The National Times - Climat: réunie à Paris, la finance française attendue au tournant

Climat: réunie à Paris, la finance française attendue au tournant


Climat: réunie à Paris, la finance française attendue au tournant
Climat: réunie à Paris, la finance française attendue au tournant / Photo: © AFP/Archives

Pressée d'en faire plus face à la crise climatique, la finance française se retrouve jeudi pour le Climate Finance Day, le rendez-vous de la Place de Paris dédié au réchauffement climatique, avec des engagements encore loin du compte selon ONG et experts.

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Il s'agit de la 8e édition de cet événement, et les promesses climatiques du secteur sont encore loin d'être en conformité avec l'objectif de l'Accord de Paris signé en 2015.

"Nous constatons tous qu'il faut accélérer (...) ça ne va pas assez vite et ça ne va pas assez loin", reconnaît auprès de l'AFP Pauline Becquey, directrice générale de Finance For Tomorrow, organisatrice du rendez-vous.

Selon le rapport publié par l'organisation, "en dépit d'une vague d'adhésion à l'objectif de neutralité carbone, les banques, assureurs et gestionnaires et propriétaires d'actifs peinent encore à prendre des engagements concrets sur la sortie des énergies fossiles".

Quant à savoir s'il y a du progrès, l'ACPR, le superviseur des banques et de l'assurance, et l'Autorité des marchés financiers ont jugé mardi dans une étude que "les préconisations formulées lors des deux précédents rapports ont, dans l’ensemble, été assez peu suivies".

Selon les rédacteurs, "les approches demeurent encore hétérogènes" et la concrétisation des engagements "reste insuffisante".

La Banque centrale européenne (BCE) avait en juillet demandé aux banques de la zone euro de renforcer "urgemment" la prise en compte des risques climatiques dans leur stratégie. "Actuellement, les banques sont loin de respecter les bonnes pratiques", avait tancé la BCE.

- Pas d'annonces fortes ? -

Si les engagements de la finance en faveur de l'abandon du charbon sont souvent loués, les ONG insistent depuis plusieurs années pour l'arrêt des financements aux entreprises développant de nouveaux projets pétroliers et gaziers, sans succès pour le moment.

Ceux qui tablent sur des annonces fortes ce jeudi risquent toutefois d'être déçus: "nous devons continuer à nous assurer que les banques respectent bien leurs engagements, mais il n'est plus à l’ordre du jour de prendre des engagements d’exclusion supplémentaires", a averti mardi dans le Figaro, Laurent Mignon, patron pour encore deux mois de BPCE, et actuel président de la Fédération bancaire française (FBF).

Face aux risques de critiques, le lobby bancaire a bien essayé de prendre les devants, en communiquant mardi sur "le financement massif des énergies renouvelables et des activités vertes et durable" avec un montant total des crédits verts et durables représentant plus de 100 milliards d’euros à fin 2021, selon lui.

Une "manipulation", selon Lucie Pinson, fondatrice de l'ONG Reclaim Finance.

En réaction au discours des banques, l'organisation a ainsi publié une note, illustrée par un homme en costume avec un nez de Pinocchio.

Elle relève notamment le fait qu'une hausse des énergies renouvelables ne suffira pas si l'expansion pétrolière et gazière ne cesse pas dans le même temps.

- BNP Paribas mis en demeure -

Les experts interrogés par l'AFP l'assurent, les ONG "ont raison" sur le fond, même si la finance n'est "ni en avance, ni en retard par rapport à l'économie", souligne Virginie Wauquiez et Laurent Morel, du cabinet de conseil Carbone 4.

Certains établissements, comme CNP Assurances ou Crédit Mutuel Alliance Fédérale (qui regroupe 14 des 18 fédérations du groupe, ainsi que le CIC), ont adopté des politiques d'exclusion plus strictes, mais leur poids dans le financement de l'industrie pétro-gazière est négligeable, notamment comparé au géant bancaire BNP Paribas, bête noire des militants écologistes.

Oxfam, Les Amis de la Terre et Notre Affaire à Tous ont d'ailleurs mis en demeure mercredi la banque de cesser son soutien à l'expansion des énergies fossiles.

En étant le "premier financeur européen et le 5e mondial" pour le "développement" des énergies fossiles, avec "55 milliards de dollars de financements accordés entre 2016 et 2021" uniquement à de nouveaux projets pétroliers et gaziers, la banque ne respecte pas son "devoir de vigilance" sur les risques environnementaux, estiment les associations.

W.Baxter--TNT

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