The National Times - TotalEnergies: la gauche pousse pour une taxation, le gouvernement temporise

TotalEnergies: la gauche pousse pour une taxation, le gouvernement temporise


TotalEnergies: la gauche pousse pour une taxation, le gouvernement temporise
TotalEnergies: la gauche pousse pour une taxation, le gouvernement temporise / Photo: © AFP/Archives

Les bénéfices exceptionnels réalisés par TotalEnergies grâce à la guerre au Moyen-Orient ont relancé le débat politique sur l'opportunité d'une taxe spécifique, objet de propositions de loi à gauche, face à un gouvernement plutôt enclin à laisser le pétrolier "redistribuer" cet argent comme il l'entend.

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TotalEnergies a annoncé mercredi de juteux bénéfices de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre (4,96 milliards d'euros), une hausse de 51% sur un an. La compagnie pétrolière française a gratifié ses actionnaires d'un dividende en hausse de 5,9% par rapport aux autres trimestres.

L'ensemble de la gauche s'est indignée à l'annonce de ces résultats exceptionnels alors que déjà en 2022, lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, TotalEnergies avait enregistré des profits record.

Le Parti socialiste a déposé une proposition de loi pour taxer ce type de surprofits (ou superprofits), visant les entreprises réalisant "plus de 750 millions (d'euros) de chiffre d'affaires", a indiqué jeudi son premier secrétaire, Olivier Faure, sur RTL.

Alors que TotalEnergies assure réaliser la majorité de ces bénéfices hors de France, la taxe doit porter sur les résultats mondiaux, a-t-il précisé sur franceinfo.

"Il y a une forme d'indécence" à "gagner de l'argent parce que la guerre existe et parce qu'il y a des gens qui aujourd'hui en souffrent", a commenté M. Faure.

La veille déjà, la gauche avait dénoncé une entreprise qui "profite de la guerre", selon les propos de la députée LFI Clémence Guetté. "Tout pour les actionnaires", avait fustigé de son côté l'ex-Insoumis François Ruffin.

La députée écologiste Eva Sas a également déposé une proposition de loi pour taxer les superprofits des entreprises pétro-gazières réalisés en période de crise.

Mais sur cette question fiscale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a estimé jeudi qu'il s'agissait d'"un sujet pour l'année prochaine", à discuter lors des débats budgétaires. "Vous ne pouvez pas inventer un impôt comme ça par un claquement de doigts en milieu d'année", a-t-il dit.

- "Outil de souveraineté" -

Le Rassemblement national défend également une taxation de ces bénéfices exceptionnels. Même si mercredi, ses deux dirigeants n'ont pas semblé d'accord sur son urgence.

Mais au même moment, interrogé sur BFMTV, Jordan Bardella a semblé moins allant. "Il ne faut rien s'interdire", a-t-il dit, tout en observant que ce n'était pas "la priorité", dans "un pays qui a 46% de prélèvements obligatoires".

Il a salué "le geste de blocage des prix" de TotalEnergies sur les tarifs à la pompe de l'essence et du diesel.

Depuis février 2023, le géant pétrogazier plafonne le prix de l'essence dans ses stations, un dispositif qu'il a annoncé prolonger jeudi "tant que la crise au Moyen-Orient durera".

"Ca va dans le bon sens", a jugé Sébastien Lecornu. "Est-ce que c'est suffisant? Je ne peux pas vous répondre. Je ne sais pas combien de temps la crise va durer", a-t-il ajouté lors d'un point presse.

Mercredi, il avait appelé TotalEnergies à "redistribuer d'une manière ou d'une autre" ses éventuels profits "exceptionnels".

Face à la flambée des carburants, le gouvernement a annoncé des aides directes à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", comme les infirmières, et aussi un soutien à différents secteurs (agriculture, pêche, BTP, taxis, etc.).

Le coût de ces aides (180 millions d'euros) est en grande partie couvert par les recettes fiscales supplémentaires liées à l'augmentation des prix (170 millions).

Mais dans l'immédiat, tenu par un contexte budgétaire contraint, Sébastien Lecornu n'envisage pas de taxation spécifique sur les entreprises pétrolières. Il s'est borné à affirmer qu'il n'avait pas d'"objection de principe" à une taxation européenne.

Jeudi, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a estimé sur TF1 qu'avoir un pétrolier national, comme TotalEnergies, était aussi "un outil de souveraineté".

"Personne ne doit faire de profits indus sur le dos de la crise", a-t-elle insisté.

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R.Evans--TNT

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