The National Times - Mondial féminin de rugby: derrière le succès, une dynamique à consolider

Mondial féminin de rugby: derrière le succès, une dynamique à consolider


Mondial féminin de rugby: derrière le succès, une dynamique à consolider
Mondial féminin de rugby: derrière le succès, une dynamique à consolider / Photo: © AFP

Stades remplis, fortes audiences, ambitions pour l'avenir: le Mondial de rugby en Angleterre a été une réussite sur de nombreux points, sans cacher l'hétérogénéité entre les équipes et la précarité de la plupart des joueuses.

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L'apothéose est prévue samedi avec les deux derniers matches, à Twickenham, le temple du rugby: celui pour la troisième place entre la France et la Nouvelle-Zélande puis la finale entre le Canada et l'Angleterre.

Toutes les places ont été vendues depuis longtemps, soit 82.000 personnes, ce qui sera un nouveau record pour regarder des femmes jouer au rugby.

Sur l'ensemble de la compétition, la fédération internationale World Rugby revendique 440.000 billets vendus, trois fois plus que lors de l'édition précédente en Nouvelle-Zélande. Mais cela reste bien moins que chez les hommes, où 2,5 millions de billets avaient trouvé preneurs lors du Mondial-2023 en France, avec un peu plus de matches (20 équipes au lieu de 16).

"Un tiers des personnes venues dans nos stades et qui ont acheté des billets n'avaient jamais assisté à un match de rugby auparavant. Ça veut dire que nous avons touché tout un nouveau public: de potentielles joueuses, des fans, des diffuseurs, des partenaires commerciaux, qui n'avaient jamais été impliqués jusque-là", a salué en début de semaine lors d'une conférence de presse Yvonne Nolan, directrice de la compétition.

"Tout le monde, que ce soit dans les clubs ou en travaillant avec les équipes, a bien vu les opportunités qui s'ouvrent maintenant", assure-t-elle.

- Immenses écarts -

La visibilité accrue se transfère un peu sur les championnats nationaux: un match de chaque journée de championnat en Angleterre est retransmis à la télévision, et plusieurs affiches de la première division française le seront cette saison, à commencer par une rencontre de la première journée, Toulouse - Bordeaux le 12 octobre, qui était l'affiche de la dernière finale.

Permises par la médiatisation accrue, l'arrivée d'un sponsor titre et la quête de nouveaux partenaires donnent l'espoir que les clubs français puissent professionnaliser plusieurs centaines de joueuses dans les prochaines années, contre 30 seulement actuellement, par la fédération.

Mais l'ambition doit encore se concrétiser et s'étendre à d'autres pays, sous peine que les immenses écarts vus au cours de la compétition se maintiennent ou s'accroissent. Au cours des trente premiers matches de la compétition, seuls quatre se sont terminés avec un écart de moins de sept points et la moitié avec un écart de quarante points ou plus.

Et sur ce plan, tous les voyants ne sont pas au vert: pour l'équipe d'Ecosse, quart de finaliste, plus de la moitié des 32 joueuses du groupe n'auront pas de contrat fédéral à la fin de la compétition.

- Financement participatif -

La moitié des joueuses des Samoa a dû avoir recours au financement participatif pour disputer la compétition, avait aussi repéré le quotidien anglais The Guardian. Si World Rugby a pris en charge les frais de l'équipe pendant la compétition, toutes les joueuses sont amatrices et le temps passé en Angleterre ne leur apporte pas de revenus, d'autant qu'elles n'ont pas de contrat avec la fédération.

Même l'équipe du Canada, deuxième nation mondiale et qualifiée pour la finale, a lancé un financement participatif visant à obtenir un million de dollars, en plus des 2,6 millions de la fédération, pour participer dans les meilleures conditions à la compétition. A l'approche du Mondial, 90% du montant avait été récolté et les dons ont continué depuis.

La nouvelle organisation des matches internationaux jusqu'au prochain Mondial en Australie consacre aussi un rugby à plusieurs vitesses, avec les 12 premières équipes mondiales qui vont se rencontrer dans l'élite et six autres invitées à participer entre elles à un tournoi secondaire.

I.Paterson--TNT

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