The National Times - Crise migratoire: nouvel accord franco-britannique, au financement en partie conditionné

Crise migratoire: nouvel accord franco-britannique, au financement en partie conditionné


Crise migratoire: nouvel accord franco-britannique, au financement en partie conditionné
Crise migratoire: nouvel accord franco-britannique, au financement en partie conditionné / Photo: © AFP

Un nouvel accord franco-britannique visant à endiguer les traversées clandestines de la Manche a été signé jeudi, prévoyant notamment de conditionner une partie de la contribution financière de Londres à l'efficacité des mesures déployées sur les côtes françaises.

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Le ministre français de l'Intérieur Laurent Nuñez et son homologue britannique Shabana Mahmood ont signé ce texte devant la presse en début d'après-midi dans les locaux de la police aux frontières à Loon-Plage, près de Dunkerque (Nord).

L'accord prévoit un renforcement significatif des moyens, avec une hausse de moitié des effectifs sur le littoral, portés à environ 1.400 agents d'ici 2029.

Une unité de CRS, financée par la France, sera spécialement dédiée à la lutte contre l'immigration clandestine, appuyée par des drones, des hélicoptères et des moyens électroniques.

"Cet accord est extrêmement important" pour "lutter contre les filières d'immigration illégale" et "éradiquer totalement ces filières", a déclaré jeudi M. Nuñez.

Le ministre a également mis en avant une baisse de 56% des traversées de la Manche réussies depuis le début de l'année par rapport à la même période en 2025, ainsi que le démantèlement de 28 réseaux de passeurs l'an dernier, pour 480 interpellations.

Après plusieurs mois d'âpres négociations, les deux pays ont trouvé un terrain d'entente pour reconduire durant les trois prochaines années le traité bilatéral de Sandhurst, signé en 2018 et renouvelé une première fois en 2023.

Pour la première fois, le financement de Londres, qui pourra aller jusqu'à 766 millions d'euros sur trois ans, comprend une part flexible évaluée à 186 millions d'euros, conditionnée à l'efficacité des mesures pour empêcher les traversées clandestines vers le Royaume-Uni, selon une feuille de route consultée par l'AFP.

Seul le versement de 580 millions d'euros est donc garanti côté britannique. Ce montant représente toutefois déjà une hausse, puisque le Royaume-Uni avait contribué à hauteur de 540 millions sur la période 2023-2026.

Grâce à ce mécanisme flexible, "nous financerons ce qui fonctionne et adapterons notre action aux évolutions" des tactiques des réseaux de passeurs, dont le modèle d'activité est "très adaptable", a salué jeudi Mme Mahmood.

- Un financement "au résultat" -

Médecins sans frontières (MSF) a critiqué jeudi un nouveau financement "au résultat". "L'ensemble de ces politiques n'empêchent pas les personnes de chercher refuge au Royaume-Uni", mais "poussent des hommes, des femmes et des enfants dans les mains de passeurs et de trafiquants et les obligent à entreprendre des traversées de plus en plus dangereuses, parfois mortelles", selon un communiqué de l'ONG.

L'association d'aide aux migrants Utopia 56 a aussi regretté sur X la poursuite d'une politique à la frontière franco-britannique qui "prouve pourtant depuis des années son inefficacité et sa dangerosité" pour les candidats à l'exil.

Selon les données officielles britanniques, 41.472 personnes ont rejoint irrégulièrement le Royaume-Uni sur des petites embarcations en 2025. Ce chiffre est le deuxième plus élevé depuis le début de ces traversées en 2018.

Au moins 29 migrants sont morts en mer en 2025, selon un décompte de l'AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques, et six depuis le début de l'année.

Les forces de l'ordre françaises sont régulièrement accusées outre-Manche de ne pas en faire assez pour retenir ces embarcations de fortune qui prennent de plus en plus de risques pour éviter les contrôles sur les plages en embarquant directement leurs passagers dans l'eau, une méthode surnommée "taxi-boat".

A quelques semaines d'élections locales, présentées par beaucoup comme cruciales pour son maintien au pouvoir, le gouvernement britannique travailliste de Keir Starmer, qui a promis de "reprendre le contrôle des frontières", est sous pression du parti d'extrême droite Reform UK de Nigel Farage.

Entre 2018 et fin 2025, 179.000 demandes d'asile ont été déposées au Royaume-Uni par des personnes ayant traversé clandestinement la Manche, selon des données officielles britanniques. À fin 2025, 108.200 d'entre elles avaient obtenu une réponse, favorable dans 63% des cas.

F.Adams--TNT

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