The National Times - Bulgarie: la coalition de l'ex-président Radev en tête des législatives

Bulgarie: la coalition de l'ex-président Radev en tête des législatives


Bulgarie: la coalition de l'ex-président Radev en tête des législatives

La coalition Bulgarie démocratique de l'ex-président Roumen Radev est arrivée largement en tête des législatives dimanche avec 38% des voix selon des sondages publiés à la sortie des urnes.

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Les conservateurs (GERB) de l'ancien Premier ministre Boïko Borissov qui dirigeaient le précédent gouvernement sont arrivés en seconde position avec 16% des suffrages, suivis des libéraux du PP-DB (14%).

Ce résultat rebat les cartes pour former un gouvernement dans ce pays des Balkans qui votait pour la huitième fois en cinq ans, même si M. Radev, 62 ans, n'a pas encore désigné de partenaire pour former une coalition.

En arrivant au siège de son parti, il a été accueilli par les applaudissements de son équipe.

"Il a obtenu deux fois plus de soutien que le GERB, qui enregistre un score bien plus faible que prévu", a déclaré à l’AFP Boryana Dimitrova, de l’institut de sondage Alpha Research.

Mais selon elle, il ne sera possible d'évoquer les différentes possibilités pour un futur gouvernement qu'une fois connu le nombre de partis franchissant le seuil de 4% pour entrer au prochain Parlement.

Roumen Radev "a grignoté l’électorat du parti pro-Kremlin Vazrazhdane", grace à ses positions prorusses et anti-élites, a expliqué à l’AFP le politologue Teodor Slavev.

Cet ancien général de l'armée de l'air ambitionne de mettre un terme à la crise politique que traverse depuis 2021 le membre le plus pauvre de l'Union européenne (UE).

De vastes manifestations anticorruption avaient provoqué la chute du conservateur Boïko Borissov, au pouvoir pendant près de 10 ans et de fragiles coalitions se sont succédé depuis.

M. Radev avait ouvertement soutenu les manifestants et après avoir voté à Sofia, il a déclaré que la Bulgarie avait "une chance historique de rompre une fois pour toutes avec le modèle oligarchique".

Favorable à la réouverture du dialogue avec Moscou, il a également dit espérer des "relations pragmatiques avec la Russie, fondées sur le respect mutuel".

A la tête de l'Etat entre 2017 et 2026, cet homme à l'allure austère avait démissionné en janvier pour se présenter aux législatives.

Critique de la politique énergétique de l'UE, il a dit partager, sur l'envoi d'armes à l'Ukraine, les positions de la Hongrie et la Slovaquie, estimant "ne pas voir l'intérêt pour son pays, pauvre, de payer ".

Mais sans "imposer de veto" à Bruxelles, a-t-il tenu à préciser vendredi sur la chaîne bTV, conscient des avantages retirés par l'appartenance de son pays de 6,5 millions d'habitants au bloc depuis 2007.

- "Alternative" -

"C'est simple: les gens veulent que tout change", s'enthousiasme pour lui la retraitée Stiliana Andonova, interrogée par l'AFP.

Au contraire, Gergana Mihailova, une analyste financière de 47 ans, craint un "risque énorme que la Bulgarie", restée pro-européenne sous les précédents gouvernements, "change son orientation politique" au profit de Moscou.

Roumen Radev, qui doit désormais trouver une majorité au Parlement de 240 sièges, avait fermé la porte avant les élections à une coalition avec Boïko Borissov, en raison de leur "désaccord sur la corruption".

Et s'il ne tourne pas totalement le dos au PP-DB, il ne partage pas sa vision "des enjeux géopolitiques", souligne Mme Dimitrova, de l'institut de sondage Alpha Research.

Après avoir voté dans sa ville natale de Bankya, en périphérie de Sofia, Boïko Borissov a rappelé la "position extrêmement pro-européenne" de son parti, en soulignant son soutien à l’Ukraine et à Bruxelles.

Au cours des dernières semaines, la police a intensifié ses opérations et saisi plus d'un million d'euros destinés, selon les autorités, à inciter des électeurs à voter pour tel ou tel parti.

Des centaines de personnes ont été interpellées, dont des conseillers municipaux et des maires.

Les différentes formations avaient appelé les Bulgares à se rendre massivement aux urnes pour limiter le poids de ces votes achetés.

T.Cunningham--TNT

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