The National Times - Des dizaines de milliers de manifestants réclament à nouveau le départ du gouvernement bulgare

Des dizaines de milliers de manifestants réclament à nouveau le départ du gouvernement bulgare


Des dizaines de milliers de manifestants réclament à nouveau le départ du gouvernement bulgare
Des dizaines de milliers de manifestants réclament à nouveau le départ du gouvernement bulgare / Photo: © AFP

Des dizaines de milliers de personnes manifestent mercredi à Sofia contre le gouvernement bulgare, dans une série de rassemblements sans précédent depuis des années dans le pays, où la colère se cristallise autour du budget 2026, ont constaté des journalistes de l'AFP.

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Pour la troisième fois en trois semaines, les manifestants se sont réunis sur la place de l'Indépendance, devant le Parlement à Sofia, scandant "Démission !" et brandissant des pancartes proclamant "J’en ai marre !" ou "Dégagez".

"Je suis ici parce que la corruption est partout. La situation est intolérable. Une grande partie de mes amis ne vivent plus en Bulgarie et ne reviendront pas", a déclaré Gergana Gelkova, 24 ans, employée de commerce, ajoutant qu'"il faut que les parasites quittent le pouvoir".

La vague de mécontentement, avec une présence importante de jeunes, a démarré fin novembre, lorsque le gouvernement a tenté de faire adopter en procédure accélérée le budget 2026, le premier libellé en euros.

Le petit pays des Balkans, le plus pauvre de l'Union européenne, s'apprête à introduire la monnaie unique le 1er janvier.

Sous la pression de la rue, le gouvernement a retiré le 3 décembre son projet de budget, qui prévoyait la hausse de certains impôts et cotisations sociales. Autant de hausses destinées à dissimuler des détournements de fonds, affirment les manifestants et l'opposition.

Un nouveau projet de budget a été présenté au Parlement en début de semaine mais sans calmer la colère.

- Après le 1er janvier -

"Les Bulgares n'ont pas confiance dans les institutions et leurs dirigeants. Ces derniers mois, s'est ajouté à cela l'inquiétude concernant les prix" avec l'introduction de la monnaie unique, estime Boryana Dimitrova, directrice de l’institut de sondages Alpha Research, interrogée par l'AFP.

Selon elle, la question du budget a cristallisé la colère en traduisant "le problème devenu banal de la corruption dans un langage compréhensible".

Outre le gouvernement, les manifestants ont pris pour cible l'ancien magnat des médias Delyan Peevski, accusé par l'opposition d'exercer une influence occulte sur les médias, la justice et les services de sécurité.

M. Peevski, sanctionné par les Etats-Unis et le Royaume-Uni pour corruption, dirige le parti représentant la minorité turque et une partie de la communauté rom. C'est cette formation qui garantit la majorité parlementaire du gouvernement.

La mobilisation, à l'appel de la coalition réformiste et pro-occidentale "Nous continuons le changement – Bulgarie démocratique" (PP-DB), a également rassemblé des milliers de personnes dans d'autres villes du pays.

Après sept élections en moins de quatre ans, le fragile gouvernement formé en janvier est une coalition de circonstance entre les conservateurs du GERB de l'ancien Premier ministre Boïko Borissov et deux autres formations, soutenue au Parlement par la minorité turque.

"Il nous reste 20 mètres jusqu'à la ligne d’arrivée – entrer dans l'euro le 1er janvier", a déclaré M. Borissov mercredi au Parlement, laissant entendre qu'une démission serait possible après cette date.

Selon Mme Dimitrova, le président Roumen Radev pourrait alors intervenir.

La semaine dernière, le chef de l'Etat avait affiché son soutien aux manifestants et réclamé la démission du gouvernement, et mardi il a confirmé vouloir créer son propre parti.

En mai, M. Radev avait proposé d'organiser un référendum sur l'introduction de l'euro, et critiqué à plusieurs reprises l'aide militaire apportée à l'Ukraine.

L'insatisfaction actuelle pourrait "lui offrir une entrée fracassante au parlement", selon Mme Dimitrova, qui voit aussi un autre scénario possible : "que les manifestations ramènent dans le jeu une alternative libérale comme PP-DB”.

La Bulgarie figure parmi les Etats membres de l'UE les plus corrompus, avec la Hongrie et la Roumanie, selon l'indice de perception de la corruption de l'organisation Transparency International.

F.Harris--TNT

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