu de semaine, l'Américain a pu tâter jeudi la piste bleue du stade Charléty où il est attendu sur 100 m. Avec ses partenaires d'entraînement Jordan Anthony (champion du monde du 60 m en salle) et Jereem Richards (vice-champion du monde du 400 m), ils ont effectué quelques gammes et accélérations sous l'oeil de leur coach Lance Brauman avant d'écourter la séance en raison de la canicule.
Rentré au frais à l'hôtel, Lyles est revenu sur son excellent début de saison, marqué par ses victoires à Rome (9.88 sur 100 m, 3e meilleur chrono de l'année) et à Ostrava (Tchéquie) où il a amélioré la meilleure performance de tous les temps sur 150 m (14.67), une distance hybride peu courue mais où la confrontation avec le jeune sprinteur australien Gout Gout était très attendue.
"Jamais je n'aurais pu faire ça sur une saison normale. J'aurais dû privilégier des meetings avec beaucoup plus de concurrence, qui tombent bien par rapport à la préparation vers des Mondiaux ou des JO", souligne Lyles.
- "Profiter hors de l'athlétisme" -
Mais cette année, le sprinteur qui a déjà passé 10 saisons sur le circuit professionnel, profite des seuls rendez-vous qui lui font plaisir. Après Paris dimanche, il ne remettra plus de dossard avant fin juillet et les championnats des Etats-Unis.
"C'est plaisant d'avoir cette liberté, d'aller profiter un peu hors de l'athlétisme", souligne l'athlète de Floride qui cultive hors des pistes de multiples centres d'intérêt, de la mode aux mangas en passant par le rap. En juillet, il ira d'ailleurs à un grand rassemblement de culture geek et mangas aux Etats-Unis, avant d'assister à une des demi-finales de la Coupe du monde de foot.
Son été se terminera en septembre, là encore avec une nouvelle expérience, celle des championnats Ultimate à Budapest. La Fédération internationale, qui a imaginé cette nouvelle compétition pour booster ses audiences en perte de vitesse, a confirmé jeudi la présence du sprinteur américain amené à jouer un rôle dans l'organisation de l'évènement en imaginant des shows pour l'entrée des athlètes et les remises de médailles.
Pour Lyles, qui répète depuis des années que l'athlétisme doit se moderniser, "c'est un point de départ pour faire évoluer ce sport vers une nouvelle ère mêlant sport et divertissement."
"L'avantage, c'est qu'on peut tester de nouvelles choses sans qu'il y ait d'enjeux pour nos palmarès mondiaux ou olympiques", ajoute-t-il.
- "Encore 10 ans !"
Lyles le sait, la parenthèse qu'il vit cet été prendra fin dès l'année prochaine avec les Mondiaux à Pékin où il visera un cinquième titre de suite sur 200 m pour dépasser Usain Bolt, avant les JO chez lui aux Etats-Unis en 2028.
"On n'a pas tous la chance de vivre des Jeux olympiques dans son pays au moment où on est au top. Rien que ça, c'est une bénédiction", souligne le sprinteur showman.
La finale du 100 m où il remettra son titre en jeu est prévue le 16 juillet 2028, à la veille de ses 31 ans. De quoi imaginer une fin de carrière en apothéose?
"J'ai beaucoup d'amis qui ont indiqué qu'ils comptaient prendre leur retraite après Los Angeles. Moi pas du tout", balaye-t-il.
"Ce n'est pas quelque chose que je planifie, ça dépendra de mes performances et aussi de ma vie hors de la piste avec Junelle (Lyles, la sprinteuse jamaïcaine qu'il a épousée au printemps). Mais si ça ne dépendait que de moi, j'adorerais courir encore 10 ans !"
L.Johnson--TNT