The National Times - JO: Vonn, une descente pour mettre à genoux les dieux de l'Olympe

JO: Vonn, une descente pour mettre à genoux les dieux de l'Olympe


JO: Vonn, une descente pour mettre à genoux les dieux de l'Olympe
JO: Vonn, une descente pour mettre à genoux les dieux de l'Olympe / Photo: © AFP

Il y a Lindsey Vonn et les autres avant la descente des JO-2026 dimanche: habituée à monopoliser l'attention, la star américaine, blessée à un genou, fait encore plus fort avec son incroyable pari pour écrire l'un des plus belles pages de sa carrière, voire de l'histoire olympique.

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Elle était déjà, avec son retentissant come-back à 41 ans, l'attraction des épreuves de vitesse de ski alpin. Mais sa lourde chute à Crans-Montana (Suisse) il y a un peu plus d'une semaine, a ajouté une autre dimension, quasi héroïque (ou insensée), à son ultime défi.

Vonn va s'élancer dans l'Olimpia delle Tofane, l'une des pistes les plus exigeantes du circuit féminin avec des passages à 70% et une vitesse de pointe dépassant les 130 km/h, sans ligament croisé antérieur du genou gauche.

Cette blessure à un ligament, essentiel dans le ski puisqu'il assure la stabilité du genou mis à mal par des courbes, dévers et autres sauts, mettrait sur le flanc le commun des skieuses.

Mais Vonn n'est pas n'importe quelle fonceuse: elle est la "Speed Queen", au palmarès aussi épais que son dossier médical.

La skieuse de Vail, dans le Colorado, s'est imposée à 84 reprises en Coupe du monde, dont douze fois à Cortina d'Ampezzo. Elle a soulevé le globe de N.1 mondiale à quatre reprises (2008, 2009, 2010, 2012), sans compter seize petits globes et huit médailles aux Mondiaux, dont deux en or.

- Malédiction olympique ? -

Les rendez-vous olympiques lui ont beaucoup moins souri: un titre, en descente (2010), et deux médailles de bronze (super-G en 2010 et descente en 2018) en quatre participations et 14 départs.

Car Vonn --et c'est l'autre versant, tout aussi vertigineux, de sa carrière--, n'a pas été épargnée par les blessures aux genoux notamment, ce qui l'a privée des JO-2014 (rupture du ligament antérieur du genou droit), et par les chutes (à l'entraînement avant la descente des JO-2006).

Revenue à la compétition l'hiver dernier, après presque six années de pause, avec comme unique objectif les JO à Cortina, Vonn, qui s'est fait poser en 2023 une prothèse partielle au genou droit, aurait pu croire qu'elle était frappée d'une malédiction olympique quand elle a lourdement chuté dans la dernière descente de Coupe du monde avant les Jeux.

Le bilan médical fait frémir: rupture du ligament croisé antérieur, contusion osseuse et lésion du ménisque.

Mais il ne la décourage pas, bien au contraire.

- "Je me sens forte" -

"C'est dur pour moi de perdre foi en moi après tout ce que j'ai vécu dans ma vie", a-t-elle martelé en début de semaine. "Mon genou tient bon, je me sens forte et j'ai confiance dans le fait que je serai au départ dimanche".

Depuis, sur les réseaux sociaux, elle a publié une vidéo la montrant avec un haltère dans une salle de fitness, martelé son impatience ("Personne n'aurait pu imaginer que je serais là, mais j'y suis arrivée") ou encore remis à sa place ceux qui remettent en cause sa blessure ("Ce qui vous semble impossible ne veut pas dire que cela ne peut être fait, mon ligament est rompu à 100%, pas à 80 ou 50%").

Elle a aussi signé le 11e chrono du premier entraînement vendredi, avant de faire encore mieux samedi en terminant à la troisième place du second.

Si Lindsey Vonn attire tous les regards, avec sept podiums dont deux victoires en neuf courses cet hiver, ses compatriotes, la championne du monde en titre Breezy Johnson et Jacqueline Wiles, meilleurs chronos des deux entraînements, pourraient profiter de leur relatif anonymat pour tirer leur épingle du jeu.

A moins que l'Italienne Sofia Goggia et la Suissesse Corinne Suter, sacrées championne olympique de descente respectivement en 2018 et 2022, retrouvent soudain leurs repères dans un hiver pour l'instant largement décevant.

G.Morris--TNT