Open d'Australie: Djokovic, increvable, défiera Alcaraz en finale
Le vieux lion a rugi vendredi dans son antre de Melbourne: Novak Djokovic a rempli la moitié de son pari en battant Jannik Sinner en demi-finales de l'Open d'Australie et s'est offert une chance de remporter dimanche un 25e titre du Grand Chelem, à condition de battre Carlos Alcaraz.
L'Espagnol, N.1 mondial, s'est lui défait de l'Allemand Alexander Zverev au terme d'un match épique de près de cinq heures et demie.
Les demi-finales de vendredi réunissaient les quatre meilleurs joueurs du moment. Alors que le tournoi avait été jusque-là sans surprise et sans grande passion, les deux rencontres de cette 13e journée ont au contraire atteint le sublime: deux matches fous en cinq sets.
"C'est irréel", a commenté Djokovic devant la foule qui l'acclamait après sa victoire en 4h09 face au N.2 mondial 3-6, 6-3, 4-6, 6-4, 6-4.
"Nous avons joué plus de quatre heures, il est presque deux heures du matin... Ca me rappelle le finale de 2012 contre Rafa" Nadal, qu'il avait remportée en cinq sets et qui est à ce jour le plus long match de l'histoire du tournoi (5h53), a-t-il dit en luttant pour ne pas verser une larme.
L'atmosphère dans la Rod Laver Arena était celle d'une victoire finale et Djokovic, qui s'est agenouillé au milieu du court pour se signer en regardant les cieux, a lui-même donné cette impression.
"L'intensité était très élevée mais je savais que c'était le seul moyen pour moi de gagner", a ajouté le Serbe qui restait sur cinq défaites contre Sinner et n'avait plus joué de finale en Grand Chelem depuis sa défaite face à Alcaraz à Wimbledon en 2024.
- "Très difficile, pas impossible" -
L'an dernier, il a joué les demi-finales des quatre Majeurs, butant sur Sinner à Roland-Garros et Wimbledon puis sur Alcaraz à l'US Open. A Melbourne, il avait dû abandonner face à Zverev.
Après sa défaite à Flushing Meadows, il avait dit que Sinner et Alcaraz jouaient à un autre niveau et que les battre en cinq sets devenait très difficile.
"J'avais dit +très difficile+, pas +impossible+, a-t-il souligné vendredi après sa victoire. J'avais dit qu'ils jouaient à un autre niveau et qu'il fallait que je m'y hisse".
Dimanche, il affrontera donc l'autre ogre du circuit, qui vise un premier titre à Melbourne pour compléter sa collection avec le seul Majeur qui lui manque encore.
"J'espère avoir assez d'énergie pour me battre pied à pied et après, que Dieu décide...", a conclu Djokovic.
De l'énergie, Alcaraz lui-même en a dépensé des gigajoules vendredi, sans compter qu'il a longtemps longé le bord du gouffre face à Zverev avant de remporter l'un des matches les plus longs et fous de l'histoire du tournoi.
Fort de six titres du Grand Chelem, mais sans avoir jamais passé les quarts à Melbourne, l'Espagnol a mis 5h27 pour écarter le finaliste de l'an dernier 6-4, 7-6 (7/5), 6-7 (3/7), 6-7 (4/7), 7-5.
- "Tout mon coeur" -
"Physiquement, c'était l'un des matches les plus difficile de ma courte carrière, mais j'avais déjà joué ce type de match et je savais que je devais y mettre tout mon coeur", a commenté le N.1 mondial.
S'il jouera bien la finale, il le doit peut-être à un manque d'opportunisme de Zverev qui n'a pas su saisir sa chance de remporter le deuxième set pour égaliser à un partout ni profiter de la soudaine absence durant plus d'une heure d'Alcaraz, incapable de bouger en raison de douleurs aux cuisses.
"Etonnamment, je n'ai pas vraiment de regret sur le cinquième set (dans lequel il a servi pour le gain du match, NDLR), parce que j'étais en mode survie. Mais si j'avais pu égaliser à un set partout alors que lui a eu des crampes dans le troisième set, ça aurait pu faire la différence", a regretté l'Allemand.
En face, le Murcien fait le dos rond, sachant que ses deux sets d'avance lui en donnaient la possibilité: "Le physio m'a dit que c'était une question de temps (pour que la douleur passe)", a-t-il expliqué.
Effectivement, il a retrouvé toutes ses facultés physiques dans le cinquième set et tentera dimanche de devenir le plus jeune joueur à décrocher un titre dans chacun des quatre tournois du Grand Chelem, à 22 ans et 272 jours.
P.Jones--TNT