The National Times - Le pape appelle la Turquie à jouer un rôle de "stabilisateur"

Le pape appelle la Turquie à jouer un rôle de "stabilisateur"


Le pape appelle la Turquie à jouer un rôle de "stabilisateur"

Le pape Léon XIV a entamé jeudi sa visite de quatre jours en Turquie qu'il a appelée à jouer un rôle de "stabilisateur" dans un contexte mondial "fortement conflictuel".

Taille du texte:

Arrivé à la mi-journée à Ankara, première étape de ce voyage qui le mènera ensuite au Liban, le pape a été accueilli au palais présidentiel par le président Recep Tayyip Erdogan au son des hymnes du Vatican et de la République turque, rythmés de coups de canon.

"Puisse la Turquie être un facteur de stabilité et de rapprochement entre les peuples, au service d'une paix juste et durable", a déclaré le souverain pontife devant son hôte, en rappelant que par sa position géographique, "ce pays constitue un pont entre l'Orient et l'Occident, entre l'Asie et l'Europe et un carrefour de cultures et de religions".

Soutien de l'Ukraine tout en maintenant ses liens avec la Russie, Ankara s'implique avec l'Europe dans les négociations en cours, menées par les Etats-Unis, pour parvenir à un accord de paix entre les deux pays.

"La Turquie, où 99% des citoyens sont musulmans, encourage le respect de toutes les confessions, y compris les communautés chrétiennes", a assuré le président Erdogan.

"Nous ne permettons à aucun d'entre nous d'être victime de discrimination", a-t-il insisté devant son hôte, affirmant ne pas voir "les différences culturelles, religieuses et ethniques comme une source de division mais d'enrichissement".

Le président turc a en outre salué la position du pape sur "la cause palestinienne", appelant à la "justice" pour le peuple palestinien et à la mise en œuvre "dès que possible" d'une solution à deux Etats.

- "un beau message pour le monde" -

Dans l'avion qui le menait de Rome à Ankara, le premier pape américain de l'Histoire a confié aux 80 journalistes qui l'accompagnent pour ce premier voyage à l'étranger, son impatience pour ce périple qu'aurait dû effectuer son prédécesseur François, décédé en mai.

"J'ai beaucoup attendu ce voyage en raison de ce qu'il signifie pour les chrétiens mais c'est aussi un beau message pour le monde entier", a-t-il dit.

Accueilli à l'aéroport par le ministre turc de la Culture, Mehmet Nuri Ersoy, Léon XIV a traversé une capitale verrouillée par les forces de sécurité jusqu'au mausolée de Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la Turquie moderne.

Malgré la montée du nationalisme religieux dans le pays et la politisation de symboles comme l'ex-basilique Sainte-Sophie d'Istanbul, reconvertie en mosquée en 2020, le Vatican cherche à maintenir un dialogue avec Ankara, considéré comme un acteur clé pour la paix dans la région.

Le Saint-Siège reconnaît aussi l'effort consenti par la Turquie pour accueillir sur son sol plus de 2,5 millions de réfugiés, en grande majorité syriens.

Le chef des 1,4 milliard de catholiques s'est inscrit dans les pas de son prédécesseur François en critiquant récemment le traitement "extrêmement irrespectueux" des migrants par l'administration américaine de Donald Trump.

- Concile de Nicée -

Après cette journée à la tonalité politique, la visite embrassera vendredi un aspect plus religieux: la célébration à Iznik, ancienne Nicée, des 1.700 ans du premier concile œcuménique qui avait réuni en l'an 325 quelque 300 évêques de l'Empire romain, un moment considéré comme fondateur pour le christianisme.

Invité par le patriarche de Constantinople, Bartholomée Ier, figure majeure et interlocuteur privilégié du Vatican chez des orthodoxes divisés, Léon prendra part sur les rives du lac d'Iznik à une prière œcuménique à laquelle devait initialement participer le pape François, décédé en avril.

Après Paul VI (1967), Jean-Paul II (1979), Benoît XVI (2006) et François (2014), Léon est le cinquième pape à se rendre en Turquie.

De dimanche à mardi, il poursuivra son voyage avec une visite au Liban, rongé par une crise économique et politique dévastatrice depuis 2019 et régulièrement bombardé par Israël ces derniers jours, malgré un cessez-le-feu.

G.Morris--TNT

En vedette

Au Bangladesh, dernier jour de campagne avant les législatives de jeudi

Dernières poignées de main, ultimes réunions publiques et paroles finales: les partis achèvent lundi leur campagne pour les élections législatives du 12 février au Bangladesh, les premières depuis la chute de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina à l'été 2024.

Thaïlande: vers des négociations de coalition après la victoire surprise des conservateurs

Le Premier ministre sortant Anutin Charnvirakul se prépare lundi à entrer en négociations pour former une coalition en Thaïlande, au lendemain d'une victoire inattendue de son parti conservateur aux élections législatives qu'il avait convoquées.

Venezuela: l'opposition dénonce l'enlèvement d'un de ses chefs tout juste sorti de prison

La figure de l'opposition au Venezuela Juan Pablo Guanipa a été enlevé à Caracas par "des hommes fortement armés" peu après avoir été libéré de prison dimanche, a affirmé la cheffe de l'opposition et prix Nobel de la paix Maria Corina Machado.

Japon: la Première ministre Takaichi a les coudées franches après son pari électoral réussi

La Première ministre ultra-conservatrice japonaise Sanae Takaichi a dorénavant les coudées franches pour poser son empreinte sur l'archipel, notamment en termes de dépenses publiques, après un triomphe électoral dimanche donnant au parti au pouvoir une majorité des deux-tiers à la chambre basse pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale.

Taille du texte: