L'Afrique du Sud reçoit les lettres de créance de l'ambassadeur américain dans un climat de tensions
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a officiellement reçu mercredi les lettres de créance du nouvel ambassadeur des États-Unis, qui avait été convoqué en mars par Pretoria pour des propos jugés "non diplomatiques", dans un contexte de tensions entre les deux pays.
L'Afrique du Sud avait déjà agréé en février le diplomate américain Brent Bozell, fervent soutien de Donald Trump, qui a donc présenté formellement mercredi ses lettres de créance au président Ramaphosa lors d'une brève cérémonie à Pretoria.
Brent Bozell était arrivé dans un contexte de relations bilatérales fortement dégradées, les Etats-Unis reprochant à l'Afrique du Sud sa plainte pour génocide déposée contre Israël pour sa guerre à Gaza devant la justice internationale et une prétendue persécution des Afrikaners, descendants des colons européens.
Lors de sa première prise de parole publique depuis son arrivée en février, M. Bozell avait critiqué les "propos haineux" du chant "Kill the Boer, Kill the farmer" ("Tuez le Boer, Tuez le fermier"), issu de la lutte contre le régime d'apartheid. Il avait aussi critiqué plusieurs programmes et législations mis en oeuvre par le gouvernement en Afrique du Sud.
Il avait été convoqué mi-mars pour ses propos "non diplomatiques" par le ministère sud-africain des Affaires étrangères.
Des milliers de Sud-Africains avaient ensuite défilé à Johannesburg à l'appel du parti au pouvoir, l'ANC, dont le secrétaire général avait qualifié le nouvel ambassadeur américain, âgé de 70 ans, de "vieil homme blanc qui a l'air dérangé"
Lors de la cérémonie de mercredi à la résidence présidentielle, l'ambassadeur américain s'est montré beaucoup plus diplomate: "avant mon arrivée ici, je ne peux pas vous dire combien de personnes m’ont assuré qu’en peu de temps, je tomberais amoureux du pays. Il n’a suffi que de deux mois, et je peux confirmer que c’est ce qui s’est passé".
"Nous sommes deux nations partageant de grandes valeurs et de grands intérêts... Mon objectif (...) est de consolider ces intérêts communs, de renforcer le respect de soi, de bâtir sur nos valeurs partagées, pour emmener nos deux nations vers de nouveaux horizons", a déclaré M. Bozell.
Le président Ramaphosa a de son côté souligné qu’on attend des diplomates qu’ils respectent la souveraineté de leur pays hôte, fassent preuve de discrétion et expriment leurs préoccupations par des canaux discrets et constructifs plutôt que par des critiques publiques "conflictuelles".
"C’est cette approche qui, à mon sens, permet de bâtir des relations solides entre les nations et contribue à promouvoir les intérêts de nos pays respectifs, dans un esprit de respect mutuel", a-t-il déclaré.
A.Robinson--TNT