Top 14: Montpellier épuise le Stade Français et rejoint Toulouse en finale
Plus solide, plus froid et plus précis que le Stade Français, Montpellier a poursuivi sa magnifique saison en se qualifiant samedi à Marseille pour la finale du Top 14, où ses qualités seront mises au défi du génie toulousain.
Tous ceux qui ont vu vendredi le Stade Toulousain écraser le Racing 92 (71-17) savent qu'il ne peut pas y avoir d'autre favori samedi prochain au Stade de France.
Au bout d'une deuxième demi-finale bien plus incertaine mais qu'ils ont globalement dominée et maîtrisée, ce sont donc les Héraultais qui vont avoir le redoutable honneur de se frotter aux Rouge et Noir, leur appétit d'ogre des phases finales et leur bilan de rêve lorsque le Bouclier de Brennus est au bord du terrain (huit titres lors des huit dernières finales disputées).
Montpellier de son côté jouera samedi sa quatrième finale de Top 14, la première depuis son sacre surprise de 2022, et il s'agira d'un remake de celle de 2011, que Toulouse avait gagnée.
Alors qu'ils restaient sur 22 victoires lors des 25 derniers matchs, les Héraultais ont confirmé samedi au Vélodrome qu'ils étaient poussés par une vraie dynamique et ont fini par user les Parisiens, dominés en conquête et très souvent pénalisés.
Pour le MHR, il s'agit d'un spectaculaire rebond alors que le club était au bord du gouffre il y a deux ans, n'évitant la relégation que d’extrême justesse lors d'un barrage tendu contre Grenoble.
- le travail de Caudullo -
Le mérite en revient largement au manager Joan Caudullo, qui a bâti cette saison un collectif irréprochable qui, samedi encore, n'a vraiment pas laissé grand-chose aux Parisiens: ceux-ci n'ont plus marqué un point après le premier quart d'heure.
Après le festival de jeu d'attaque et de précision offert la veille par le Stade Toulousain, le spectacle prévu samedi était d'ailleurs annoncé plus austère.
Entre deux équipes qui se ressemblent, revenues de loin et construites sur le jeu direct, la défense, la conquête et l'esprit de revanche, le scénario annoncé était fait de solidité, de sérieux et de discipline.
Mais finalement, il n'y a pas une mêlée avant la demi-heure, les deux équipes ont égaré quantité de lancers en touche et, dans un premier temps au moins, les défenses ont régulièrement été transpercées plein axe.
Et si le Vélodrome n'a pas vu la farandole d'essais des Toulousains la veille, il y a donc parfois eu du jeu.
Après un échange de pénalités, Montpellier a ainsi frappé le premier avec Tom Banks, envoyé à l'essai par son ouvreur Domingo Miotti après une feinte de passe (10-3, 11e).
- "Ici, c'est..." -
Les Parisiens ont réagi immédiatement avec deux essais signés Tawera Kerr-Barlow (13e) puis Peniasi Dakuwaqa (15-10, 15e), qui sur l'aile droite et en bout d'action pénalisait un très mauvais lancer en touche héraultais, une des constantes de la première période.
Deux nouvelles pénalités de Miotti ont ensuite replacé le MHR devant (16-15 à la pause) mais l'issue de cette demi-finale était alors encore très incertaine.
Après le repos, Miotti a pourtant continué à punir les fautes parisiennes alors que les Héraultais, plus féroces et plus précis, ont petit à petit gommé les scories de la première période.
Profitant notamment des difficultés persistantes des Parisiens sur leurs propres lancers, l'équipe de Caudullo a donc poursuivi sa minutieuse entreprise de destruction de la résistance adverse pour prendre une première petite marge (22-15, 53e).
Et après une énorme frayeur quand l'arbitre a refusé après un long visionnage vidéo un essai en contre du Parisien Joseph Marchant, les Montpelliérains se sont de nouveau installés dans le camp d'en face, qu'ils n'ont presque jamais quitté après la pause.
Dominateurs en mêlée, ils ont obtenu une dernière pénalité, réussie par Leo Coly et l'affaire était entendue (25-15, 72e). "Ici c'est Paris !", avait lancé avant le coup d'envoi le facétieux speaker du Stade Français. "Ici, c'est Montpellier !", lui a répondu celui d'en face au coup de sifflet final.
A.Davey--TNT