Ukraine : des dirigeants européens attendus à Kiev pour le quatrième anniversaire de l'invasion russe
La cheffe de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen António Costa sont attendus mardi à Kiev à l'occasion du quatrième anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Conflit le plus sanglant en Europe depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, l'offensive massive russe a fait au moins des centaines de milliers de morts et de blessés. Elle a aussi suscité un bouleversement géopolitique, poussant de nombreux pays européens à multiplier leurs dépenses militaires, en vue d'un possible affrontement contre la Russie.
Les négociations diplomatiques entre Kiev et Moscou amorcées en 2025 sous l'égide des Etats-Unis n'ont, pour l'heure, pas permis d'arrêter les combats.
Dans un communiqué, le Conseil européen a fait savoir que Mme von der Leyen et M. Costa seraient présents à une "cérémonie de commémoration" et se rendraient sur le site d'une installation énergétique ukrainienne endommagée par les frappes russes.
Les deux responsables européens doivent prendre part à une rencontre trilatérale avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Ils ont également prévu de participer à une réunion en visio-conférence de la Coalition des volontaires, rassemblant des alliés de Kiev.
- Négociations bloquées -
L'armée russe, qui occupe quelque 20% de l'Ukraine, bombarde quotidiennement des zones civiles et des infrastructures, ce qui a récemment provoqué, en plein milieu d'un hiver particulièrement glacial, la pire crise énergétique dans ce pays depuis le début de l'invasion en février 2022.
Les alliés occidentaux de l'Ukraine ont imposé de lourdes sanctions à la Russie, la forçant à réorienter ses exportations d'hydrocarbures, essentielles à son économie, vers de nouveaux marchés, notamment en Asie.
Malgré de lourdes pertes, les troupes russes ont continué ces derniers mois d'avancer lentement sur le front, notamment dans le Donbass, le grand bassin industriel de l'est de l'Ukraine, épicentre des combats et dont Moscou revendique l'annexion.
Les négociations en cours, sous médiation américaine, bloquent principalement sur l'exigence de Moscou d'un abandon par les troupes ukrainiennes de la région orientale de Donetsk, un scénario que Kiev rejette.
Vendredi, dans un entretien avec l'AFP, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a souligné vouloir d'abord des garanties de sécurité de la part de Washington et un cessez-le-feu avant de "parler de compromis", y compris territorial, avec les Russes.
L'Ukraine demande notamment, en tant que garantie de sécurité, le déploiement de troupes européennes sur son territoire, ce que Moscou exclut.
Le président russe Vladimir Poutine a, quant à lui, averti à plusieurs reprises qu'il poursuivrait ses objectifs par la force si la voie diplomatique venait à échouer.
- Un coût de 500 milliards -
La guerre a causé d'immenses destructions en Ukraine, un pays qui, avant le conflit, était déjà en proie à des difficultés économiques.
La reconstruction après la guerre coûtera quelque 588 milliards de dollars (plus de 500 milliards d'euros) sur la prochaine décennie, selon un rapport commun de Kiev, de la Banque Mondiale, de l'Union européenne et des Nations unies paru lundi.
Pour expliquer sa décision de déclencher l'invasion, le Kremlin avait notamment soutenu que l'ambition de l'Ukraine de rejoindre l'Otan menaçait la sécurité de la Russie.
Lundi, au cours d'une remise de médailles à l'occasion de la journée des "défenseurs de la patrie", célébrée le 23 février, M. Poutine a assuré que les soldats russes protégeaient en Ukraine "les frontières" de la Russie, assuraient "la parité stratégique" entre puissances et combattaient pour "l'avenir" de leur pays.
L'Ukraine, une ex-république soviétique, juge pour sa part que cette guerre illustre une résurgence de l'impérialisme russe visant à soumettre le peuple ukrainien.
Dans un entretien avec la BBC diffusé dimanche, Volodymyr Zelensky a estimé que Vladimir Poutine avait déclenché en Ukraine "une troisième guerre mondiale" et voulait "imposer son propre monde".
F.Hammond--TNT