The National Times - Le président libanais veut un accord de sécurité avec Israël, qui pourrait préluder à la paix

Le président libanais veut un accord de sécurité avec Israël, qui pourrait préluder à la paix


Le président libanais veut un accord de sécurité avec Israël, qui pourrait préluder à la paix
Le président libanais veut un accord de sécurité avec Israël, qui pourrait préluder à la paix / Photo: © AFP

Le président libanais Joseph Aoun veut parvenir à un accord de sécurité avec Israël une fois que son armée se sera retirée du sud du pays, a-t-il dit dans un entretien exclusif à l'AFP, assurant être déterminé à désarmer le Hezbollah pro-iranien, mais "sans confrontation".

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Lors de cet entretien, qui s'est déroulé mardi, le chef de l'Etat a demandé aux Européens, aux Américains et aux Arabes de soutenir l'armée libanaise, appelée à se déployer dans le sud du pays pour l'heure en partie occupé par Israël.

Il a aussi plaidé pour une force de l'ONU - dont le mandat expire bientôt - d'ici à ce que l'armée libanaise soit prête, afin d'éviter un "vide sécuritaire".

Joseph Aoun se rend mercredi à Paris où il participe jeudi, aux côtés d'Emmanuel Macron et du roi Abdallah II de Jordanie, à une réunion visant à préparer un soutien international au déploiement de l'armée libanaise sur l'ensemble du territoire.

"Nos partenaires arabes et européens, ainsi que les États-Unis et nos amis, doivent assumer avec nous la responsabilité de soutenir l'armée et de renforcer l'État libanais", a-t-il dit.

"Nous ne voulons pas d'un soutien temporaire" à l'armée. "Nous voulons un calendrier à long terme et un plan global", a ajouté l'ancien commandant en chef de l'armée.

Les troupes libanaises doivent se déployer dans le sud après un retrait progressif des forces israéliennes, conformément à un accord-cadre conclu entre le Liban et Israël en juin sous parrainage américain, qui prévoit le désarmement du Hezbollah.

Mais l'application de cet accord-cadre, qui met fin à un conflit qui dure depuis des décennies, piétine.

Les deux parties sont censées l'appliquer "sans imposer un fait accompli par la force", a affirmé le président, en référence à l'occupation par l'armée israélienne d'une partie du sud et à ses frappes continues malgré le cessez-le-feu.

Le chef de l'Etat a défendu les négociations avec Israël, rejetées par le Hezbollah, affirmant que la seule autre option serait la guerre.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans deux guerres successives contre Israël, la première en 2023 pour soutenir le Hamas palestinien et la deuxième en mars dernier en appui à l'Iran, qui ont fait au total près de 9.000 morts selon les autorités.

"Nous œuvrons en premier lieu à un accord de sécurité visant à mettre fin à l'état d'hostilité et à permettre le déploiement de l'armée à la frontière", a expliqué le président.

"Cela pourrait constituer le prélude à un accord de paix ultérieur, mais (..) nous devons avancer étape par étape", à commencer par un retrait israélien, a-t-il ajouté.

- Force temporaire -

Le président a par ailleurs affirmé que le Liban voulait une nouvelle force dans le sud après le départ des Casques bleus de l'ONU, dont le mandat expire fin décembre.

"L'essentiel, c'est qu'il n'y ait pas de vide", a-t-il dit, ajoutant que cette force serait "temporaire, jusqu’à ce que l'armée soit en mesure de se déployer".

Il a ajouté qu'il évoquerait cette question avec Emmanuel Macron, dont le pays est un important contributeur à la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul).

"Quelle que soit la nature de cette force, cela ne me pose aucun problème: européenne, non européenne, américaine, une autre force des Nations unies, asiatique, ou encore un mélange de forces européennes, arabes et asiatiques", a-t-il encore dit.

"Bien sûr la meilleure option est de proroger le mandat de la Finul (..)", a ajouté le président libanais. Mais sous pression américaine, le Conseil de sécurité de l'ONU avait décidé en août 2025 de fixer à décembre la fin du mandat de cette force, témoin impuissant des violences dans le sud depuis 1978.

- Pas négociable -

Le chef de l'Etat a par ailleurs affirmé que la décision du pouvoir libanais de désarmer le Hezbollah n'était "ni négociable ni sujet à débat".

Mais dans le même temps, "l'objectif n'est pas la confrontation (..) Nous sommes déterminés à régler ce dossier de manière pacifique", a-t-il dit, ajoutant qu'il "ne s'agit pas de construire un État au prix d'un conflit sanglant au Liban ou d'une nouvelle guerre civile".

Il a affirmé avoir "été clair avec les Iraniens", parrains du Hezbollah: "vos relations avec le Liban doivent être fondées sur le respect mutuel et la non-ingérence dans les affaires intérieures des Libanais".

Interrogé au sujet des prochaines élections législatives en Israël, il a affirmé qu'il s'agissait d'une question intérieure isarélienne.

"Mais la question que nous souhaitons adresser au peuple israélien, à l'État d'Israël et à tout futur gouvernement est la suivante: veulent-ils la stabilité, la sécurité et l'absence de guerre à leurs frontières, ou pas?", a-t-il dit, soulignant que seul le retrait d'Israël et un déploiement de l'armée libanaise pourrait le réaliser.

L.Graham--TNT

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