La marine et la justice française poursuivent la chasse aux pétroliers fantômes russes
Deuxième pétrolier soupçonné d'appartenir à la flotte fantôme russe arraisonné par la Marine française, le Grinch a vu sont capitaine indien, âgé de 58 ans, être placé en garde à vue samedi soir après avoir été escorté dans le golfe de Fos, près du terminal pétrolier du port de Marseille-Fos.
Trois jours après la spectaculaire opération des commandos marine français, héliportés sur le pétrolier, la justice marseillaise a pris le relais et a débuté les investigations dans le cadre de l'enquête préliminaire pour défaut de pavillon ouverte jeudi.
Les enquêteurs la section de recherches de la gendarmerie maritime de Toulon et le centre de sécurité des navires de Marseille doivent procéder à un certain nombre de vérifications, notamment à bord du Grinch, pour contrôler les documents de navigation ainsi que "la validité du pavillon", a indiqué le parquet de Marseille.
L'équipage, "également de nationalité indienne" est "maintenu à bord" du pétrolier, a précisé la même source.
Le Grinch est soupçonné d'appartenir à une flotte de navires fantômes qui permettent à Moscou d'exporter son pétrole en contournant les sanctions occidentales.
- Coopération maritime internationale -
Le pétrolier est au mouillage dans le golfe de Fos, à quelque 500 m du rivage de la ville de Martigues, entouré d'un navire de la Marine nationale ainsi que de deux vedettes de la gendarmerie.
Pour garantir "la sûreté et la sécurité" de l'enquête en cours, les autorités maritimes ont défini "des zones d’exclusion nautique et aérienne".
Le Grinch avait été intercepté jeudi matin dans les eaux internationales de la mer d'Alboran, entre l'Espagne et l'Afrique du Nord, "avec le concours de plusieurs de nos alliés", dont le Royaume-Uni, avait annoncé alors sur X le président français Emmanuel Macron.
- "French navy" -
Sur des images de l'opération d'arraisonnement, transmises par la Marine nationale, on peut voir les commandos marine français prendre le contrôle du navire après avoir été déposés en rappel depuis un hélicoptère sur le pont du Grinch, alors qu'un deuxième hélicoptère s'était posté à l'avant du bateau pour sécuriser l'intervention.
Rapidement les commandos français prenaient le contrôle de la passerelle en lançant "French Navy, French Navy" (Marine française, NDLR) aux personnels présents sur la passerelle.
Le pétrolier Grinch, de 249 mètres de long, figure sous ce nom sur la liste des navires de la flotte fantôme russe placés sous sanctions par le Royaume-Uni mais sous le nom de Carl sur la liste établie par l'Union européenne et les Etats-Unis.
Cette opération est la deuxième effectuée par la France après l'interception du Boracay fin septembre. Ce dernier, qui figurait lui aussi sur la liste des navires sanctionnés par l'Union européenne, avait été arraisonné par les commandos marine français en Atlantique et détourné vers le port de Saint-Nazaire.
Dans le cadre de cette première enquête, le commandant du Boracay et son second avaient été placés en garde à vue. A l'issue, le parquet de Brest a décidé d'engager des poursuites à l’encontre du seul commandant chinois, qui est convoqué devant le tribunal de Brest le 23 février pour "refus d'obtempérer".
Le président français Emmanuel Macron avait alors indiqué vouloir "accroître la pression sur la flotte fantôme parce que ça réduit clairement la capacité de la Russie à financer son effort de guerre" en Ukraine.
Quelque 598 navires soupçonnés de faire partie de la flotte fantôme font l'objet de sanctions de l'Union européenne.
A.Wood--TNT