Les "No-G7" à l'assaut de Genève avant le sommet d'Evian
A la veille du G7 à Evian en France, Genève s'attend à voir converger dimanche des milliers de manifestants, sous étroite surveillance des forces de l'ordre, plus de 20 ans après les violences qui avaient marqué le G8 de 2003.
La coalition "No-G7", qui regroupe associations, syndicats et partis de gauche, a choisi le 14 juin, date en Suisse de la grève féministe - journée annuelle de mobilisation contre les inégalités salariales et les violences sexistes - pour une "riposte internationaliste" aux politiques promues par le G7 et dénoncer "le fascisme et l'impérialisme".
Les autorités suisses, qui ont autorisé la marche, engageront un important dispositif de forces de l'ordre pour contenir tout débordement, et éviter une répétition du fiasco de 2003.
Des groupes violents avaient alors provoqué émeutes, pillages et affrontements avec les forces de l'ordre à Genève et Lausanne, causant des millions de francs de dégâts.
Signe d'un traumatisme encore bien présent dans les esprits genevois, de nombreux commerçants se sont barricadés cette semaine et des plaques de bois aggloméré ornent de nombreuses vitrines dans la ville lacustre, y compris dans des quartiers éloignés du tracé de la manifestation.
De nombreuses manifestations et compétitions sportives ont été annulées et les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont même pris des dispositions exceptionnelles pour faire face à un éventuel afflux de blessés, avec notamment des tentes installées vendredi devant l'entrée de l'enceinte.
"Nous espérons vivre un beau week-end avec de beaux moments", a tenté de tempérer devant la presse Alice Lefrançois, porte-parole de la coalition.
"Il y aura un service d'ordre, notamment pour protéger les manifestantes et manifestants d'une quelconque forme d'agression extérieure, et puis il y aura un espace famille (...). On pense que ça va être un moment plutôt sympathique", a-t-elle ajouté.
- 25 postes-frontières fermés -
En 2003, des dizaines de milliers de militants s'étaient retrouvés dans la région, mais cette fois les altermondialistes français ont renoncé à un projet de contre-sommet et à une manifestation dimanche dans la ville frontalière d'Annemasse, refroidis par les conditions d'organisation drastiques imposées par les autorités.
Une rigidité regrettée par les militants suisses, qui abriteront un "contre-sommet" altermondialiste dans des bâtiments associatifs de Genève.
"Ce que nous regrettons fondamentalement, c'est que la France n'ait pas créé les conditions favorables à une sorte de sommet, de contre-sommet, de village, de forum, de discussion" de son côté de la frontière, confiait cette semaine devant la presse Carole-Anne Kast, ministre genevoise de la Sécurité.
Le sommet se tient à Evian de lundi à mercredi, mais la plupart des dirigeants arriveront lundi par l'aéroport de Genève avant d'être transférés vers la France.
La Suisse mobilise jusqu'à 4.000 militaires en appui aux forces de police, alors que la France a annoncé près de 16.000 policiers, gendarmes, militaires, pompiers et garde-frontières déployés autour de la ville thermale.
Parmi les mesures de sécurité mises en place côté suisse, figure un contrôle accru des frontières et la fermeture de 25 des 35 points de passage routiers dès jeudi soir, causant des perturbations de circulation dans les deux sens.
A.Robinson--TNT