The National Times - Mali: les jihadistes appellent à un "front commun" contre la junte, Bamako sous blocus

Mali: les jihadistes appellent à un "front commun" contre la junte, Bamako sous blocus


Mali: les jihadistes appellent à un "front commun" contre la junte, Bamako sous blocus

Les jihadistes du Jnim, alliés à Al-Qaïda, ont appelé jeudi à un large "front commun" contre la junte au Mali et soumis sa capitale Bamako à un blocus routier.

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Le gouvernement nigérien a de son côté annoncé dans la soirée que l'Alliance des Etats du Sahel (AES), la force unifiée antijihadiste rassemblant Niger, Burkina Faso et Mali, avait mené des frappes dans le nord du Mali peu après les attaques jihadistes du week-end.

Ces attaques coordonnées et sans précédent ont notamment tué le ministre malien de la Défense et entraîné la perte de la ville clé de Kidal, dans le nord du pays sahélien.

Elles ont été menées par le groupe jihadiste Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) avec des rebelles du Front de libération de l'Azawad (FLA), une rébellion à dominante touareg, contre des positions stratégiques des militaires, au pouvoir depuis 2020.

Les autorités nigériennes "se félicitent (...) de la prompte réaction énergique des unités de la force unifiée (...) qui ont mené d'intenses campagnes aériennes les heures qui ont suivi les attaques lâches du 25 avril 2026 à Gao, à Ménaka et à Kidal", a indiqué jeudi soir le gouvernement du Niger.

Plus tôt jeudi, le Jnim a appelé à un large "front commun" contre la junte au Mali et à une "transition".

 

"Il est impératif de mettre fin" à la junte, pour "une transition pacifique et inclusive" pour un "nouveau Mali" dont "l'une des priorités essentielles (sera) l'établissement de la charia", la loi islamique, a-t-il ajouté.

Le Jnim a parallèlement commencé à imposer jeudi un blocus routier à Bamako. Le trafic aérien vers les pays voisins reste quant à lui maintenu.

- "Tombé en martyr" -

Dans la matinée, un hommage national sous haute sécurité a été rendu à Bamako au ministre de la Défense Sadio Camara, tué samedi à Kati au cours des attaques, avant son inhumation.

En tenue de combat et lunettes noires, Assimi Goïta, le chef de la junte malienne, lui a rendu hommage en s'inclinant devant son cercueil, recouvert du drapeau vert-jaune-rouge du Mali et sur lequel était posée sa casquette militaire.

Visages fermés, des milliers de personnes, proches, personnalités officielles du Mali et de pays voisins ont participé à la cérémonie, dont les ministres de la Défense du Niger et du Burkina Faso, également dirigés par des juntes et alliés dans l'AES.

Le général Camara, 47 ans, était une figure clé de la junte malienne et considéré comme l'architecte du rapprochement de ces dernières années avec la Russie.

"Vous êtes tombé en martyr. Vous êtes parti en héros", a déclaré le Premier ministre Abdoulaye Maïga en évoquant M. Camara.

Bakary Camara, le porte-parole de la famille, a rendu hommage à un "père, un époux et un fils attentif".

Les témoignages ont été suivis d'un défilé militaire en son honneur.

- Coup dur pour la junte -

Sa mort est un coup dur pour la junte, plus que jamais affaiblie, qui se retrouve dans une situation très difficile, tandis que Kidal est désormais sous contrôle des groupes armés qui semblent continuer de progresser dans le nord.

Cette mort, les attaques d'ampleur et la perte de Kidal jettent également le doute sur les capacités de la junte à faire face aux menaces des groupes armés et mettent à mal sa rhétorique, qui affirmait jusqu'ici que sa stratégie de rupture, ses nouveaux partenariats avec l'étranger et son effort militaire accru avaient permis d'inverser la tendance face aux combattants islamistes.

Le Mali fait face à une situation sécuritaire critique et est en proie à l'incertitude et à la fébrilité après les attaques coordonnées et simultanées de ces groupes armés à travers son territoire, qui ont fait au moins 23 morts civils et militaires, selon une source hospitalière.

Mardi, Assimi Goïta avait affirmé que la situation était désormais "maîtrisée", tout en reconnaissant un moment d'une "extrême gravité".

"La situation est loin d'être sous contrôle", a rétorqué mercredi le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, dans un entretien exclusif avec l'AFP, affirmant que le régime militaire "va tomber, tôt ou tard".

Moscou a de son côté affirmé jeudi que ses forces se maintiendraient au Mali, rejetant ainsi l'appel des rebelles à un retrait russe du pays.

T.Allen--TNT

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