The National Times - Cyclisme: monter ou descendre, une lutte existentielle dans le peloton

Cyclisme: monter ou descendre, une lutte existentielle dans le peloton


Cyclisme: monter ou descendre, une lutte existentielle dans le peloton
Cyclisme: monter ou descendre, une lutte existentielle dans le peloton / Photo: © AFP/Archives

La lutte pour le maintien dans le World Tour, la première division du cyclisme, sert de fil rouge à la saison 2025, la dernière d'un cycle de trois ans. Pour certaines équipes, c'est une question de vie et de mort, dont Astana, en pleine remontada.

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Tous les trois ans, c'est le branle-bas de combat lorsque le classement UCI des équipes est arrêté et les pouces distribués. Les 18 formations les mieux classées repartent dans le World Tour pour un nouveau cycle de trois ans; les suivantes restent ou descendent à l'échelon inférieur, le Pro Tour.

On y est: le verdict tombe à la fin de cette saison. Et l'enjeu est colossal.

Car figurer dans l'élite garantit une visibilité à terme pour les parraineurs et offre des invitations automatiques pour les 36 épreuves World Tour, dont les trois grands Tours, les principales classiques et des courses comme Paris-Nice qui commence dimanche.

A l'étage du dessous, il faut figurer dans les deux premiers pour être certain d'être convié. Les quelques invitations restantes (entre deux et cinq) sont à la discrétion des organisateurs qui sont aussi attentifs aux stars. Les équipes suisses de deuxième division Tudor et Q36.5 l'ont bien compris en recrutant Julian Alaphilippe et Tom Pidcock pour maximiser leurs chances d'être choisies.

- "Pas le choix" -

"Si on perd notre licence World Tour, le sponsor peut changer d'horizon. Dans certaines cas, l'équipe ferme carrément. Ça met en danger le travail de beaucoup de monde", résume auprès de l'AFP Benjamin Thomas, dont l'équipe Cofidis est en position précaire.

En début d'année, avant même la troisième et dernière saison du cycle, deux formations de deuxième division, Lotto et Israel PT, avaient déjà quasiment assuré leur remontée dans le Word Tour.

Les équipes française Arkéa-B&B Hotels et surtout kazakhe XDS Astana étaient les plus en danger pour prendre le chemin inverse, alors que Cofidis et l'équipe néerlandaise Picnic restent menacées.

Depuis, Astana réussit une remontada spectaculaire avec trois victoires et une ribambelle de Top 10, au point de figurer cette semaine en deuxième position derrière UAE au classement 2025, rendant tout à coup le maintien envisageable.

"On n'a pas le choix, on doit rester en World Tour pour continuer à exister", expliquait fin janvier le manager Alexandre Vinokourov au journal L'Equipe, livrant au passage les recettes pour espérer une telle remontée.

"On a surtout recruté des coureurs qui peuvent nous rapporter des points comme Wout Poels, Diego Ulissi, Fausto Masnada, Clément Champoussin ou Sergio Higuita (...) On a beaucoup travaillé sur les choix de courses rentables grâce à un logiciel créé par notre data-analyst qui nous guide sur telle ou telle épreuve en fonction de la concurrence et donc des probabilités de récupérer ou pas des points UCI. On a choisi par exemple de ne pas aller au Tour de l'Algarve car avec Jonas Vingegaard, Primoz Roglic mais aussi une grosse équipe UAE, on avait plus de chances de revenir bredouilles."

- "Calculs d'épiciers" -

Pour chasser les points UCI, plusieurs équipes ont recours aux mêmes méthodes: un recrutement ciblé, comme celui de Dylan Teuns ou Alex Aranburu chez Cofidis, et des logiciels pour optimiser le calendrier, un véritable art en soi.

Bien choisir ses courses - celles d'un jour rapportent généralement plus de points que celles par étapes - et parfois privilégier de placer plusieurs coureurs dans le Top 10 plutôt qu'avoir un coureur victorieux soulève régulièrement des critiques. Comme celles du manager d'EF Education Jonathan Vaughters qui peste contre ces "calculs d'épiciers" propres à dénaturer l'essence même de ce sport.

"Ça n'a jamais été dans la philosophie de l'équipe de courir pour ramener des points UCI, on préfère viser la gagne", souligne aussi Warren Barguil de l'équipe Picnic auprès de l'AFP. "Après, c'est sûr que si au mois de juin on est dans la zone de relégation, on stressera plus et on va essayer de scorer au maximum."

On a ainsi vu en 2022, lors de la clôture du précédent cycle, plusieurs équipes rajouter des petites courses à leur programme de fin de saison pour engranger au maximum.

"Ce n'est pas une fin en soi mais le World Tour, il vaut mieux y être. Alors on va se battre jusqu'au bout", insiste Emmanuel Hubert, le patron de l'équipe Arkéa-B&B Hotels.

C.Blake--TNT

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