The National Times - Sécurité XXL, cadeaux et traditions: dans les coulisses d'un voyage du pape

Sécurité XXL, cadeaux et traditions: dans les coulisses d'un voyage du pape


Sécurité XXL, cadeaux et traditions: dans les coulisses d'un voyage du pape
Sécurité XXL, cadeaux et traditions: dans les coulisses d'un voyage du pape / Photo: © AFP/Archives

Papamobile, repérages précis, protocole médical d'urgence... Derrière les bains de foule et les messes géantes, chaque voyage du pape nécessite une préparation millimétrée alliant diplomatie, politique, religion et sécurité.

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Avec 15.000 membres des forces de l'ordre, des sites aussi sensibles que Notre-Dame de Paris ou les Champs-Elysées, la visite de Léon XIV en France (25 au 28 septembre) mobilisera un dispositif de sécurité hors normes.

Si les préparatifs font l'objet d'échanges permanents entre le Vatican et l'Elysée, les prémices de cette visite -- la première d'un pape à Paris depuis 2008 -- sont nées en coulisses, bien avant l'annonce officielle, lorsque la Conférence des évêques de France (CEF) a plaidé la cause de l'Hexagone auprès du souverain pontife.

Conditionnée à une invitation officielle, la sélection du pays se joue ensuite au "cas par cas", en fonction d'"une série de critères, à la fois pastoraux et politiques", un choix "complexe" étroitement lié au contexte international, explique à l'AFP une source vaticane.

Le Saint-Siège prend en compte les tensions géopolitiques, la situation de l'Eglise locale et l'historique des visites précédentes, mais chaque pape imprime sa marque selon ses priorités, souligne la même source. Ainsi, le Polonais "Jean-Paul II (1978-2005) s'était beaucoup rendu dans les pays de l'Est pour dénoncer le communisme".

En 12 ans de pontificat, l'Argentin François a ainsi privilégié les "périphéries" de l'Eglise avec des destinations inattendues (Irak, Mongolie, Papouasie-Nouvelle-Guinée...) tandis que Léon XIV semble sensible à la place de l'Europe et aux grandes institutions internationales.

- Point presse en altitude -

Le Vatican ne possédant pas d'avion officiel, il affrète un appareil commercial auprès de la compagnie nationale italienne ITA Airways pour l'aller, tandis que le vol retour est généralement confié à la compagnie du pays hôte.

À bord, la hiérarchie est immuable: le pape dispose du siège 1A, à l'avant-gauche de la cabine, face à une icône de la Vierge. A ses côtés, sur des sièges frappés des armes du Saint-Siège, la délégation ("suite") composée de ses plus proches collaborateurs: des cardinaux, ses secrétaires particuliers ainsi qu'un médecin.

Costume-cravate sombres et oreillettes de rigueur, une quarantaine d'agents de la Gendarmerie vaticane et de la Garde suisse assurent leur protection rapprochée.

A l'arrière de la cabine, quelque 80 journalistes, photographes et cameramen sont accrédités pour les principaux médias du monde, dont l'AFP. Ces derniers financent l'intégralité des billets de leurs envoyés spéciaux, généralement à hauteur de plusieurs milliers d'euros.

A l'aller, certains lui remettent des cadeaux, parfois insolites (maillots de foot, artisanat local, spécialités culinaires...). Au retour, il se prête à l'un des exercices médiatiques les plus scrutés du pontificat: une conférence de presse à 10.000 mètres d'altitude, dans une cabine saturée de caméras, micros et trépieds.

Outre les effets personnels du pontife et ses discours rédigés des semaines à l'avance, l'appareil transporte des coffres scellés contenant des objets liturgiques (chasubles, mitres) et des dizaines de cadeaux officiels (médailles, chapelets bénis, tableaux...) destinés aux chefs d'État et dignitaires.

- "Très sensible" -

A son arrivée, le pape est sous bonne escorte: avec son double statut de chef d'Etat et de chef des 1,4 milliard de catholiques, il figure parmi les personnalités les plus exposées au monde.

"D'un point de vue sécuritaire, pour nous, c'est très sensible parce que le programme peut changer jusqu'au dernier moment", confie à l'AFP une source de sécurité vaticane. "Tout doit être millimétré, presque à la seconde."

François avait ainsi donné des sueurs froides à ses services de sécurité lors de son déplacement à haut risque en Centrafrique en 2015 puis en Irak en 2021, où il avait plus tard révélé avoir échappé à deux tentatives d'attentat.

La Papamobile, emblématique véhicule blanc, est acheminée à l'avance et souvent doublée d'un véhicule de secours pour parer à tout changement de dernière minute.

En cas d'urgence, l'équipe médicale emporte une réserve de sang du groupe sanguin du pape tandis qu'une suite doit être privatisée, sécurisée et tenue prête H24 dans un hôpital voisin.

G.Waters--TNT

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