The National Times - Après des semaines coupés du monde par la guerre, des Afghans reçoivent une aide d'urgence

Après des semaines coupés du monde par la guerre, des Afghans reçoivent une aide d'urgence


Après des semaines coupés du monde par la guerre, des Afghans reçoivent une aide d'urgence
Après des semaines coupés du monde par la guerre, des Afghans reçoivent une aide d'urgence / Photo: © AFP

Quand les magasins n'avaient plus ni farine, ni sucre, Osama Nuristani a survécu grâce au lait de ses vaches comme d'autres villageois afghans coupés du monde par la guerre avec le Pakistan. Cette semaine, ils ont enfin reçu une aide humanitaire.

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Dans une vallée de la chaîne montagneuse de l'Hindou Kouch, aux confins orientaux de l'Afghanistan, un long convoi chargé de nourriture, de matériel médical et d'eau potable est arrivé, après des heures sur une route de terre, au village de Kamdesh, dans la province du Nouristan.

"Depuis deux mois, en raison de l'insécurité et des accès réduits, près de 136.000 personnes, soit 17.000 familles, dans les régions de Kamdesh et de Barg-e-Matal (est), ont fait face à des pénuries de nourriture et de soins", a souligné l'antenne du CICR en Afghanistan.

"Quand la route était fermée, nous ne pouvions plus trouver ni farine, ni huile, ni sucre dans les magasins", raconte Osama Nuristani, agriculteur de 22 ans à Kamdesh.

- Province isolée -

En raison du risque de bombardements depuis le Pakistan, il a quitté sa maison dans le village pour vivre dans la cabane où il s'installe dans la montagne l'été, quand les animaux pâturent en altitude. Il a tenu grâce au lait de vaches et à du maïs récolté durant l'été.

Soulagé, il vient de récupérer de la farine, des pois, du sel et de l'huile apportés par le PAM.

Le Pakistan et l'Afghanistan sont en conflit depuis des mois, Islamabad accusant son voisin d'abriter sur son sol des combattants du mouvement des talibans pakistanais auteurs d'attaques meurtrières sur son sol, ce que le gouvernement taliban afghan dément.

Les affrontements armés se sont intensifiés à partir du 26 février, notamment dans les zones frontalières comme au Nouristan, entraînant une fermeture quasi totale de la seule route d'accès praticable en hiver et au printemps vers cette province isolée.

"Les véhicules qui tentaient de passer sur la route risquaient d'être pris dans des échanges de tirs, rendant ce corridor inutilisable pour les civils et les humanitaires", avait souligné le Bureau de la coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) début avril, en faisant état de la mort d'une collaboratrice d'une ONG et de son fils dont la voiture fut touchée par des tirs.

- "Les gens ordinaires souffrent" -

Si les incidents armés entre les deux pays voisins se poursuivent, des notables locaux des deux côtés de la ligne Durand, qui sert de frontière contestée entre Afghanistan et Pakistan, se sont entendus pour un cessez-le-feu ouvrant la voie à ce convoi humanitaire vers le Nouristan, selon des résidents et des responsables locaux contactés par l'AFP dans les deux pays.

Des deux côtés de la ligne Durand vivent des communautés parlant la même langue et partageant la même culture.

"Si cette route est ouverte, nous serons heureux car elle nous relie à (la province de Kunar) et nous pouvons nous déplacer. L'autre route est difficile pour nous car en raison de la neige, elle ne peut ouvrir que deux mois par an", souligne Mohammad Naeem, un aîné d'une tribu locale.

Le CICR a également apporté des équipements médicaux pour pallier les pénuries dans les centres de santé de ces deux régions du Nouristan.

"Quand il y a une guerre, les gens ordinaires souffrent", confie Ejaz Ahmad, un agriculteur de 34 ans rencontré à Kamdesh, "nous demandons aux deux parties d'accorder une vraie attention aux civils pendant les combats".

Plusieurs centaines de civils ont été blessés depuis la résurgence de cette guerre, selon l'ONU.

strs-ba-iw/pcl

E.Cox--TNT

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