The National Times - En Bulgarie, l'ex-président Roumen Radev remporte les législatives

En Bulgarie, l'ex-président Roumen Radev remporte les législatives


En Bulgarie, l'ex-président Roumen Radev remporte les législatives
En Bulgarie, l'ex-président Roumen Radev remporte les législatives / Photo: © AFP

L'ex-président bulgare Roumen Radev a remporté son pari dimanche en arrivant en tête des législatives avec 38% des voix selon des sondages publiés à la sortie des urnes, sa formule prorusse mais anticorruption ayant largement séduit l'électorat.

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Les conservateurs (GERB) de l'ancien Premier ministre Boïko Borissov, qui dirigeaient le précédent gouvernement, sont arrivés en seconde position, loin derrière avec 16% des suffrages, suivis des libéraux du PP-DB (14%).

Les résultats définitifs sont attendus lundi et les analystes estiment que le score de la coalition "Bulgarie Progressiste" de M. Radev, 62 ans, pourrait encore augmenter, grâce aux votes à l'étranger.

L'ordre d'arrivée des deux partis suivants est aussi susceptible d'évoluer.

A la tête de l'Etat entre 2017 et 2026, Roumen Radev avait démissionné en janvier afin de se présenter aux législatives et son succès rebat les cartes pour former un gouvernement, dans ce pays des Balkans votant pour la huitième fois en cinq ans.

La participation à plus de 51%, au plus haut depuis 2021, selon l’institut de sondage Market Links, démontre qu'il incarne, pour une partie des Bulgares, une chance de rassemblement.

"Nous avons surmonté l’apathie", s'est-il réjoui devant ses partisans en joie. "C'est une victoire de l’espoir sur la défiance, une victoire de la liberté sur la peur".

"La Bulgarie fera des efforts pour poursuivre sa voie européenne, mais croyez-moi, une Bulgarie forte et une Europe forte ont besoin d’esprit critique et de pragmatisme", a-t-il dit. "L’Europe a été victime de sa propre ambition d’être un leader moral dans un monde régi par de nouvelles règles".

Avant le scrutin, il avait affirmé partager, sur l'envoi d'armes à l'Ukraine, les positions de la Hongrie et la Slovaquie, estimant "ne pas voir l'intérêt pour son pays, pauvre, de payer ".

Mais sans "imposer de veto" à Bruxelles, avait-t-il tenu à préciser vendredi sur la chaîne bTV, conscient des avantages retirés par l'appartenance de son pays de 6,5 millions d'habitants au bloc depuis 2007.

- "Chance historique" -

Boryana Dimitrova, de l’institut de sondage Alpha Research, a précisé à l'AFP que Roumen Radev avait obtenu "deux fois plus de soutien que le GERB, au score bien plus faible que prévu".

Selon elle, il ne sera toutefois possible d'évoquer les différentes possibilités pour un futur gouvernement qu'une fois connu le nombre de partis franchissant le seuil de 4% pour entrer au prochain Parlement.

Roumen Radev "a grignoté l’électorat du parti pro-Kremlin Vazrazhdane", grâce à ses positions ouvertes face aux Russes et anti-élites, a expliqué à l’AFP le politologue Teodor Slavev.

Les sondages montrent aussi que certains électeurs ayant auparavant voté pour des partis pro-occidentaux ont décidé de lui accorder leur confiance lors de ce scrutin.

Il doit désormais trouver une majorité au Parlement de 240 sièges, or il avait fermé la porte avant les élections à une coalition avec le GERB, en raison de leur "désaccord sur la corruption".

Et M. Borissov, qui l'a "félicité", a exclu sur Facebook toute "alliance de circonstance".

S'il ne tourne pas totalement le dos aux libéraux du PP-DB, M. Radev ne partage pas non plus leur vision "des enjeux géopolitiques", souligne Mme Dimitrova.

Cet ancien général de l'armée de l'air ambitionne quand même de trouver une majorité pour mettre un terme à la crise politique que traverse depuis 2021 le membre le plus pauvre de l'Union européenne (UE).

De vastes manifestations anticorruption avaient provoqué la chute de Boïko Borissov, au pouvoir pendant près de 10 ans, et de fragiles coalitions se sont succédé depuis.

M. Radev avait ouvertement soutenu les manifestants et après avoir voté à Sofia, il a déclaré que la Bulgarie avait "une chance historique de rompre une fois pour toutes avec le modèle oligarchique".

"C'est simple: les gens veulent que tout change", s'enthousiasme la retraitée Stiliana Andonova, interrogée par l'AFP.

Gergana Mihailova, une analyste financière de 47 ans, craint, elle, "que la Bulgarie", restée pro-européenne sous les précédents gouvernements, "change son orientation politique" au profit de Moscou.

G.Waters--TNT

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