The National Times - Le chef du Pentagone sous le feu des critiques des députés démocrates sur l'Iran

Le chef du Pentagone sous le feu des critiques des députés démocrates sur l'Iran


Le chef du Pentagone sous le feu des critiques des députés démocrates sur l'Iran

Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a été confronté mercredi aux critiques mordantes des députés démocrates pour sa première audition parlementaire depuis le début de la guerre en Iran, dont il a évalué le coût autour de 25 milliards de dollars jusqu'à présent.

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Pete Hegseth, aux côtés du chef d'état-major de l'armée américaine Dan Caine, a fait face pendant plus de cinq heures aux élus de la Commission des forces armées de la Chambre des représentants.

Depuis que les Etats-Unis et Israël ont lancé une offensive contre Téhéran le 28 février, des parlementaires des deux bords ont regretté le manque d'informations fournies par l'exécutif américain, contrairement à l'usage.

"Où va-t-on ? Comment ces victoires tactiques vont-elles se traduire par une forme de succès stratégique ?", en particulier concernant le programme nucléaire iranien, a interpellé le député démocrate Adam Smith dans son propos introductif, en énumérant l'embrasement régional au Moyen-Orient, les 13 militaires américains morts dans ce conflit et les victimes civiles.

Interrogé sur le coût de la guerre en Iran, le Pentagone l'a évalué jusqu'à présent à 25 milliards de dollars, "la plupart en munitions", un ordre de grandeur réutilisé par Pete Hegseth.

Quant aux éventuelles dépenses à venir, "quel est le prix à payer pour faire en sorte que l'Iran ne se dote jamais de l'arme nucléaire ?", a opposé le ministre.

- "Incompétence stupéfiante" -

Sans lui adresser directement de question, John Garamendi, un autre élu démocrate, a accusé Pete Hegseth de "mentir aux Américains à propos de cette guerre depuis le premier jour, tout comme le président (Donald Trump)", sur ses raisons comme son évolution.

"Vous et le président avez avancé des motifs sans cesse changeants pour justifier cette guerre" et "la stratégie a été d'une incompétence stupéfiante", a-t-il attaqué.

Cette "guerre de Trump est une blessure grave auto-infligée à l'Amérique", a-t-il lancé, en la qualifiant de "catastrophe géopolitique et de désastre stratégique ayant entraîné une crise économique mondiale", avec la flambée des cours du pétrole et des prix à la pompe, y compris aux Etats-Unis.

"Nous savons ce que nous avons perdu, mais qu'avons-nous gagné ?", a encore interrogé John Garamendi.

"Honte à vous de qualifier cela de bourbier au bout de deux mois", lui a répondu le ministre, après que le parlementaire californien a utilisé ce mot.

Un cessez-le-feu - prolongé par Donald Trump sans date butoir - est en vigueur depuis trois semaines mais les négociations entre Washington et Téhéran visant à mettre durablement fin à la guerre sont au point mort.

A-t-il conseillé au président américain d'attaquer l'Iran ? Pete Hegseth n'a pas répondu au député démocrate Seth Moulton mais a jugé comme une "bonne idée" la décision prise de le faire.

- "Risque examiné" -

A la question de savoir si la possibilité que l'Iran bloque le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, avait été prise en considération, il a répliqué que le Pentagone avait "examiné tous les aspects de ce risque".

A ce jour, Téhéran y exerce un quasi-blocage de la navigation et Washington a mis en place un blocus des ports iraniens.

Pete Hegseth a plus tard été interpellé sur l'attaque iranienne qui a tué six soldats américains au Koweït dans les premiers jours du conflit.

Des soldats qui y ont survécu ont rapporté un manque de protection, a avancé l'élu démocrate Patrick Ryan. "Dites-vous qu'ils mentent ?", a-t-il adressé au ministre.

"Ce que je dis, c'est que nous avons mis en place un dispositif défensif maximal", a riposté le chef du Pentagone dans un échange tendu.

Le député de New York fait partie d'une dizaine d'élus démocrates qui ont demandé la semaine dernière l'ouverture d'une "enquête formelle et immédiate" sur cette attaque meurtrière, estimant que le ministre avait "induit le public en erreur sur (les) circonstances".

Nombre de parlementaires, y compris des républicains, regrettent que l'exécutif américain n'ait pas consulté davantage le Congrès, quand la Constitution américaine exige son accord pour formellement "déclarer" la guerre.

Officiellement, l'audition portait sur la demande de l'exécutif américain d'augmenter de 42% le budget de la défense, déjà faramineux, pour le porter à 1.500 milliards de dollars en 2027, l'équivalent du produit intérieur brut (PIB) de l'Indonésie ou des Pays-Bas.

L.A.Adams--TNT

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