The National Times - Brésil: la Cour suprême étale en direct ses divisions avant la présidentielle

Brésil: la Cour suprême étale en direct ses divisions avant la présidentielle


Brésil: la Cour suprême étale en direct ses divisions avant la présidentielle
Brésil: la Cour suprême étale en direct ses divisions avant la présidentielle / Photo: © Brazilian Supreme Court/AFP

La Cour suprême brésilienne s'est déchirée mardi durant une séance houleuse et inédite autour des accusations visant l'un de ses membres, le juge Alexandre de Moraes, au cœur d'une crise qui éclipse la campagne présidentielle.

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Le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva et le sénateur conservateur Flavio Bolsonaro, fils de l'ancien chef de l'Etat Jair Bolsonaro, sont les deux favoris du scrutin, dont le premier tour est prévu le 4 octobre.

Mais la campagne dans le plus grand pays d'Amérique latine se trouve reléguée au second plan par un scandale financier aux multiples ramifications, qui éclabousse des politiques comme Flavio Bolsonaro, mais aussi des magistrats.

Les débats étaient censés permettre aux dix juges de décider ou non d'ouvrir une enquête contre le juge Moraes, décision finalement renvoyée à plus tard.

A l'ouverture, le président de la Cour suprême, Edson Fachin, avait averti: "Le pays a les yeux tournés vers ce tribunal".

Las, l'audience d'environ six heures, placée sous un fort dispositif de sécurité et retransmise en direct à la télévision, a montré l'ampleur des antagonismes.

Le bras de fer oppose d'un côté Alexandre de Moraes, bête noire du camp conservateur, et de l'autre André Mendonça, juge nommé par Jair Bolsonaro durant sa présidence.

Le juge Moraes avait conduit l'an dernier le procès à l'issue duquel le leader d'extrême droite a été condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d'Etat.

- "Mensonge!" -

Ce magistrat est mis en cause pour ses liens présumés avec Daniel Vorcaro, banquier détenu et accusé de l'une des plus grandes fraudes financières de l'histoire du Brésil.

André Mendonça avait rendu public un rapport de police révélant des messages envoyés par Daniel Vorcaro à un numéro attribué à Alexandre de Moraes.

Ce dernier a ensuite répliqué en accusant le juge Mendonça d'abus d'autorité et en demandant que le tribunal enquête sur son collègue.

Mardi, les débats entre les deux hommes, assis côte à côte, ont vite tourné à l'affrontement.

Le juge Moraes a accusé son collègue d'être "au service" de la droite et de demander à la police de faire pression pour obtenir des témoignages contre lui. "C'est un mensonge!", a crié le juge Mendonça.

Le premier a aussi accusé son rival de produire des preuves avec "l'aide d'un organisme externe, probablement un organisme étranger", dans "une tentative évidente d'ingérence extérieure dans les élections".

Le juge Moraes a ensuite rappelé les sanctions que Washington lui a imposées, ainsi qu'à d'autres juges de la Cour, en 2025 pour le procès de Jair Bolsonaro, un allié du président américain Donald Trump.

Un autre magistrat, Flavio Dino, estimant que la crise actuelle "dégrade l'image du tribunal", a obtenu un report qui pourrait aller jusqu'en décembre, soit après le scrutin.

Le dernier mot est revenu à Carmen Lucia, seule femme du tribunal, qui a évoqué son "état de profonde consternation et de tristesse".

"J'ai un peu honte qu'à moins de vingt jours de l'élection, tout tourne autour de ce qui se passe à la Cour suprême", a-t-elle lancé, demandant "pardon au peuple brésilien".

- Pays "sans président" -

Devant le siège de la Cour, quelques centaines de manifestants s'étaient rassemblés avec des pancartes "Moraes, dehors".

"Il est important d'enquêter, et que celui qui a commis la faute paie le prix que le peuple brésilien exige", a dit Lula mardi sur une télévision locale.

Flavio Bolsonaro l'a accablé: "Le président sortant a partagé le pouvoir avec Alexandre de Moraes, et au final le Brésil se retrouve sans président".

Patron de Banco Master, établissement bancaire désormais liquidé, Daniel Vorcaro s'était constitué un vaste réseau dans les cercles du pouvoir.

Le candidat conservateur est lui-même atteint par l'affaire Banco Master. Flavio Bolsonaro fait l'objet d'une enquête pour soupçons de corruption et de blanchiment d'argent dans le financement d'un film sur son père, pour lequel il a obtenu de l'argent du banquier.

Dans un sondage de l'institut Quaest publié lundi, le fils Bolsonaro se place pour la première fois devant Lula dans l'hypothèse d'un second tour, crédité de 42% des intentions de vote, contre 40% pour le sortant. Cette différence demeure toutefois dans la marge d'erreur.

L'enquête montre que la préoccupation pour la corruption est en hausse et l'image de la Cour en baisse.

jss-ffb-lg-tmo/lpa

N.Johns--TNT

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