Présidentielle: Mélenchon veut remplacer le directeur de Bpifrance
Le candidat Insoumis à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, a annoncé mercredi sa volonté de remplacer le directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, en cas d'accession à l'Elysée en mai prochain.
"L'actuel pôle public financier qui existe par la loi, il existe, mais il n'a aucun pilotage. Ou plus exactement, le pilotage, c'est que le marché vive", a indiqué M. Mélenchon lors d'une conférence de presse pour présenter le nouveau pôle public bancaire que souhaite organiser La France insoumise.
"Le directeur de Bpifrance (...) n'en fait qu'à sa tête parce que personne ne contrôle rien, personne ne peut lui donner d'ordre. Et comme par hasard, il ouvre la bouche. Et pour dire des horreurs avec lesquelles nous sommes en désaccord fondamental. Il est clair que sa présence à la tête de cette banque est incompatible avec la nôtre, à la tête de l'Etat", a ajouté M. Mélenchon, qui est déjà en conflit ouvert avec le gouverneur de la Banque de France.
Lors de cette conférence de presse, LFI a dévoilé son plan pour faire passer l'investissement public du pôle financier de "100 milliards d'euros par an à 200 milliards par an".
La nationalisation des banques, comme effectuée par François Mitterrand en 1982, n'est cependant pas "à l'ordre du jour", a souligné Jean-Luc Mélenchon.
Pour nourrir son pôle public bancaire, qui doit financer plusieurs programmes d'investissements insoumis, LFI entend mettre en place des "mécanismes de réorientation de l'épargne française non contraignants et toujours rémunérateurs pour les épargnants".
La France insoumise entend donc notamment augmenter le plafond du livret A de 23.000 à 30.000 euros (ce qui permettrait de dégager 40 milliards d'euros supplémentaires selon elle) et en augmenter le taux d'intérêt pour le mettre au niveau de l'inflation.
"On créera un plan d'épargne à long terme, un livret B si vous voulez, qui sera adossé à un fonds de production, de reconversion productive. Ce livret B, ce sera de l'épargne à trois, cinq, dix ans. Donc il sera bloqué pour un certain nombre d'années, mais évidemment avec un taux d'intérêt supérieur puisqu'il faut le rendre attractif", a développé la députée Aurélie Trouvé, ancienne présidente de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.
V.Allen--TNT