The National Times - Parole à Marine Le Pen au procès en appel des assistants parlementaires du FN

Parole à Marine Le Pen au procès en appel des assistants parlementaires du FN


Parole à Marine Le Pen au procès en appel des assistants parlementaires du FN

Une prestation capitale pour son destin politique: la cour d'appel de Paris a entamé mardi après-midi l'interrogatoire de Marine Le Pen au procès des assistants parlementaires du Front national, où elle joue sa candidature à la présidentielle de 2027.

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Sous les grandioses boiseries de la première chambre du palais de justice, la leader d'extrême droite, veste bleu marine à manches mi-longues sur chemisier bleu ciel échancré, est montée à la barre quelques instants après la reprise de l'audience à 13H30. Son interrogatoire est prévu pour durer jusqu'à mercredi soir.

L'échange avec la présidente Michèle Agi a débuté sur le point très technique de la mutualisation des assistants parlementaires d'eurodéputés.

"Je note que sur toute cette période de dix ans, le Parlement européen ne nous a jamais ni conseillé ni reproché d'avoir eu des assistants qui manifestement travaillaient avec plusieurs députés et cette connaissance était portée, à mon avis, à l'information du Parlement européen", a déclaré la présidente des députés RN de 57 ans.

 

Sur les 25 condamnés en première instance, seule la moitié a fait appel.

Les faits constituent "une succession de cas en réalité très différents les uns des autres, qui durent, ce qui me concerne, sur douze ans, puisque j'ai été douze ans eurodéputée", a soutenu Mme Le Pen au début de son interrogatoire.

Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris l'a déclarée coupable et notamment condamnée à cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, l'empêchant en l'état de se présenter à la prochaine présidentielle. Un coup de tonnerre au moment où la candidate potentielle survolait les intentions de vote pour le premier tour.

En première instance, les juges ont établi le préjudice économique du Parlement de Strasbourg à 3,2 millions d'euros, une fois déduit 1,1 million d'euros de fonds indûment versés mais déjà remboursés par une partie des prévenus.

- Télescopage judiciaire -

Au moment où l'extrême droite a le vent en poupe, avec le nombre sans précédent de 120 députés RN à l'Assemblée nationale, Mme Le Pen, rattrapée par les pratiques des années de vaches maigres du parti, pourrait voir sa quatrième candidature à l'élection présidentielle empêchée par la justice et devoir céder la place à son poulain Jordan Bardella.

Mardi, la cour d'appel a commencé la journée par l'interrogatoire du député de l'Yonne Julien Odoul, mis en grande difficulté sur la réalité de son emploi d'assistant parlementaire d'une eurodéputée frontiste en 2014-2015.

Ayant rejoint le parti d'extrême droite en 2014, le prévenu disposait d'un contrat de travail comme assistant parlementaire de l'eurodéputée Mylène Troszczynski. Et ceci alors que l'organigramme du Front national publié à l'hiver 2015, qui éveillera l'attention du Parlement européen, le présentait comme "conseiller spécial" au cabinet de la présidente du parti, Marine Le Pen.

Malgré le contrat le mettant théoriquement au service de l'eurodéputée, sur les premiers mois, "je n'ai pas travaillé pour Mylène Troszczynski car elle ne me donnait pas de travail", a affirmé à la barre Julien Odoul, 40 ans.

Sur une période d'un an et demi, il n'aura que douze communications avec sa supérieure théorique. De leur trois appels, le plus long sera d'une durée de quatre minutes et dix-sept secondes. "Rétrospectivement, elle n'avait pas besoin de mes services", a-t-il dit regretter.

Se présentant comme désœuvré, débarquant dans un parti désorganisé, Julien Odoul a soutenu s'être alors mis informellement au service de Marine Le Pen car "Mylène Troszczynski m'avait dit de me rendre utile au sein du siège du Front national".

Dans un télescopage du calendrier judiciaire, au moment même où Mme Le Pen était à la barre sur l'île de la Cité, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, dans le nord-est de la capitale, l'a relaxée dans une autre affaire dans laquelle elle était mise en cause.

Une ancienne étudiante de l'Institut d'études politiques de Bordeaux la poursuivait pour injure publique pour l'avoir associée en mars 2019 dans un tweet à l'"islam radical" en commentaire d'une photographie où elle était voilée.

E.Reid--TNT

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