Liban: frappes israéliennes dans le sud du pays après des avertissements d'Israël
Des frappes israéliennes ont ciblé samedi le sud du Liban, après deux appels israéliens à évacuer une vingtaine de localités de la région, dont la ville de Nabatiyé, a rapporté l'agence de presse officielle libanaise Ani.
Les frappes persistent alors que les Etats-Unis et l'Iran sont sur le point de finaliser un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, qui pourrait bien inclure le dossier libanais.
Les bombardements israéliens ont visé plusieurs secteurs désignés par Israël, dont les villages de Rihan et Sujud, situés non loin de Nabatiyé, a précisé l'Ani.
Toujours dans la région de Nabatiyé, un photographe de l'AFP a entendu des détonations en provenance de Kfar Remman, régulièrement bombardé, et vu tout près un panache de fumée blanche au-dessus de Kfartebnit, non inclus dans les derniers avertissements israéliens.
L'armée israélienne a adressé deux avertissements aux habitants de 24 localités, situées à Nabatiyé et ses environs, ainsi que plus près de la côte, leur ordonnant de "se diriger vers le nord du fleuve Zahrani", à une quarantaine de kilomètres de la frontière avec Israël.
L'Ani a en outre fait état de tirs d'artillerie dans la ville de Nabatiyé et ses environs.
Ces tirs survenus pendant la nuit ainsi que samedi ont été confirmés par un correspondant de l'AFP à Nabatiyé, décrite comme pratiquement déserte.
Vendredi en fin de journée, l'Ani avait rapporté des explosions et tirs d'artillerie près de collines surplombant Nabatiyé, le Hezbollah faisant état de combats avec des forces israéliennes avançant vers la localité de Majdal Zoun.
Le mouvement pro-iranien a revendiqué samedi des attaques de drones contre des véhicules militaires israéliens dans le sud, y compris dans les environs de Majdal Zoun et contre des soldats israéliens aux abords de Kfartebnit.
L'armée israélienne a pour sa part indiqué avoir "frappé plus de 70 sites d'infrastructure du Hezbollah dans le sud du Liban au cours des dernières 24 heures" et "éliminé" des combattants du groupe dans la zone où elle opère.
Plus tôt samedi, elle avait annoncé avoir intercepté un "engin aérien hostile" entré dans le nord d'Israël depuis le Liban, au lendemain de quatre incidents similaires, au cours desquels certains des projectiles n'avaient pas été interceptés, mais sans faire de dégâts notables, selon elle.
Dans l'est du pays, régulièrement pilonné, le prestigieux festival international de Baalbeck, pilier de la vie culturelle libanaise depuis plus de sept décennies, est "reporté à une date ultérieure (...) en raison de la situation sécuritaire et politique qui prévaut actuellement", a annoncé samedi le comité du festival.
- Joseph Aoun: "Test capital" -
Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine du 28 février.
Depuis, Israël pilonne son voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite, qui mène lui des attaques contre ses positions dans le sud du Liban et le nord de son territoire. Les opérations israéliennes ont tué 3.756 personnes, selon un dernier bilan officiel.
Et ce malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril, puis un nouvel accord de trêve conditionnelle annoncé début juin à l'issue de pourparlers entre le Liban et Israël à Washington, rejeté par le Hezbollah.
Le front libanais constitue un des volets majeurs des négociations menées entre Washington et Téhéran en vue de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Cet accord est sur le point d'être finalisé "sous 24 heures", a annoncé samedi le médiateur pakistanais, et inclut bien le Liban, selon un haut responsable américain, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient auparavant dit vouloir traiter ce dossier séparément.
Le Liban fait face à "un test capital", a déclaré samedi le président Joseph Aoun sur X, appelant les Libanais à s'unir "autour d'un Etat souverain qui détient le monopole des armes" pour ne pas rester "otage de la logique des milices".
Le député du Hezbollah Ali Fayyad a lui appelé samedi à tirer profit de tout accord visant à mettre fin aux hostilités. Mais "l'Etat doit abandonner la politique qui consiste à être écrasé face aux Israéliens et soumis aux Américains", a-t-il ajouté.
T.Ward--TNT