The National Times - Après trois ans de guerre au Soudan, l'aide internationale relancée à Berlin

Après trois ans de guerre au Soudan, l'aide internationale relancée à Berlin


Après trois ans de guerre au Soudan, l'aide internationale relancée à Berlin

La communauté internationale réunie mercredi à Berlin a promis plus de 1,3 milliard d'euros d'aide humanitaire au Soudan, qui entre dans la quatrième année d'une guerre ayant plongé la majorité de la population dans la détresse.

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Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a vu un "signe positif" dans ces engagements de soutien, "dans un contexte de diminution des ressources humanitaires".

Les promesses récoltées à Berlin parmi 54 Etats dépassent celles de la précédente conférence à Londres, où avaient été récoltés 850 millions d'euros selon lui.

La pire crise humanitaire au monde, comme l'ONU a qualifié la situation au Soudan, a fait désormais plus de 13 millions de déplacés, selon M. Wadephul, et le nombre de morts "se chiffre probablement en centaines de milliers".

"Plus de 20 millions de personnes au Soudan souffrent de la faim aiguë, soit la moitié de la population" du pays, estimée à quelque 50 millions d'habitants, a-t-il ajouté.

Ce conflit est un "cauchemar" qui doit "prendre fin", selon le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, exigeant un cessez-le-feu immédiat.

Mais trois ans jour pour jour après le début du conflit, la réunion de Berlin, qui a rassemblé gouvernements, agences humanitaires et organisations de la société civile, mais exclu les deux belligérants, l'armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), n'a pas permis de percée sur une éventuelle trêve.

Le représentant américain, Massad Boulos, a appelé les deux parties à "une pause de trois mois" dans les hostilités, une trêve humanitaire "sans aucune condition préalable" pour travailler à "un cessez-le-feu permanent" et à une "transition politique".

Des acteurs de la société civile soudanaise, présents à Berlin, ont de leur côté préparé "des voies vers une transition civile", a noté Johann Wadephul.

- Population "épuisée" -

Une perspective très lointaine pour une population "épuisée", témoigne Amgad Ahmed, 42 ans, à Omdurman, ville jumelle de Khartoum, la capitale soudanaise.

"Nous avons perdu notre travail, nos économies et tout sentiment de stabilité", confie l'homme, resté chez lui durant tout le conflit.

Près de 700 civils ont été tués dans des frappes de drones depuis janvier, les deux camps ayant intensifié leurs attaques, en particulier dans les États du Kordofan-Sud (sud) et du Nil Bleu (sud-est), selon l'ONU.

Un calme fragile s'est toutefois installé dans la capitale, reprise par l'armée en 2025, où la reconstruction a commencé dans certains secteurs.

Les marchés ont rouvert, le trafic automobile a repris, les examens de fin d'études secondaires se sont tenus cette semaine.

D'après l'ONU, environ 1,7  million de personnes sont revenues à Khartoum. Mais le danger y rôde encore et les autorités s'emploient lentement à neutraliser des dizaines de milliers de bombes non explosées.

Al‑Bachir Babker al‑Bachir, 41 ans, revenu après trois ans d'absence, estime que la ville aura besoin de plusieurs années pour se relever. "La route menant à l'université où j'ai étudié n'est plus la même, les murs sont noirs (...) Ce ne sont plus les mêmes endroits", raconte-t-il à l'AFP.

- "Ingérences extérieures" -

Les efforts diplomatiques menés par le "Quad" (États‑Unis, Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Égypte) ont jusqu'à présent échoué, les deux camps continuant de se disputer le contrôle du pays - le troisième plus grand d'Afrique - en bénéficiant du soutien de parrains étrangers.

L'Arabie saoudite, l’Égypte et la Turquie soutiennent l'armée soudanaise, et les Émirats arabes unis sont accusés d'armer les FSR. Tous nient une implication directe dans les hostilités.

Mercredi, Antonio Guterres a aussi exigé que cessent "les ingérences extérieures et le flux d'armes qui alimentent" le conflit.

Les participants réunis à Berlin appellent "tous les acteurs ayant une influence sur les parties au conflit" à ce "qu'ils intensifient la pression" sur celles-ci, a insisté M. Wadephul.

Au-delà de la destruction des infrastructures, la guerre a précipité davantage la population dans l'insécurité alimentaire et la misère.

La famine a été déclarée l'an dernier dans les capitales du Nord-Darfour, El-Facher (sud-ouest), et du Kordofan-Sud, Kadougli (sud), avec 20 autres zones à risque, selon l'ONU.

lom-maf-clp-pyv/alf/cpy

K.M.Thompson--TNT

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