A Berlin, des milliers d'opposants iraniens réclament la chute de la République islamique
Plusieurs milliers d'opposants iraniens et leurs soutiens étaient rassemblés samedi à Berlin, réclamant la chute de la République islamique, après la répression sanglante il y a quelques semaines des manifestations, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Quelque 8.000 personnes, selon la police allemande, manifestaient devant la porte de Brandebourg, au centre de la capitale, à l'appel du Conseil national de la Résistance iranienne, vitrine politique du groupe d'opposition en exil Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI ou MEK), considéré comme "terroriste" par Téhéran.
Agitant des drapeaux à bandes horizontales verte, blanche et rouge avec un emblème composé d'un lion et d'un soleil, les participants étaient mobilisés pour "les droits du peuple iranien", "rejetant toute forme de dictature qu'elle soit des mollahs ou du chah".
Beaucoup d'entre eux portaient un bonnet ocre sur lequel était écrit "free Iran" et une écharpe de la même couleur, distribué gratuitement par les organisateurs.
Haraguant la foule, la dirigeante des Moudjahidines du peuple, Maryam Rajavi, a "appellé les dirigeants du monde entier à écouter l'appel à la liberté du peuple iranien".
Les Moudjahidines sont méprisés par les autres factions de l'opposition et critiqués par certains Iraniens pour leur soutien à Saddam Hussein pendant la sanglante guerre Iran-Irak (1980-1988).
Samin Sabet, 40 ans, employée dans un hôtel de Heidelberg (sud-ouest), arrivée à un an en Allemagne, a réclamé des élections libres en Iran: "nous ne voulons plus de dictature, ni de monarchie", a-t-elle dit à l'AFP.
Venu hier en bus de Göteborg (Suède), Iraj Abedini, psychologue de 61 qui a quitté l'Iran il y a 40 ans, a affirmé à l'AFP participer à ce rassemblement pour "soutenir le peuple iranien" après "avoir perdu deux neveux lors de manifestations en janvier" à Ispahan (centre de l'Iran).
Selon lui, les discussions entre l'Iran et les Etats-Unis qui ont eu lieu la veille à Oman "n'iront nulle part". "Le régime iranien tente d'utiliser la négociation pour rester au pouvoir. Et le gouvernement américain, qui a d'autres plans, ne soutient pas le peuple iranien", a-t-il estimé.
T.Cunningham--TNT