The National Times - Washington déploie un porte-avions dans sa lutte revendiquée contre le narcotrafic en Amérique latine

Washington déploie un porte-avions dans sa lutte revendiquée contre le narcotrafic en Amérique latine


Washington déploie un porte-avions dans sa lutte revendiquée contre le narcotrafic en Amérique latine

Les Etats-Unis ont décidé de déployer un porte-avions en appui de leurs opérations présentées comme une lutte contre le narcotrafic en Amérique latine, une montée en puissance considérable des moyens militaires américains dans la région.

Taille du texte:

Washington mène depuis début septembre une campagne de frappes aériennes contre des embarcations présentées comme celles de narcotrafiquants dans les eaux caribéennes essentiellement.

Jusque-là, dix sont connues - la plus récente la nuit passée -, toutes aux Caraïbes, sauf une dans le Pacifique. Elles ont tué au moins 43 personnes, selon un décompte de l'AFP.

Le porte-avions Gerald R. Ford, le plus grand du monde, va venir "renforcer les moyens actuels pour déjouer le trafic de stupéfiants", a annoncé le Pentagone vendredi.

"En soutien aux directives du président (Donald Trump) de démanteler des organisations criminelles transnationales et de lutter contre le narco-terrorisme pour défendre le territoire national, le ministre de la Guerre a ordonné au porte-avions Gerald R. Ford (...) de se rendre" dans la zone de commandement correspondant à l'Amérique centrale et à l'Amérique du Sud, a écrit le porte-parole du ministère de la Défense américain Sean Parnell sur le réseau social X, sans préciser davantage sa destination.

Jusque-là, navires et avions de chasse étaient déployés dans la région.

Cette annonce du Pentagone intervient peu après la dernière frappe américaine connue dans les Caraïbes, rendue publique par le ministre de la Défense Pete Hegseth dans la matinée.

"Dans la nuit, sur ordre du président Trump, le ministère de la Guerre a mené une frappe létale contre une embarcation utilisée par Tren de Aragua", un gang vénézuélien classé comme organisation terroriste par les Etats-Unis, "se livrant au trafic de drogue dans les eaux caribéennes", a-t-il affirmé sur X.

- "Enflammer l'Amérique du Sud" -

"Six hommes narcoterrorristes étaient à bord" et "ont été tués", a poursuivi le ministre dans son message accompagné d'une vidéo nocturne sur laquelle on peut voir un bateau en position stationnaire ciblé avant d'être détruit par une explosion.

Cette frappe "a été conduite dans les eaux internationales", a-t-il précisé.

La légalité de ces frappes américaines est largement mise en doute par les experts.

"Selon le droit international relatif aux droits de l'Homme, le recours intentionnel à une force létale n'est permis qu'en dernier ressort contre un individu représentant une menace imminente pour la vie", a déclaré à l'AFP la porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme Marta Hurtado Gomez.

"Sinon, cela constituerait une violation du droit à la vie", a-t-elle poursuivi. "D'une manière générale, personne ne devrait être tué pour des infractions liées à la drogue."

Les opérations militaires américaines ont fait grimper les tensions régionales, avec le Venezuela en particulier.

Caracas accuse Washington de chercher à déstabiliser le pouvoir du président Nicolas Maduro et affirme disposer de 5.000 missiles antiaériens portables pour contrer les forces américaines.

Le Brésil, puissance régionale, a exprimé son inquiétude face à ces frappes aériennes "sans preuve", qu'il a qualifiées de "menace d'intervention extérieure".

"Nous ne pouvons pas accepter une intervention extérieure (...). Ca pourrait enflammer l'Amérique du Sud et conduire à une radicalisation politique dans tout le continent", a averti dans un entretien à l'AFP le conseiller spécial du président Lula pour les Affaires étrangères, Celso Amorim.

Jeudi, au moins un bombardier américain B-1B a survolé la mer des Caraïbes au large du Venezuela, selon les données de suivi des vols, deuxième démonstration de force de ce type ces derniers jours. Un survol démenti par Donald Trump.

J.Sharp--TNT

En vedette

Neuf morts durant l'entrée massive de migrants à Ceuta, Madrid envoie l'armée

Neuf migrants sont morts jeudi en tentant de rejoindre à la nage depuis le Maroc l'enclave espagnole de Ceuta, où plusieurs centaines d'autres sont arrivés dans les dernières heures, ce qui a poussé le gouvernement espagnol à annoncer le déploiement de soldats pour garantir la sécurité.

Le Pakistan fait état de négociations entre Washington et Téhéran

Le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, a affirmé jeudi que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements américains sur l'Iran dans la nuit, et des tirs de représailles iraniens.

Nouveaux bombardements russes sur l'Ukraine, une famille décimée

Une famille a été décimée dans une frappe de missile russe qui a anéanti leur maison tôt jeudi dans le centre de l'Ukraine, le président Volodymyr Zelensky exhortant à nouveau les alliés de Kiev à fournir des missiles antibalistiques contre "la terreur russe" après une nouvelle nuit de frappes massives.

Varsovie accuse Moscou après la chute d'un missile en Pologne

Varsovie a accusé jeudi Moscou d'être à l'origine du tir d'un missile qui s'est écrasé en Pologne sans faire de blessés, lors de frappes massives menées sur l'Ukraine, une nouvelle incursion attribuée à la Russie dans un pays de l'Otan, qui a promis de "continuer à défendre" son "territoire".

Taille du texte: