The National Times - Présidentielle au Portugal: le candidat d'extrême droite favori du premier tour

Présidentielle au Portugal: le candidat d'extrême droite favori du premier tour


Présidentielle au Portugal: le candidat d'extrême droite favori du premier tour
Présidentielle au Portugal: le candidat d'extrême droite favori du premier tour / Photo: © AFP/Archives

La campagne pour le premier tour de l'élection présidentielle au Portugal s'achève vendredi, avec le candidat d'extrême droite André Ventura dans le rôle de favori du scrutin de dimanche, un scénario inédit même s'il a très peu de chances de l'emporter au second tour.

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Les différents sondages qui placent le président du parti Chega ("Assez") en tête du premier tour divergent toutefois sur le nom du candidat qu'il pourrait affronter le 8 février, et qui devrait donc très probablement succéder à l'actuel président conservateur Marcelo Rebelo de Sousa.

Certaines enquêtes prévoient un duel entre M. Ventura et le socialiste Antonio José Seguro, d'autres avec Luis Marques Mendes, le candidat soutenu par le gouvernement de droite du Premier ministre Luis Montenegro.

Parmi les 11 candidats, un nombre record, deux autres postulants conservent aussi des chances de se qualifier pour le deuxième tour: l'ex-amiral à la retraite Henrique Gouveia e Melo, qui avait mené la campagne de vaccination contre le Covid-19, et l'eurodéputé libéral Joao Cotrim Figueiredo.

Quel que soit l'adversaire de M. Ventura, sa qualification pour le second tour de l'élection serait une nouvelle étape marquante dans sa fulgurante ascension électorale depuis qu'il a fondé Chega en 2019.

- "Dans la vague" -

Très centrée sur la personnalité de son leader, cette formation a obtenu 22,8% des voix et 60 députés lors des législatives de mai dernier, dépassant le Parti socialiste en tant que premier parti d'opposition.

S'il affiche clairement son ambition de diriger le Portugal - un rôle qui revient au gouvernement et non au président, qui ne dispose pas de pouvoirs exécutifs -, M. Ventura a fini par se lancer dans la course présidentielle pour contrer la menace posée par l'amiral Gouveia e Melo, longtemps favori des sondages en adoptant lui aussi un discours très critique des partis politiques traditionnels.

"André Ventura s'est porté candidat pour retenir son électorat. Il pourrait avoir la surprise de l'augmenter", commente auprès de l'AFP le politologue Antonio Costa Pinto, de l'Institut de sciences sociales (ICS) de l'Université de Lisbonne.

Même battu au second tour, le score qu'il réalisera dans trois semaines pourra "renforcer aux yeux de la société portugaise l'idée d'une croissance électorale de Chega", ajoute cet analyste, en comparant cette élection avec la présidentielle française de 2002, quand Jean-Marie Le Pen, alors président du Front national, avait atteint le second tour, une première cette année-là en France pour le parti d'extrême droite.

"Mais ce n'est pas aussi choquant, car nous sommes dans la vague" qui fait progresser l'extrême droite à travers le monde, précise Antonio Costa Pinto.

- Une élection "ouverte" -

Au Portugal, un renforcement de l'extrême droite compliquerait encore la situation du gouvernement minoritaire de Luis Montenegro, car il a besoin de Chega pour faire adopter une partie de son programme.

"L'élection est ouverte", a assuré le Premier ministre, qui s'est personnellement investi dans la campagne de Luis Marques Mendes, dans l'espoir de le faire remonter dans les sondages qui le placent au coude à coude avec le socialiste Antonio José Seguro, lui aussi un candidat au profil classique qui n'a cessé de vanter son expérience et sa modération.

Longtemps favori, l'amiral Henrique Gouveia e Melo a lui souffert d'une mauvaise performance lors de débats télévisés et des difficultés d'une campagne menée sans le soutien d'un parti.

Le libéral Joao Cotrim Figueiredo a en revanche réalisé une campagne saluée par les observateurs, mais son élan s'est heurté à la polémique suscitée par des accusations de harcèlement lancées par une ancienne collaboratrice.

Le pouvoir du chef de l'Etat portugais est surtout symbolique, mais il peut être appelé à jouer un rôle d'arbitre en cas de crise, et dispose du droit de dissoudre le Parlement pour convoquer des élections législatives.

S.Collins--TNT

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