Equipe de France: une attaque libérée
La victoire de l'équipe de France face au Brésil (2-1), jeudi en amical, a trouvé racine dans la liberté de mouvement accordée aux attaquants par le sélectionneur Didier Deschamps, source de promesses en vue du Mondial-2026.
Longtemps brocardé pour son style pragmatique, voire défensif, le patron des Bleus a opéré un tournant tactique depuis le quart de finale retour de la Ligue des nations gagné contre la Croatie (2-0 a.p., 5 t.a.b. à 4) en mars 2025, en alignant systématiquement quatre joueurs à vocation offensive, dans le sillage de l'émergence de Michael Olise.
Deschamps est allé encore plus loin en ouverture de la tournée américaine, à Foxborough (Massachusetts), en permettant à ses attaquants de sans cesse permuter, une animation qui a fini par dérouter l'arrière-garde brésilienne. Une manière pour le technicien d'exploiter au maximum les qualités de ses hommes, à la manière de ce qu'a réussi Luis Enrique au PSG.
C'est d'ailleurs à la suite des débats sur le positionnement d'Ousmane Dembélé, cantonné au côté droit en bleu mais autorisé à occuper différents postes sous le maillot parisien, que le sélectionneur a décidé de lâcher la bride à ses troupes.
Résultat: "Dembouz" a souvent décroché face au Brésil, évoluant tantôt bas, tantôt derrière la pointe mais également sur l'aile. Si sa prestation n'a pas été irréprochable, il a tout de même délivré une passe décisive à destination de Kylian Mbappé, auteur de son 56e but en équipe de France, à une unité du record d'Olivier Giroud.
- Ekitiké buteur -
On a aussi vu le capitaine alterner les courses à gauche ou à droite, et délaisser souvent son poste d'avant-centre.
"Ce qui m'a plu, au-delà de la relation qu'ils ont, c'est le fait d'être difficile à lire pour l'adversaire car mes offensifs n'ont pas de positions fixes. Ousmane (Dembélé, ndlr), je ne veux pas qu'il soit à droite, les pieds collés à la ligne de touche. Quand Ousmane change de poste, il faut l'intelligence de Michael (Olise, ndlr). C'est pareil à gauche avec Kylian (Mbappé, ndlr) et Hugo (Ekitiké, ndlr). Ils ont été disponibles, c'est intéressant", a apprécié Didier Deschamps.
"Ils ont toujours eu cette liberté. Je leur donne toujours. C'est bien. Si cela nous permet d'être dangereux pour l'adversaire, tant mieux. C'est bien qu'ils puissent décrocher, permuter, proposer des solutions", a-t-il ajouté.
Dans cette configuration, Hugo Ekitiké, très à l'aise pour sa 7e sélection, a marqué des points dans l'optique de la Coupe du monde en l'absence de Bradley Barcola, blessé, en doublant la mise sur un service d'Olise.
- Réservoir de talents -
"Je joue avec des joueurs que je connais, on s'entend bien. Commencer à gauche ça ne voulait pas dire être cantonné à la ligne, j'ai pu permuter. Kylian (Mbappé, ndlr) m'a beaucoup parlé pendant le match pour me dire que j'étais libre, que je pouvais bouger où je voulais. Je me suis plutôt bien senti", a expliqué l'ancien joueur du PSG et de Francfort, devenu titulaire dès sa première saison à Liverpool.
Le centre de gravité des Bleus a ainsi largement basculé vers l'attaque où Deschamps peut s'appuyer sur un réservoir de talents à faire pâlir n'importe quel pays.
"Avec tous les joueurs qu'elle a, la France pourrait faire trois équipes capables de gagner la Coupe du monde", a lancé, admiratif, le défenseur belge Thomas Meunier mercredi.
Dimanche contre la Colombie à Landover (Maryland) près de Washington, Deschamps va faire tourner son effectif et pourra voir à l'oeuvre d'autres pépites (Désiré Doué, Rayan Cherki, Maghnes Akliouche), sans compter les fidèles Marcus Thuram et Randal Kolo Muani. Une abondance de biens qui modifie radicalement le visage de l'équipe de France.
D.Cook--TNT