The National Times - Des Syriens rêvent de gagner dans les arènes équestres autrefois réservées aux Assad

Des Syriens rêvent de gagner dans les arènes équestres autrefois réservées aux Assad


Des Syriens rêvent de gagner dans les arènes équestres autrefois réservées aux Assad
Des Syriens rêvent de gagner dans les arènes équestres autrefois réservées aux Assad / Photo: © AFP

Pour la première fois, Ziad Abou al-Dahab vise la victoire dans une compétition d'équitation près de Damas, un scénario impensable sous Assad, dont le clan contrôlait étroitement ce sport en Syrie.

Taille du texte:

"Les résultats étaient connus d'avance, toujours en faveur des cavaliers proches du pouvoir", avant la chute de l'ancien président Bachar al-Assad en décembre, raconte Ziad Abou al-Dahab, 25 ans.

"Mon plus grand rêve, à l'époque, était de finir troisième", ajoute-t-il, en marchant aux côtés de son cheval bai. "Il était impossible de rivaliser avec la famille au pouvoir, car nos chevaux locaux ne faisaient pas le poids face à leurs chevaux européens."

A l'entrée du club équestre de Dimas, près de Damas, trône une statue de Bassel al-Assad à cheval, fils aîné de l'ancien président Hafez al-Assad et frère de Bachar, et dont la tête est recouverte du nouveau drapeau syrien.

Destiné à succéder à son père, Bassel est mort dans un accident de voiture, laissant la place à Bachar, devenu président en 2000.

L'équitation en Syrie a connu un essor remarquable dans les années 1990, lorsque Bassel al-Assad en a fait sa passion, participant à des compétitions locales et internationales et se faisant connaître comme "le premier cavalier du pays".

Sa popularité et son statut politique ont contribué à mettre en lumière ce sport et à en élargir la pratique. Depuis, l'équitation a été fortement associée au nom de Bassel al-Assad et intégrée à l'identité sportive officielle de l'Etat.

L'ancien pouvoir a même donné le nom de "Bassel" à de nombreuses institutions publiques et infrastructures, et érigé dans plusieurs villes des statues le représentant à cheval, renforçant le lien entre le clan Assad et l'équitation, au point que ce sport est devenu un symbole de leur influence dans l'espace public.

- "Compétition impossible" -

Cette présence s'est transmise à la génération suivante, notamment à travers Cham, fille de Maher al-Assad, le frère de l'ex-président, qui a participé à des compétitions internationales.

Ses participations, largement couvertes par les médias, ont illustré l'usage de ce sport par le régime comme outil de propagande.

Ce monopole sur l'équitation a poussé le père de la cavalière Mounana Chaker, 26 ans, à lui interdire de poursuivre son rêve de monter à cheval, par crainte de l'ancien pouvoir, jusqu'à sa chute.

"Mon père m'a interdit de pratiquer ce sport, car il avait peur de la famille au pouvoir, il me répétait sans cesse que la compétition était impossible", relate-t-elle en caressant sa jument blanche.

"Il ne voulait absolument pas que nous côtoyions les membres de la famille Assad. Il m'a raconté l'histoire de ce cavalier emprisonné après avoir battu Bassel al-Assad. Il ne voulait pas me mettre en danger", explique-t-elle.

Dans les années 1990, le cavalier Adnan Qassar s'est fait un nom en brillant dans une même compétition que Bassel, ce qu'il lui a valu 21 ans d'emprisonnement, avant d'être libéré par décret présidentiel en 2014.

"J'ai longtemps été éloignée de ce sport, mais il est temps de revenir avec force. Je suis de la famille Chaker, pas de la famille Assad", déclare Mme Chaker.

- "Un rêve devenu réalité" -

Alors que les préparatifs vont bon train pour une compétition locale, l'entraîneur Chadi Abou al-Dahab, 48 ans, supervise environ 240 chevaux, parmi lesquels des races européennes, autrefois réservées aux Assad, dans un centre dédié à Dimas.

"Environ quarante chevaux et juments étaient exclusivement réservés à la famille Assad. Personne n'avait le droit de s'en approcher."

A présent, il constate l'arrivée de nombreux nouveaux visages désireux de s'inscrire et de participer à ce sport. "Nous avons désormais beaucoup de cavaliers ambitieux", se réjouit-il.

Tout ému, l'entraîneur Salah Al-Ahmad, 52 ans, encourage son fils Jawad, qui réalise enfin son rêve de monter la jument Topsy, longtemps réservée à Cham al-Assad.

"Il rêvait de la toucher, de lui caresser la tête. Aujourd'hui, dans cette nouvelle ère, la jument est à lui. Il a remporté deux compétitions avec elle. C'est un rêve devenu réalité."

P.Jones--TNT

En vedette

Stationnement F1 São Paulo : jusqu'à 500 R$ par jour en l'absence de places officielles

L'approche du Grand Prix de Formule 1 à São Paulo révèle une crise logistique majeure : l'absence totale de places de stationnement officielles pour le public général pousse les spectateurs vers des parkings improvisés aux tarifs exorbitants, atteignant jusqu'à 500 reais par jour. Les organisateurs et la police insistent sur l'usage des transports en commun.

Cercle Bruges : Pedro Caixinha succède à Lars Friis comme entraîneur

Malgré sa première victoire de la saison en championnat dimanche contre l'Antwerp, le Cercle Bruges s'est séparé de son entraîneur Lars Friis et l'a remplacé par le Portugais Pedro Caixinha jusqu'à la fin de la saison, a annoncé le club de Jupiler Pro League lundi. Friis, 50 ans, avait été nommé à la tête du Cercle en mars dernier, assurant le maintien du club en Jupiler Pro League.

Route du Rhum : Francis Joyon secouru après le chavirage de son voilier

Le navigateur Francis Joyon (Océans), vainqueur de la Route du Rhum 2018, a chaviré lundi en mer Celtique au deuxième jour de course, a annoncé l'organisation, précisant qu'il n'était "pas blessé" mais qu'une "opération de secours" avait été déclenchée. "Francis Joyon s'est retourné (...

Route du Rhum : Violette Dorange raconte sa collision au début de la course

La Route du Rhum ne commence pas comme prévu pour Violette Dorange. La navigatrice de 25 ans est entrée en collision avec un autre concurrent ce dimanche, quelques heures après le départ de Saint-Malo, au large de l'île de Bréhat.

Taille du texte: