The National Times - Colère agricole: les mobilisations se poursuivent en dehors de Paris

Colère agricole: les mobilisations se poursuivent en dehors de Paris


Colère agricole: les mobilisations se poursuivent en dehors de Paris

Les agriculteurs restent mobilisés dans plusieurs régions de France mercredi malgré une série de concessions du gouvernement, répondant notamment aux demandes de l'alliance FNSEA-Jeunes Agriculteurs dont les tracteurs ont quitté la capitale à l'aube.

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En dépit de l'annonce de nouvelles mesures en faveur des agriculteurs mardi par le Premier ministre Sébastien Lecornu, une dizaine de tracteurs de la Coordination rurale (CR) du Gers filtraient mercredi la circulation sur un rond-point menant à l'aéroport Toulouse-Blagnac.

Un autre groupe a bloqué l'A64 en déversant des pneus et de la paille, à proximité du périphérique et dans le Var, un convoi d'une vingtaine de tracteurs tenait un barrage filtrant sur l'A50, provoquant quelques kilomètres d'embouteillage.

- "Fièvre toujours là" -

"La fièvre est toujours là, même si les annonces du Premier ministre étaient pour un certain nombre d'entre elles, attendues. Le sujet de fond, c'est le constat pour nombre d'agriculteurs qu'aujourd'hui, la situation économique dans leur exploitation ne leur permet pas d'envisager l'avenir", a dit le président de la FNSEA Arnaud Rousseau mercredi matin sur RTL.

A Vatry (Marne), la Coordination rurale bloque depuis 4 heures du matin un dépôt pétrolier, a indiqué à l’AFP Christophe Saint-Juvin, représentant de la CR 51, qui estime à 50 tracteurs et 150 personnes les forces en présence. "Rien ne rentre et rien ne sort" du dépôt, a-t-il assuré, estimant que les annonces gouvernementales de ces derniers jours ne comportent "rien de concret".

- "Différence de traitement" -

Plus tôt dans la journée, les plus de 350 tracteurs de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA) ont quitté la capitale, après près de 24 heures à Paris, principalement devant l'Assemblée nationale, pour réclamer davantage de soutien au secteur.

Sébastien Lecornu a promis mardi une "loi d'urgence agricole" examiné par le Parlement "avant l'été" portant sur "plusieurs priorités: eau, prédation (les attaques de loups, NDLR), moyens de production".

Le Premier ministre a également affirmé qu'un "cap clair" sur la politique de l'eau serait "fixé d'ici le salon" de l'Agriculture qui se tiendra du 21 février au 1er mars, et demandé, avant la présentation du projet de loi, un "moratoire sur toutes les décisions relatives" à cette question et la suspension des "textes fixant les volumes d'eau prélevables (...) jusqu'à septembre".

Le chef du gouvernement a enfin évoqué des réunions pour étudier "les possibilités de dérogation" à la directive européenne sur les nitrates, qui encadre notamment les épandages d'engrais par les agriculteurs.

Les annonces qui s'ajoutent à un train de mesures déjà promises pour endiguer la crise agricole, et qui répondent quasiment point par point à des demandes de la FNSEA et des JA, alliance qui domine le syndicalisme agricole.

Depuis début décembre, les manifestations d'agriculteurs se multiplient et les annonces du gouvernement vendredi, après des défilés de tracteurs de la Coordination rurale puis de la Confédération paysanne dans la capitale, n'ont pas suffi à calmer la colère.

La Coordination rurale a dénoncé mardi sur X "la différence de traitement du gouvernement face à nos mobilisations", en référence aux interdictions auxquelles le deuxième syndicat a fait face en amenant ses tracteurs jeudi à Paris.

La Confédération paysanne a elle critiqué le même jour dans un communiqué les demandes de la FNSEA sur l'eau qui ne "répondent pas à la colère", puis mercredi "le plan d'aide à l'arrachage" destiné aux viticulteurs, un "mirage" selon le syndicat.

P.Johnston--TNT