The National Times - L'Insee va annoncer sur quel pied la croissance a entamé l'année

L'Insee va annoncer sur quel pied la croissance a entamé l'année


L'Insee va annoncer sur quel pied la croissance a entamé l'année
L'Insee va annoncer sur quel pied la croissance a entamé l'année / Photo: © AFP/Archives

L'Insee annonce jeudi matin ce qu'a été la croissance du premier trimestre: était-elle robuste avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février, ou déjà un peu faible? La réponse est importante car le premier trimestre pèse lourd dans la croissance annuelle.

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Pour tenir compte des effets de la guerre contre l'Iran entamée le 28 février par les Etats-Unis et Israël, qui a fait s'envoler les cours du pétrole, le gouvernement a déjà abaissé de 0,1 point sa prévision de croissance pour l'année entière, à 0,9%, un niveau similaire à celui prévu par la Banque de France.

Cette révision s'explique, a indiqué lundi devant la Commission des Finances le ministre de l'Economie Roland Lescure, "par l'affaiblissement de la demande intérieure privée, du fait de la hausse de l'inflation et du regain - temporaire nous l'espérons - de l'incertitude".

Le ministre a cependant jugé cette révision "minime par rapport à celle attendue dans d'autres pays dont la consommation énergétique dépend davantage que nous des importations du Moyen-Orient".

L'Allemagne, l'Espagne, l'Italie ou encore le Portugal publieront également jeudi leur croissance du premier trimestre. C'est aussi le cas des Etats-Unis.

- "Impact limité" -

Le gouvernement a dû aussi revoir en hausse la prévision d'inflation pour cette année, à 1,9% au lieu de 1,3%.

Les prix à la consommation, qui en février n'augmentaient que de 0,9% sur un an, ont bondi à 1,7% en mars à cause du prix des hydrocarbures. L'Institut national de la statistique (Insee) dira, jeudi également, ce qu'il en a été en avril.

Pourtant, dans sa dernière note mensuelle publiée le 13 avril, la Banque de France estimait que la guerre devrait avoir eu "un impact limité" sur l'activité des entreprises au premier trimestre, anticipant une croissance trimestrielle dynamique, allant "jusqu'à 0,3%".

L'Insee s'est, lui, montré prudent dès le 24 mars, dans une note de conjoncture trimestrielle baptisée "Inflation ravivée, croissance fragilisée", en abaissant à 0,2% sa prévision pour chacun des deux premiers trimestres, qui était à 0,3% auparavant.

Il avait ainsi traduit l'effet mécanique sur la croissance de l'envol du prix du baril: le Brent a doublé depuis décembre, passant de 60 dollars à 119 dollars mercredi.

Pour Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, la croissance a mal commencé l'année dès avant la guerre. Il l'estime au plus à 0,1% au premier trimestre.

Il relève en effet un "écart" entre les enquêtes de conjoncture réalisées par l'Insee en janvier et février auprès des ménages et des entreprises, plutôt basées sur le ressenti, et les données réelles publiées postérieurement.

- "Si le conflit s'enlise" -

Ainsi, alors que selon l'Insee la confiance des ménages repartait "légèrement à la hausse" en février, en fin de compte leurs dépenses de consommation en biens - qui représentent un quart du PIB - ont reculé de 1,4%, au plus bas depuis dix ans (hors Covid).

Le directeur des études et synthèses économiques de l'Insee, Cédric Audenis, a lui-même confirmé que depuis la révision à 0,2% faite par l'institut en mars, "les indicateurs sur la consommation de biens de février ou sur la production industrielle ne sont pas très bons".

Cela "nous conforte dans l'idée que la croissance subsiste, mais qu'elle se tasse", a-t-il résumé sur Radio-Classique mardi.

Or la croissance du premier trimestre pèse arithmétiquement très lourd dans le chiffre annuel, quatre fois plus que celle du quatrième trimestre, car son effet se fait sentir sur toute l'année.

L'économiste d'ING Charlotte de Montpellier prédit une croissance de 0,7% cette année, mais moins "si le conflit s'enlise".

Le début du deuxième trimestre semble déjà bien affecté par la guerre. Selon l'Insee, le climat des affaires s'est "assombri nettement" en avril, retrouvant son niveau de juillet 2024, juste après la dissolution de l'Assemblée nationale, et la confiance des ménages s'est "dégradée fortement", connaissant sa plus forte baisse depuis mars 2022 et le début de la guerre en Ukraine.

S.O'brien--TNT

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