The National Times - Présidentielle en Colombie: un avocat pro-Trump met sous pression la gauche au pouvoir

Présidentielle en Colombie: un avocat pro-Trump met sous pression la gauche au pouvoir


Présidentielle en Colombie: un avocat pro-Trump met sous pression la gauche au pouvoir
Présidentielle en Colombie: un avocat pro-Trump met sous pression la gauche au pouvoir / Photo: © AFP

Un partisan de la droite dure, admirateur de Donald Trump, et un sénateur de gauche se sont lancés lundi dans la campagne pour le second tour de l'élection présidentielle en Colombie, dans un contexte de violence inédite des groupes armés depuis dix ans.

Taille du texte:

L'avocat millionnaire Abelardo de la Espriella a créé la surprise en s'imposant dimanche au premier tour avec plus de 43% des voix contre 41% pour le favori Ivan Cepeda.

La candidate arrivée troisième (7%), Paloma Valencia, une conservatrice soutenue par l'ancien président Alvaro Uribe, a apporté son soutien à Abelardo de la Espriella.

Celui qui se fait appeler "Le tigre" est un novice en politique et n'avait jamais brigué de poste électif. Ses promesses de grande fermeté contre les organisations criminelles ont séduit un électorat inquiet de la résurgence de la violence, dans un pays plongé dans un conflit armé interne depuis plus de six décennies.

Ivan Cepeda, 63 ans, dauphin du clivant président de gauche sortant Gustavo Petro, a pour sa part fait campagne pour poursuivre un processus de paix avec les groupes armés jusqu'ici infructueux et pour étendre les programmes sociaux afin de réduire les inégalités.

Dimanche soir, il a juré de vaincre "l'extrême droite fasciste", accusant son rival de liens avec les réseaux mafieux.

Lundi, le sénateur a accusé De la Espriella d'avoir "volé" le maillot de l'équipe nationale de football pour l'utiliser à des fins politiques, à l'instar de l'ancien président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro qui a fait du maillot de la Seleçao un symbole partisan.

- "Dur à avaler" -

L'arrivée en tête d'Abelardo de la Espriella est "symboliquement un coup dur pour la campagne" de Cepeda, qui va devoir aller chercher des voix du côté des centristes et des abstentionnistes, estime Yann Basset, politologue de l'Université du Rosario, interrogé par l'AFP. "Mais rien n'est joué", affirme-t-il.

L'excentrique candidat de droite, adepte de meetings spectaculaires lors desquels il s'exprime derrière une vitre blindée, est parvenu "à capter le sentiment anti-Petro et le radicalisme de droite", relève Juan Nicolas Garzon, professeur de science politique à l'Université de La Sabana.

Pour Felipe Botero, directeur du département de science politique de l'université des Andes, la majorité des électeurs de la droite traditionnelle "va se diriger plus facilement vers De la Espriella" mais pour certains d'entre eux et pour les électeurs du centre, la personnalité de l'avocat et ses politiques "extrêmes" sont "dures à avaler".

Après une campagne plutôt plate et sans débats, les candidats entament une course serrée de trois semaines d'ici le second tour le 21 juin.

- Invectives -

De la Espriella a qualifié dimanche MM. Cepeda et Petro de "couple de délinquants" et de "bandits" et promis de sauver la "patrie" de la "destruction" et du "communisme", une étiquette que rejette Ivan Cepeda.

Admirateur des présidents américain Donald Trump, salvadorien Nayib Bukele et argentin Javier Milei, l'homme d'affaires promet la mort ou la prison pour les membres des organisations criminelles, reprenant une rhétorique de "main de fer" qui a récemment valu plusieurs victoires à la droite en Amérique latine.

Il propose de construire dix méga-prisons, de réduire de 40% la taille de l'Etat et de bombarder les campements des trafiquants de drogue en Colombie.

De la Espriella incarne "une droite anachronique, réactionnaire", fustige Conny Garcia, 37 ans, qui soutient le candidat de gauche.

Ivan Cepeda, de son côté, met en avant la hausse du salaire minimum, l'augmentation des dépenses d'éducation et les transferts de terres vers les communautés pauvres sous le gouvernement Petro, premier président de gauche de l'histoire de la Colombie.

"Sous un éventuel mandat de M. De la Espriella", ces programmes "seront réduits en poussière", a-t-il averti.

La gauche aussi n'hésite pas à attaquer son adversaire. M. Cepeda a ainsi dénoncé les propos "misogynes" et "homophobes" de son opposant.

T.Bailey--TNT

En vedette

Le Liban annonce l'accord du Hezbollah à un plan de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël

Les autorités libanaises ont annoncé lundi que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël, après que Donald Trump a affirmé que les deux camps lui avaient promis l'apaisement au Liban, à la veille de négociations israélo-libanaises à Washington.

Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Violences à l'école: les députés débutent l'examen de la proposition de loi post-Bétharram

Les députés ont entamé lundi l'examen de la proposition de loi visant à mieux protéger les enfants contre les violences à l'école et dans le périscolaire, rédigée dans le sillage de l'enquête parlementaire sur Bétharram. Avec une interrogation quant à la possibilité d'aller au terme des débats dans le temps imparti.

Israël menace de frapper la banlieue sud de Beyrouth, réunion du Conseil de sécurité de l'ONU

Israël a appelé lundi à l'évacuation de la banlieue sud de Beyrouth, menaçant d'y frapper le Hezbollah pro-iranien, tout en intensifiant son offensive terrestre au Liban où il mène son incursion militaire la plus profonde depuis 26 ans.

Taille du texte: