The National Times - Roland-Garros: Carlos Alcaraz, le champion qui aime s'amuser

Roland-Garros: Carlos Alcaraz, le champion qui aime s'amuser


Roland-Garros: Carlos Alcaraz, le champion qui aime s'amuser
Roland-Garros: Carlos Alcaraz, le champion qui aime s'amuser / Photo: © AFP/Archives

A 22 ans et déjà cinq titres du Grand Chelem à son palmarès, Carlos Alcaraz a des ambitions dévorantes, à la hauteur de ses envies de liberté en dehors du circuit.

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Monstre de précocité, ce prodige aussi pressé que combattant acharné a été le plus jeune N.1 mondial de l'histoire à 19 ans, grâce à son premier sacre majeur, en 2022 à l'US Open.

Sur un court, le jeune homme va très, très vite. Ce qui lui permet souvent d’écœurer ses adversaires à force de renvoyer toutes les balles, les plus éloignées, les plus puissantes, les plus vicieuses, les plus désespérées, pour in fine remporter un point qui semblait inéluctablement perdu.

"Carlitos" l'a encore prouvé dimanche, en dominant malgré deux sets de retard le N.1 mondial Jannik Sinner en 5h29, la plus longue finale de Roland-Garros dans l'ère Open (inaugurée en 1968).

Ce qui frappe chez lui, c'est son sourire qui surgit souvent en plein match, et combien le plaisir du jeu imprègne son discours. Le Murcien entretient aussi un rapport ambivalent avec le très haut niveau qui exige de nombreux sacrifices.

"J'ai envie de devenir le plus grand de l'histoire mais le plus important, c'est de m'amuser", résume-t-il dans le documentaire Netflix "A ma manière" sur sa saison 2024 hors normes, magnifiée par le doublé Roland-Garros/Wimbledon.

- Les doutes de Ferrero -

Son entraîneur Juan Carlos Ferrero, n'est pas tendre avec lui. "Il a une façon tellement différente d'appréhender le travail et le sacrifice, que j'en arrive à douter qu'il puisse réellement devenir le meilleur joueur de l'histoire", tranche l'ex-N.1 mondial, qui l'a pris sous son aile quand il avait 15 ans, dans son académie de Villena, à une grosse heure de chez Alcaraz.

La rencontre avec le vainqueur de Roland-Garros 2003 l'a profondément marqué. "Ça a changé ma vie. J'ai évolué, je suis devenu plus dur sur le court", assure le jeune surdoué.

Outre ses aptitudes hors normes, l'Espagnol transpire l'humilité, rappelant son illustre compatriote Rafael Nadal auquel on le renvoie très tôt dans sa carrière.

En mai 2023, Carlos Alcaraz joue son premier Roland-Garros en tant que N.1 mondial. Le jeune prodige espagnol plie physiquement en demi-finale sous la pression de Novak Djokovic, futur vainqueur, mais l'étiquette encombrante de "prochain Nadal" est vite collée sur son dos.

"Cela dure depuis des années sur les réseaux sociaux. Mais j'essaie de ne pas me laisser distraire: je pense à moi, à mes progrès. Je suis de Murcie, lui de Majorque. Il est gaucher, pas moi. Quand j'étais petit, j'étais tout sauf un guerrier, j'étais petit, frêle, pas vraiment puissant", rappelait-il en juin 2022 au quotidien italien Corriere della Serra.

C'est à quatre ans que Carlitos a commencé à taper ses premières balles, sur les courts ou seul contre le mur du club de tennis dirigé par son père, à El Palmar, où il vit toujours auprès de ses parents et ses trois frères.

"A cinq ou six ans, Carlos avait déjà des qualités naturelles, une très bonne coordination et surtout une capacité à apprendre très vite. Il pouvait copier ce qu'il voyait sur le court", a raconté son père à Trans World Sport.

- Joueur complet -

A 22 ans, le voilà déjà complet avec cinq titres en cinq finales de Grand Chelem jouées (US Open 2022, Wimbledon 2023 et 2024, Paris 2024 et 2025) et une performance rare: s'être imposé sur les trois surfaces des tournois majeurs (la terre battue parisienne, le gazon londonien et la surface dure que New York a en comme avec Melbourne, qui lui résiste pour l'instant).

Bizarrement, lui qu'on dit prédestiné pour la terre battue s'est d'abord imposé à Flushing Meadows et à Wimbledon avant d'être couronné porte d'Auteuil.

Car après sa défaite en 2023 en demi-finale à Paris, il avait créé la surprise en maîtrisant quelques semaines plus tard Djokovic en finale à Wimbledon, où le Serbe restait sur quatre titres d'affilée.

Alcaraz lui ne disputait alors que son quatrième tournoi sur gazon sur le circuit principal. "Je ne pensais pas que mon jeu et mes déplacements (s'adapteraient) si vite", s'était-il félicité après sa victoire juste avant, sur le gazon du Queen's.

Depuis le départ à la retraite de trois des membres du "Big 4", la nouvelle rivalité qui anime le circuit masculin est celle que l'actuel N.2 mondial entretient avec Jannik Sinner, N.1.

"Notre rivalité est très belle" et "sans la comparer à celles de légendes comme Borg-McEnroe, Rafa-Roger, ou Djokovic dans le +Big 3+", Alcaraz sent que "les gens sont impatients chaque fois que j'affronte Jannik".

Alcaraz a pris le dessus à Roland-Garros. Le rendez-vous est donc pris, dès la finale de Wimbledon en juillet. Et pour la décennie à venir?

F.Lim--TNT

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