Trump renvoie son ambassadrice en Grèce, Kimberly Guilfoyle, éclaboussée par des scandales
Donald Trump a demandé la démission de l'ambassadrice des États-Unis en Grèce, Kimberly Guilfoyle, fragilisée par une série de révélations compromettantes, a déclaré mardi la nouvelle porte-parole de la Maison Blanche.
"Nous avons demandé à l'ambassadrice Guilfoyle de démissionner", a déclaré la porte-parole Katie Zacharia pour son premier point presse à la Maison Blanche depuis sa nomination.
La veille, le dirigeant républicain avait confirmé y réfléchir, disant que "nous ne sommes pas contents".
Cela survient quelques jours après la visite du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio à Athènes durant laquelle il s'était refusé à commenter sur le fond les révélations de la presse américaine.
Le Wall Street Journal a publié une série d'articles embarrassants pour cette ancienne animatrice de Fox News devenue une figure du mouvement trumpiste "Make America Great Again".
Selon le quotidien, captures d'écran à l'appui, Kimberly Guilfoyle a échangé durant des mois avec Eric Deters, un juriste et ancien candidat au Congrès pour l'État du Kentucky, qui cherchait une intervention de l'administration Trump afin de résoudre ses problèmes avec le fisc.
Depuis 2020, ce riche donateur républicain a versé des centaines de milliers de dollars à la famille Trump et en soutien au camp du candidat vainqueur de la présidentielle de 2024.
Mais la demande de juillet 2025 de Kimberly Guilfoyle semble être plus personnelle, elle consistait à régulariser le solde de sa carte de crédit: "Chéri, j'ai besoin que tu me fasses cela aujourd'hui", a-t-elle écrit.
"Cela ne se verra pas si tu vires l'argent à American Express", aurait-elle conseillé sur la messagerie Signal.
Eric Deters n'a pas donné suite, assurant que cela mettrait en péril son mariage, selon le Wall Street Journal, qui précise qu'un avocat de l'ambassadrice Guilfoyle a contesté l'authenticité des messages publiés, sans autres détails.
Dernière révélation en date, le Wall Street Journal a rapporté samedi dernier, cette fois sur la base d'enregistrements, des conversations dans lesquelles l'ambassadrice se vante de voyages et de séjours luxueux payés par de riches hommes d'affaires grecs.
La presse américaine s'est aussi fait l'écho ces derniers jours d'autres possibles conflits d'intérêts impliquant Kimberly Guilfoyle, ex-fiancée de Donald Trump Jr, fils aîné du président américain, et qui fut également l'épouse du gouverneur démocrate de Californie Gavin Newsom.
- Les Grecs "profiteurs" -
Il n'était pas immédiatement clair si elle avait accepté de démissionner.
Le dernier message en date de l'intéressée sur X, lundi, la montre aux côtés de l'ambassadeur d'Espagne en Grèce, lors d'une réception à l'occasion de la fête nationale espagnole.
Ancienne procureure en Californie, cette femme de 57 ans, née à San Francisco, avait été nommée par Donald Trump ambassadrice des États-Unis en Grèce en décembre 2024 mais n'était arrivée à Athènes que près d'un an plus tard.
Elle fut longtemps employée par la chaîne de télévision Fox News et la presse grecque a ressorti des déclarations de 2015, au pic de la crise financière, où elle assurait que les Grecs étaient des "profiteurs" qu'il fallait punir "comme un chien qui fait pipi sur le tapis".
A peine le pied posé à Athènes en novembre 2025, elle fait les délices de la presse people grecque. Une vedette de la chanson populaire grecque, Konstantinos Argyros, organise en effet une soirée spéciale dans une discothèque de la capitale où se retrouvent ministres et hommes d'affaires et où elle apparaît en robe scintillante et s'essaie aux danses traditionnelles grecques.
Les médias grecs n'ont cessé depuis de la suivre dans le moindre de ses déplacements : des conférences consacrées à l'énergie aux soirées mondaines ou à une escapade sur l'île de la jet-set de la mer Egée, Mykonos.
Elle s'est employée à promouvoir les intérêts des États-Unis en Grèce dans les domaines des ports et surtout de l'énergie.
La Grèce joue un rôle clé pour Washington car elle dispose de terminaux GNL en pleine expansion et peut devenir une porte d'entrée du gaz américain vers les Balkans.
S.Cooper--TNT