The National Times - Tour de France: Vauquelin, chef de file et chef de coeur

Tour de France: Vauquelin, chef de file et chef de coeur


Tour de France: Vauquelin, chef de file et chef de coeur
Tour de France: Vauquelin, chef de file et chef de coeur / Photo: © AFP

Malgré une nouvelle journée sans victoire vendredi, les espoirs français au Tour de France ont encore été brillamment incarnés par Kévin Vauquelin, troisième au classement général et qui enjolive le maigre bilan tricolore jusque-là en emportant la foule avec lui.

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"Là, je fais du vélo, pour changer un peu...": perché sur son home-trainer après avoir récupéré cette troisième place au soir de la septième étape, le Normand prend le temps de plaisanter avec ses supporters, de rendre les sourires au public plus nombreux chaque soir devant le car d'Arkéa-B&B Hotels et d'échanger avec son père.

Septième de l'étape, après deux montées ébouriffantes de la côte de Mûr-de-Bretagne, Vauquelin a tenu tête aux favoris, et est même remonté au classement en profitant du jour sans de Mathieu van der Poel.

Pris dans une petite cassure au début de la deuxième ascension, le Français a souffert face au train des UAE de Tadej Pogacar, mais ne termine qu'à deux secondes du maillot jaune slovène.

- "Une dinguerie" -

Et même si le peloton a quitté sa Normandie natale pour venir s'échiner sur les routes tortueuses de Bretagne, il a une fois de plus été acclamé, confirmant un statut tout nouveau qui se renforce chaque jour dans l'esprit du public.

Récemment, "il a fait deuxième au Tour de Suisse, mais il a gagné le coeur des Français", déclare à l'AFP son père Bruno, les yeux encore rougis par les larmes de longues minutes après la fin de l'étape.

Comme son père, sans cesse étonné par la tournure des événements et l'engouement, le coureur de 24 ans vit "une dinguerie": "C'est une vraie folie, j'ai vu encore des pancartes avec ma tête quand j'étais en +full lactic+ (une référence à l'acide lactique produite durant un effort violent, NDLR), ça me donne juste envie de me surpasser encore plus".

Porté par les encouragements, il apprend également à toute vitesse dans le rôle de coureur du classement général, presque malgré lui.

"Il faut que ce début de Tour de France me serve vraiment pour l'avenir, la notoriété dans le peloton me permet de me placer un peu plus à l'avant, ça me permet d'être au contact des meilleurs", analyse-t-il.

"En jouant les premiers rôles à chaque fois, mon corps s'améliore, c'est pour ça qu'on voit Jonas (Vingegaard), Remco (Evenepoel) ou même Tadej (Pogacar) s'améliorer d'année en année", estime Vauquelin.

"C'est vrai qu'il est très fort, dans son corps et dans sa tête, il va en claquer une!", prédit son père.

Cela ferait un bien fou à un cyclisme français qui tourne autour d'une victoire d'étape depuis le grand départ de Lille avec six Top 5 mais aucun podium.

Ils se sont encore montrés vendredi dans les pentes sévères d'un final a priori destiné aux puncheurs, où Romain Grégoire, cité parmi les prétendants, a souffert.

"Ca a fait le pied à bloc directement, ça avantage les meilleurs coureurs", a dit le coureur de Groupama-FDJ après la course, sans se dire résigné face à la domination de Pogacar.

- "Pas le même vélo" -

"On n'est pas étonné, ça fait quelques mois, quelques années qu'on vit ça", a affirmé le Bisontin de 22 ans, finalement 13e, derrière Axel Laurance (9e) et le coureur de TotalEnergies Jordan Jegat.

"La première (ascension), je savais que ça allait monter vite, mais à ce point-là, je ne m'y attendais pas", a expliqué Jegat. "Et après, une fois que j'ai réussi à recoller aux favoris, franchement, c'est pas le même vélo quand on est dans la roue de Pogacar et compagnie", a-t-il poursuivi.

Le Breton Ewen Costiou avait lui tenté de prendre les devants devant son public pour "une journée inoubliable", avant d'être pris dans une chute collective en fin d'étape. Sans gravité pour lui, le gadin a coûté plus cher à d'autres Français, bien égratignés comme Louis Barré ou Guillaume Martin-Guyonnet.

Ils auront deux jours, réservés aux sprinteurs, pour se retaper. Avant de repartir à la chasse aux étapes, dans le sillage de Vauquelin.

T.F.Russell--TNT

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