The National Times - Nouvel affrontement entre l'Afghanistan et le Pakistan: cinq morts, dont quatre civils

Nouvel affrontement entre l'Afghanistan et le Pakistan: cinq morts, dont quatre civils


Nouvel affrontement entre l'Afghanistan et le Pakistan: cinq morts, dont quatre civils
Nouvel affrontement entre l'Afghanistan et le Pakistan: cinq morts, dont quatre civils / Photo: © AFP

Quatre civils et un soldat ont été tués dans la nuit de vendredi à samedi en Afghanistan lors d'échanges de tirs avec le Pakistan dans une région frontalière, nouvel épisode de l'affrontement entre les deux pays depuis début octobre.

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Le bilan est de quatre civils tués, a annoncé à l'AFP le gouverneur de la région afghane de Spin Boldak (sud de l'Afghanistan), Abdul Karim Jahad. Un peu plus tard, un porte-parole du gouvernement afghan, Hamdullah Fitrat, a précisé qu'un soldat afghan avait également été tué et "cinq personnes blessées".

Les autorités talibanes d'Afghanistan et le gouvernement du Pakistan se sont mutuellement accusés d'avoir débuté les hostilités qui ont cessé tard dans la soirée de vendredi, selon Kaboul.

"Malheureusement, ce soir (vendredi, ndlr), la partie pakistanaise a commencé à attaquer l'Afghanistan à Kandahar, dans le district de Spin Boldak, et les forces de l'émirat islamique ont été forcées de riposter", a affirmé sur le réseau social X le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid.

"Il y a peu de temps, le régime taliban afghan a eu recours à des tirs (sans qu'il n'y ait eu de) provocation" le long de la frontière, a écrit pour sa part, également sur X, le porte-parole du Premier ministre pakistanais, Mosharraf Zaidi. "Nos forces armées ont immédiatement réagi de manière appropriée et intense", a-t-il ajouté.

"Un obus de mortier a été tiré et a touché mon frère quand il allait dans une autre pièce (de la maison). Au début, nous n'avons pas pu le secourir car d'autres obus tombaient, puis nous l'avons emmené à Kandahar et il n'est resté vivant que jusqu'à deux heures du matin (locales)", a témoigné auprès de l'AFP un résident de Spin Boldak, côté afghan, Shamshullah, 40 ans, qui a préféré taire son nom de famille.

"Nous demandons à ce qu'il n'y ait pas de combats dans ces zones, ce sont des zones où de chaque côté (de la frontière, ndlr) vivent des civils", a-t-il plaidé.

"Il y a eu des tirs puis les tanks ont aussi commencé à tirer et des obus de mortier ont touché notre maison", a raconté à l'AFP Mahmood Khan, un habitant dont deux cousins et une nièce ont été blessés.

Un correspondant de l'AFP du côté pakistanais de la frontière, à Chaman, a entendu des tirs d'artillerie et des explosions.

"Les tirs étaient très intenses. A cause des obus de mortier qui ont atterri à proximité de notre maison, des fragments métalliques ont volé partout. Quatre membres de notre foyer ont été blessés", a déclaré à l'AFP Mehmood Khan, un habitant du côté pakistanais.

Un autre résident, Abdul Qudoos, a aussi affirmé avoir été blessé, ainsi que sa fille et sa femme.

Le gouvernement pakistanais n'a lui pas fait état de victimes à ce stade.

- "Compassion" -

"Nous demandons de la compassion. Des négociations doivent mettre fin à ces combats", a demandé un autre résident du côté pakistanais, Muhaammad Naeem.

Les relations bilatérales, envenimées par des questions sécuritaires récurrentes, se sont fortement détériorées ces derniers mois jusqu'à se transformer à la mi-octobre en un affrontement armé d'une ampleur inédite qui a fait environ 70 morts.

La fermeture de la frontière depuis le 12 octobre empêche les échanges commerciaux bilatéraux d'ordinaire importants entre ces deux pays.

Une trêve avait été entérinée le 19 octobre après une médiation du Qatar et de la Turquie, mais elle n'a pas empêché des tirs près de la frontière. Des négociations engagées en Turquie en vue de parvenir à un cessez-le-feu durable ont échoué début novembre.

Le 25 novembre, Kaboul avait accusé le Pakistan d'avoir frappé des régions frontalières, faisant dix morts dont neuf enfants, ce qu'Islamabad avait démenti.

Le Pakistan avait considéré le 28 novembre que le "cessez-le-feu ne tient plus", en raison, selon lui, "d'attaques majeures" de "groupes terroristes" soutenus selon lui par l'Afghanistan comme les talibans pakistanais (TTP).

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V.Bennett--TNT

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