The National Times - Groenland: début d'une rencontre sous haute tension à la Maison Blanche

Groenland: début d'une rencontre sous haute tension à la Maison Blanche


Groenland: début d'une rencontre sous haute tension à la Maison Blanche

Une délégation du Danemark et du Groenland est arrivée mercredi à la Maison Blanche pour une réunion à haute tension, après que Donald Trump a une nouvelle fois exprimé sa volonté d'acquérir le territoire arctique.

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La chaîne CNN a publié sur X les images du ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, et de son homologue groenlandaise Vivian Motzfeldt arrivant pour leur rencontre avec le vice-président américain JD Vance et le chef de la diplomatie Marco Rubio.

Le président américain ne participe pas lui-même à la réunion mais il en a planté le décor, en écrivant sur son réseau Truth Social: les Etats-Unis "ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. Il est vital pour le Dôme d'Or que nous construisons".

C'est la première fois qu'il fait un lien entre ce gigantesque projet américain de bouclier qui doit permettre l'interception de missiles, et la possession du Groenland, un territoire autonome danois.

La Première ministre danoise Mette Frederiksen avait estimé début janvier qu'une attaque américaine sur le Groenland serait "la fin de tout" et en particulier de l'Otan, dont les Etats-Unis et le Danemark sont membres.

- "D'une manière ou d'une autre" -

Pour tenter d'amadouer Washington, le Danemark a promis qu'il allait "renforcer sa présence militaire" au Groenland, dès mercredi, et dialoguer avec l'Otan pour accroître la présence alliée dans l'Arctique.

La Suède a de son côté annoncé mercredi envoyer du personnel militaire au Groenland pour des exercices, à la demande de Copenhague.

Mais le président américain juge que seul un rattachement pur et simple du territoire aux Etats-Unis garantira sa sécurité face aux appétits de la Chine et de la Russie.

"On défend ce qu'on possède, on ne défend pas ce qu'on a en location", avait-il lancé récemment.

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump évoque régulièrement la prise de contrôle de cette immense île arctique, stratégique mais peu peuplée.

Il a durci le ton récemment, assurant qu'il s'en emparerait "d'une manière ou d'une autre".

Le vice-président JD Vance, qui accueille la rencontre dans ses bureaux, est sur la même ligne dure.

Pendant une visite au printemps au Groenland, où il n'avait pas été invité, il avait qualifié le Danemark de "mauvais allié", lui reprochant la faiblesse de son engagement pour la sécurité arctique.

M. Løkke a dit espérer lever "certains malentendus" au cours de la rencontre, alors que le Danemark et le Groenland rejettent toute idée de rattachement de l'île aux Etats-Unis.

Face à ces menaces, les Européens soutiennent Copenhague: le président français Emmanuel Macron a jugé qu'une violation de la souveraineté du Danemark entraînerait "des conséquences en cascade inédite".

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a affirmé que les habitants du territoire autonome "peuvent compter sur nous".

- "Crise géopolitique" -

Selon Penny Naas, chercheuse au German Marshall Fund of the United States (GMFUS), un centre d'études sur les relations transatlantiques, la réunion tournera court si les Américains campent sur leur exigence d'obtenir le Groenland coûte que coûte.

Mais, "s'il y a une légère nuance, cela pourrait mener à une conversation différente", estime-t-elle.

"Si nous devons choisir entre les Etats-Unis et le Danemark là, maintenant, nous choisissons le Danemark", a dit mardi le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, à l'occasion d'un déplacement à Copenhague.

"Le Groenland n'appartiendra pas aux Etats-Unis. Le Groenland ne sera pas dirigé par les Etats-Unis. Le Groenland ne fera pas partie des Etats-Unis", a-t-il martelé.

Le Danemark, membre de l'Otan, rappelle avoir investi près de 90 milliards de couronnes (12 milliards d'euros) pour renforcer sa présence militaire dans l'Arctique.

Mais Donald Trump tourne volontiers ces efforts en ridicule. Il a encore affirmé mercredi qu'il "ne suffisait pas de deux traîneaux à chiens" pour défendre le territoire.

S.O'brien--TNT

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