The National Times - Seul aux commandes de Twitter, Elon Musk imprime sa marque

Seul aux commandes de Twitter, Elon Musk imprime sa marque


Seul aux commandes de Twitter, Elon Musk imprime sa marque
Seul aux commandes de Twitter, Elon Musk imprime sa marque / Photo: © TED Conferences, LLC/AFP

Conseil d'administration remercié, équipes mobilisées, sondages et promesses en tout genre: Elon Musk, le nouveau dirigeant de Twitter, n'a pas perdu de temps à imprimer sa marque sur l'influent réseau social.

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Le patron de Tesla et SpaceX a racheté l'entreprise californienne jeudi, et a immédiatement dissous le conseil d'administration, devenant ainsi le "seul administrateur de Twitter", d'après un document officiel remis lundi à l'autorité de régulation des marchés financiers (SEC).

Il a aussi évincé plusieurs hauts responsables, dont l'ex-directeur général Parag Agrawal, et lancé plusieurs chantiers d'envergure, d'après plusieurs médias américains et des salariés.

Des ingénieurs de Twitter ont ainsi commencé dès ce week-end à travailler sur la refonte du système d'abonnement et de vérification des comptes.

L'idée serait d'ajouter aux fonctionnalités pratiques payantes lancées l'an dernier le service de vérification - la coche bleue qui certifie l'identité des usagers - et d'augmenter le prix à 20 dollars par mois au lieu de 5.

Les utilisateurs ayant déjà obtenu cette certification la perdraient au bout de trois mois s'ils refusaient de souscrire au nouvel abonnement, d'après The Verge.

Les ingénieurs concernés sont censés travailler sans relâche pour transformer l'option d'ici le 7 novembre, et ont été informés que leur emploi était en jeu.

Le nouveau patron a aussi demandé à des équipes de relancer Vine d'ici la fin de l'année.

Twitter avait racheté cette application de vidéos ultra courtes en 2012, longtemps avant que TikTok ne popularise ce format pour de bon, mais l'avait remisée quatre ans plus tard.

- "Sbires de Tesla" -

Elon Musk, qui s'est rebaptisé "Chief Twit" sur son profil ("twit" voulant dire "crétin" en anglais), a fait venir dès vendredi des développeurs de Tesla pour passer en revue le travail d'employés de Twitter.

D'après le Washington Post, le multimilliardaire envisage de congédier quelque 75% des 7.500 employés de sa nouvelle société.

"Le processus de licenciement en cours est une farce et une honte. Des sbires de Tesla prennent des décisions sur des gens dont ils ne savent rien à part le nombre de lignes de codes produites. C'est complètement absurde", a tweeté dimanche Taylor Leese, le directeur d'une équipe d'ingénieurs qui dit avoir été mis à la porte.

L'homme le plus riche du monde aura pourtant besoin de personnel pour révéler le "potentiel incroyable" qu'il voit dans la plateforme jusqu'à présent peu rentable.

L'essentiel des revenus de Twitter proviennent actuellement des marques, soucieuses d'adosser leurs publicités à des contenus consensuels.

Elon Musk leur a détaillé jeudi sa vision d'une "place publique en ligne" où toutes les opinions peuvent s'exprimer sans que cela ne devienne "infernal".

Et lundi, il s'est rendu à New York, où son équipe a rencontré plusieurs annonceurs pour tenter de les rassurer, d'après The Information.

Vendredi, le constructeur automobile General Motors a annoncé retirer temporairement ses pubs de Twitter.

- "Troll Elon" -

Elon Musk a promis de former un "conseil de modération des contenus" pour fixer les limites, qu'il juge trop contraignantes actuellement, comme de nombreuses personnalités politiques de droite.

Pour l'instant, le fantasque dirigeant aux 112 millions d'abonnés semble assurer lui-même le service après-vente.

Il a répondu à diverses plaintes d'utilisateurs accusant Twitter de censure, soulignant à l'un que le réseau devait "être équilibré et ne favoriser aucun côté" et à une autre que les profils "suspendus pour des raisons mineures ou douteuses (seraient) libérés de la prison de Twitter".

Dimanche, il a lui-même supprimé un de ses tweets, qui comportait un lien vers une théorie du complot sur l'agression du mari de Nancy Pelosi, la cheffe des démocrates au Congrès.

"Le troll Elon devrait alerter du retrait (de ce tweet) le chef de Twitter Elon", a commenté l'ancien rapporteur spécial de l'ONU pour la liberté d'expression David Kaye, ironisant sur les différentes casquettes du milliardaire.

Dès l'annonce du rachat par le milliardaire libertarien, la plateforme a fait face à un regain d'activité de la part de comptes malveillants, tweetant en rafale le "N-word", injure raciste imprononçable aux Etats-Unis.

"Il s'agit d'un petit nombre de comptes", qui sont pour la plupart "inauthentiques", a réagi Yoel Roth, le responsable de la sûreté sur le site, précisant avoir pris des mesures contre les auteurs.

"Musk va devoir gravir une montagne de la taille du Kilimandjaro pour réparer Twitter", a commenté l'analyste Dan Ives, évoquant les problèmes de monétisation des contenus, d'engagement des utilisateurs et de concurrence d'autres applications.

S.Cooper--TNT

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