The National Times - Groenland: la rencontre à la Maison Blanche est terminée

Groenland: la rencontre à la Maison Blanche est terminée


Groenland: la rencontre à la Maison Blanche est terminée
Groenland: la rencontre à la Maison Blanche est terminée / Photo: © AFP

Une délégation du Danemark et du Groenland a été reçue mercredi à la Maison Blanche pour une réunion aux lourds enjeux, après que Donald Trump a une nouvelle fois exprimé sa volonté d'acquérir le territoire arctique.

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Le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen et son homologue groenlandaise Vivian Motzfeldt ont quitté les lieux peu avant 12h00 locale (17h00 GMT), selon un photographe de l'AFP.

Ils étaient arrivés autour de 10h30 locale pour une rencontre avec le vice-président JD Vance et le chef de la diplomatie Marco Rubio.

Il n'y a pas eu de communication officielle immédiate de l'une ou l'autre partie à la fin des discussions.

Le président américain n'a pas participé lui-même à la réunion mais il en avait planté le décor, en écrivant avant qu'elle ne commence sur son réseau Truth Social: les Etats-Unis "ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. Il est vital pour le Dôme d'Or que nous construisons".

C'est la première fois qu'il fait un lien entre ce gigantesque projet américain de bouclier antimissiles, et la possession du territoire autonome danois.

- "Par où?" -

Pendant les discussions, la Maison Blanche a publié un dessin sur X, avec pour légende: "Par où, homme du Groenland?"

Sur l'illustration figurent deux traîneaux tirés par des chiens, face à deux destinations possibles: l'Amérique symbolisée par la Maison Blanche sous un grand ciel bleu, ou la Chine et la Russie, représentées par la muraille de Chine et la Place rouge dans les ténèbres.

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump évoque régulièrement la prise de contrôle de l'immense île arctique, stratégique mais peu peuplée.

Il a assuré qu'il s'en emparerait "d'une manière ou d'une autre".

La Première ministre danoise Mette Frederiksen avait estimé début janvier qu'une attaque américaine sur le Groenland serait "la fin de tout" et en particulier de l'Otan, dont les Etats-Unis et le Danemark sont membres.

- "Mauvais allié" -

Pour tenter d'amadouer Washington, le Danemark a promis qu'il allait "renforcer sa présence militaire" au Groenland dès mercredi, et dialoguer avec l'Otan pour accroître la présence alliée dans l'Arctique.

La Suède a elle annoncé envoyer du personnel militaire au Groenland pour des exercices, à la demande de Copenhague.

Mais le président américain juge que seul un rattachement pur et simple du territoire aux Etats-Unis garantira sa sécurité face aux appétits de Pékin et Moscou.

"On défend ce qu'on possède, on ne défend pas ce qu'on a en location", avait-il lancé récemment.

Le vice-président JD Vance est sur la même ligne dure.

Pendant une visite au printemps au Groenland, où il n'avait pas été invité, il avait qualifié le Danemark de "mauvais allié", lui reprochant la faiblesse de son engagement pour la sécurité arctique.

M. Løkke espérait lever "certains malentendus" au cours de la rencontre à Washington, alors que le Danemark et le Groenland rejettent toute idée de rattachement de l'île aux Etats-Unis.

Face à ces menaces, les Européens soutiennent Copenhague: le président français Emmanuel Macron a jugé qu'une violation de la souveraineté du Danemark entraînerait "des conséquences en cascade inédite".

- "Nous choisissons le Danemark" -

"Si nous devons choisir entre les Etats-Unis et le Danemark là, maintenant, nous choisissons le Danemark", a dit mardi le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, à l'occasion d'un déplacement à Copenhague.

"Le Groenland n'appartiendra pas aux Etats-Unis. Le Groenland ne sera pas dirigé par les Etats-Unis. Le Groenland ne fera pas partie des Etats-Unis", a-t-il martelé.

Comme un signe de cohésion nationale, les drapeaux groenlandais se sont multipliés dans les rues clairsemées de la capitale Nuuk, visibles aux devantures des boutiques, aux fenêtres des appartements ou sur les voitures et les autobus, a constaté mercredi un journaliste de l'AFP.

"Nous faisons front commun en ces temps où l’on peut se sentir vulnérable", a écrit la municipalité sur Facebook.

Copenhague rappelle avoir investi près de 90 milliards de couronnes (12 milliards d'euros) pour renforcer sa présence militaire dans l'Arctique.

Mais Donald Trump tourne volontiers ces efforts en ridicule. Il a encore affirmé mercredi qu'il "ne suffisait pas de deux traîneaux à chiens" pour défendre le territoire.

T.F.Russell--TNT

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