The National Times - "Il lui manque la moitié de la tête" : à Odessa, l'horreur sous les bombardements russes

"Il lui manque la moitié de la tête" : à Odessa, l'horreur sous les bombardements russes


"Il lui manque la moitié de la tête" : à Odessa, l'horreur sous les bombardements russes
"Il lui manque la moitié de la tête" : à Odessa, l'horreur sous les bombardements russes / Photo: © State Emergency Service of Ukraine/AFP

Des plafonds d'appartements qui s'effondrent sur leurs occupants, l'effroi et soudain un cri : "il lui manque la moitié de la tête". Des habitants d'Odessa, dans le sud de l'Ukraine, ont raconté jeudi à l'AFP le cauchemar des frappes russes de la nuit.

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Au moins neuf personnes ont été tuées dans cette grande ville portuaire de la mer Noire, cible de "plusieurs vagues d'attaques nocturnes de missiles et de drones", a rapporté le chef de l'administration militaire locale, Sergiy Lysak. Selon un dernier bilan, 23 autres personnes ont été blessées.

Trois habitants d'un même ensemble d'immeubles ont témoigné, choqués, à peine quelques heures après cette énième attaque en quatre ans de guerre. L'un d'eux dit avoir perdu son fils, Vlad, et sa belle-fille.

"Pendant la nuit, des messages indiquaient qu'il allait se passer quelque chose. (...) J'ai essayé de rassembler rapidement mes papiers d'identité mais je n'ai pas pu. L'impact s'est produit immédiatement", raconte Tetiana, qui ne donne que son prénom.

"J'ai essayé de sortir de l'appartement. (...) Je me suis penchée, puis la fenêtre a explosé".

Son chien dans les bras, Tetiana, en doudoune rose sans manches enfilée sur un pull rose, ajoute avoir tenté de rejoindre le rez-de-chaussée, sans succès. "Les fenêtres se sont mises à tomber sur nous".

"Honnêtement, c'est horrible. Toute la nuit, on nous a bombardés — ils n'ont pas arrêté, même pas une demi-heure", dit-elle, ajoutant avoir peur de rester là. "J'ai déjà rassemblé mes affaires, parce que les gens disent qu'il va y avoir d'autres attaques".

- "Endormie pour toujours" -

La voix brisée, le visage strié par la douleur, Roman décrit quant à lui l'horreur, à l'aube.

"On s'est réveillé à cause d'une frappe et on a été tout à coup enseveli sous les meubles. Le plafond s'est effondré (...). Ma femme et moi avons essayé de sortir. Elle s'est précipitée vers notre fils et a crié : +Il lui manque la moitié de la tête!+".

"Alors j'ai pris leur pouls. On ne le sentait plus, ni celui de Vlad ni celui de ma belle-fille", dit-il dans un sanglot, sans préciser leurs âges.

"Quand on voit un être cher avec la tête arrachée, c'est tout simplement terrifiant".

Sa femme, en état de choc, a été admise en soins intensifs.

Lioubov Karpinska, qui s'occupe de l'entretien d'un des immeubles, dit s'être précipitée dans le couloir, au moment où le plafond tombait, avant de réussir à atteindre l'abri antiaérien.

"Tout était en train de brûler, des gens étaient coincés sous les décombres. Une femme hurlait depuis un immeuble de neuf étages", raconte-t-elle, une capuche sur la tête, sur fond de ciel bleu.

"Une très bonne amie à moi est morte au troisième étage. Hier, je lui avais proposé de passer la nuit chez moi. Mais elle a dit : +j'ai vraiment envie de dormir+. Elle s'est endormie — endormie pour toujours. Voilà".

burs-blb/phy/bds

C.Stevenson--TNT

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